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Jacques Chevalier (1882–1962) et la philosophie française

Jean-François Petit

Brillant agrégé de philosophie à 21 ans, Jacques Chevalier a contribué, plus que tout autre, au rayonnement de la pensée française dans l’entre-deux guerres. Bon connaisseur de Platon et Aristote, disciple de Bergson, il va parcourir toute l’Europe pour faire connaitre Maine de Biran, Pascal et Descartes, tout en s’intéressant de près à la mystique.
Son travail sans précédent d’historien de la philosophie reste encore à découvrir, moins pour son engagement politique discutable que la profondeur de son travail d’historien de la philosophie.
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Introduction. Un intellectuel égaré en politique?

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Non sans raison, Jacques Chevalier fait partie de ces « philosophes oubliés » de l’entre-deux-guerres. À part quelques rares études, les spécialistes ont, pour la plupart, délaissé cette période pourtant indispensable pour comprendre l’évolution de la philosophie française1.

Agrégé à 21 ans, professeur en 1920 puis doyen de la faculté de lettres de Grenoble en 1931, le philosophe contribua largement à la « gloire de Bergson » (F. Azouvi) par ses livres et ses conférences à travers toute l’Europe. Qu’on en juge : en 1921, 1929, 1938 à Louvain ; en 1930 à Liège, Fribourg, Berne, Genève et en Suède (Lund, Upsalla, Göteborg et Stockholm) ; en 1936 à Lausanne ; de 1931 à 1938 à Naples et Florence ; en 1934 et 1935 à Prague ; en 1936 à Iéna, Rotterdam et La Haye ; en 1937 en Tunisie, à Poznam et Cracovie ; en 1939 à Sofia, Cracovie et Poznan, en Espagne, notamment à l’université de Salamanque, et au Portugal sur son thème de prédilection, la mystique.

Il existe une seconde raison de relire Chevalier aujourd’hui : ce bergsonien fut aussi l’un des meilleurs connaisseurs de la question mystique, à une époque où celle-ci était le lieu de convergence entre l’université laïque et les milieux catholiques2. À cette période, Jean Baruzi et Jacques Maritain s’opposent durement sur l’interprétation de Jean de La Croix3. Le premier, auteur d’un projet d’enseignement de l’histoire des religions, défend une explication naturelle de l’expérience mystique du saint espagnol, alors que le second ne croit pas que l’on puisse...

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