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Nougé et Magritte

Les Objets bouleversants

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Valentina Bianchi

Le présent ouvrage se propose d’analyser la démarche des surréalistes bruxellois Paul Nougé et René Magritte, qui consiste en la création d’« objets bouleversants ». Cette notion capitale de la pensée, de l’écriture et de l’action de Paul Nougé se trouva également au cœur de l’eshétique de Magritte devenu surréaliste.
Il s’appuie sur des textes théoriques de Nougé, mais aussi sur de nombreux textes de Magritte et sur la riche correspondance qu’ils ont entretenue afin de surprendre la façon dont les objets – les plus banals le plus souvent – sont censés provoquer une sensation chez le spectateur et bousculer ainsi ses habitudes.
Il s’attarde par conséquent sur plusieurs créations de Magritte, mais analyse également, dans cette perspective, quelques-uns des textes poétiques de Paul Nougé.
L’ouvrage s’attache enfin à la question de l’efficacité de cette entreprise, et de sa pertinence à long terme.
De subtils et inattendus décalages avec les discours antérieurs à leurs avancées s’y opèrent, et qu’ils intègrent pour les mieux retourner.
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À son tour, Magritte

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Ce bras révélateur de la couverture de la Subversion des images pointe donc ailleurs, peut-être vers Magritte, (lui-même un des « personnages » de deux de photos de la Subversion) qui est préoccupé, au cours des années 1925-1926, par des recherches fort semblables ; il serait peut-être utile, avant de les analyser, de retourner un peu en arrière et de nous attarder à nouveau sur la période « futuriste », afin de remarquer le progrès de ses recherches en la matière et d’essayer de surprendre dans quel sens s’orienteront-elles vers la fin des années 1920 et pendant les années 1930, années des plus fertiles pour ce qui est de la collaboration d’entre les deux artistes. En 1915, nous l’avons vu, le peintre réalise en tout enthousiasme bon nombre de tableaux « futuristes ». Ce n’était pas un futurisme pur et dur, Magritte lui-même affirmant que ce qu’il cherchait alors c’était de conquérir un « lyrisme » qui visait ailleurs : « C’était un sentiment pur et puissant : l’érotisme. »1 Car, dans le vieux cimetière où, enfant, il rencontre cet artiste peintre dont le savoir-faire lui paraît magique, il se rend avec une petite fille, « l’objet » de ses rêveries, qui se trouvera par la suite « engagée dans des atmosphères mouvementées de gares, de fêtes ou de villes, que je créais pour elle. Je retrouvais grâce à cette peinture magique les mêmes...

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