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Censure et autorités publiques

De l’époque moderne à nos jours

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François Cadilhon, Philippe Chassaigne and Éric Suire

L’histoire récente consacre le passage de la censure étatique directe à des formes intériorisées d’autocensure. Le sujet n’en reste pas moins d’actualité, y compris dans les démocraties occidentales où on assiste à des demandes émanant de groupes religieux pour faire interdire disques, journaux, livres, films jugés blessants ou blasphématoires. Les possibilités d’expression offertes par les nouveaux médias suscitent l’affolement des ligues de vertu et un strict verrouillage dans les pays où la liberté de parole reste interdite. L’optique de l’ouvrage déborde cependant du cadre contemporain. Le choix d’une chronologie longue l’inscrit dans une réflexion générale sur l’évolution des sensibilités au sein de « l’espace moral », en privilégiant la question des frontières changeantes, car historiquement construites, de ce qui a été perçu comme dicible ou indicible. Les 23 contributions réunies abordent les modèles de conception et les modalités d’application de la censure à travers ses objets (publications licencieuses, presse, œuvres d’art, lectures de l’histoire, opinions hétérodoxes), les moyens de son exercice, et ses enjeux politiques.
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Le Hays Office et la moralisation du dessin animé américain après 1934. L’exemple de Walt Disney

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L’exemple de Walt Disney

Sébastien ROFFAT

Université Paris 3

À bien des égards, Pinocchio (1940), de Disney, est emblématique des anxiétés de la période de la Dépression autour de l’éducation des enfants. Le monde dans lequel Pinocchio doit être brave, toujours franc, loyal et obéissant se situe entre sa porte d’entrée et l’école, le long du chemin que chaque enfant doit suivre. Le film est une parabole du monde auquel les parents et les enfants ont à faire face pendant la période de la Dépression. Dans une économie à peine remise grâce au New Deal (1933-1938), le chemin vers une vie meilleure semble plutôt étroit. La réussite de l’enfant dépend de ce qu’un parent lui donne. L’échec des enfants est considéré comme celui de ses parents. En juin 1931, William Blatz et Helen Bott demandent aux lecteurs de Parents : « Êtes-vous un bon père ? » et proposent un questionnaire dans lequel les pères peuvent évaluer leurs compétences parentales. Dans ces articles, le magazine suggère que la capacité d’un parent à transmettre les valeurs et les comportements propres à un enfant façonne l’avenir de ce dernier. Pinocchio promeut certaines vertus bourgeoises de dur labeur plutôt que de plaisir facile. Les revues dépeignent Walt Disney comme l’incarnation de vertus essentiellement...

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