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La cause du sujet

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Marc Maesschalck

Cet ouvrage pose une question et tente d’y répondre en deux mouvements. La question : les réflexions actuelles sur la démocratie participative n’ont-elles pas escamoté une crise du sujet qui se marque en particulier par un postulat de faiblesse des sujets justifiant le rôle compensatoire attribués à des dispositifs institutionnels et normatifs de plus en plus invasifs ?
Réponse en deux mouvements : le premier vise un retour critique aux hypothèses des années 1970 sur l’enlisement de la subjectivité et sur la nécessité de mener une politique du « subjectif sans sujet ». Le deuxième mouvement s’adresse au renouveau contemporain des théories participatives. Ce dernier cherche à mobiliser des identités désirantes dans des processus de résolution de problème, tout en maintenant l’hypothèque posée sur la puissance des sujets dans l’ordre de l’action collective.
La thèse défendue est que cette hypothèque doit être levée parce qu’elle dénie le rôle attendu des sujets dans la transformation du social, tout en occultant la question de la limitation de leur puissance.
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Chapitre 9. Le pouvoir sur la vie nue : d’Agamben à Levinas. Le sujet postmoderne au-delà de la séparation du dehors et du dedans

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Le long débat mené avec la théorie de la participation et ses différentes radicalisations à partir du dedans ou à partir du dehors nous a amené progressivement à envisager une nouvelle économie d’action collective qui permettrait de rompre avec l’a priori des régimes d’action orientés vers des « sujets faibles » au profit de processus de causalité sociale s’appuyant sur la puissance subjective et son auto-limitation. Le dernier chapitre nous a même permis d’indiquer qu’il était possible d’envisager à partir des écarts produits par l’intervention collaborative une forme de dépassement des modèles de type émergentiste et volontariste de la participation pour se focaliser sur un niveau intermédiaire où se jouerait le lien entre la puissance subjective et sa limitation dans la création de nouveaux modes de relationalité. Le double mouvement qui s’est imposé dans ce contexte pour dépasser tant l’exigence d’extension des significations que celle de supplément d’autorité pour oser la nouveauté est celui de l’auto-confrontation des savoirs et celui de l’auto-analyse de la prolifération des solutions.

Le point clé de ce dépassement réside, comme nous le soulignions à l’instant, dans la nouvelle économie d’action qu’il tente de mettre en évidence. En visant les écarts du processus participatif et le vide qui se maintient entre le désir de signification et le flux des signifiants, le dépassement renvoie à ce que présuppose et manque constamment l’action sur ou à travers la visée représentationnelle, autrement dit la puissance qui...

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