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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Avec Althusser, Karl Lévêque, le jeune Balibar et la philosophie de la libération d’Enrique Dussel, nous avons effectué une plongée au cœur de la réflexion socio-politique des années 1970, sans perdre de vue pour autant le diagnostic dont nous sommes partis. Une pensée de l’action défaite de la crise du sujet qui hante cette période des années 1970 et remobilisée dans un régime de gouvernance bipolaire : celui de la gestion macropolitique des masses, le biopouvoir et celui de la gestion micropolitique des individus faibles, l’éthique humaniste de la solidarité de proximité et de toutes les formes d’action de charité ou de « sollicitude ».

Si une passerelle devrait être jetée entre ces deux attributs de la gouvernance publique, il s’agirait de l’État social actif orienté vers la mise en capacité de sujets faibles à travers des dispositifs multiples d’encadrement, de suivi et d’évaluation visant tout autant à responsabiliser qu’à socialiser.

Nous avons déjà pointé les errements de ces dispositifs dans la mesure où ils sont contraints de mener des actions sur deux niveaux qui tendent dans la pratique à s’annuler l’un l’autre : d’un côté, il s’agirait en effet d’éveiller un « dedans » des sujets faibles en activant des capacités supposées données et, d’un autre côté, il faudrait agir plutôt par la croyance en un « dehors » capable d’accompagner ces sujets dans l’activation de leurs capacités. Cette relation...

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