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Malaise dans la ville

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Edited By Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Malaise dans la ville s’inscrit dans la continuité de Ville infectée, ville déshumanisée, paru dans cette même collection. Tout en poursuivant l’entreprise pluridisciplinaire du premier ouvrage, le champ de réflexion a été élargi, de même que la période de référence. Le programme de recherche « Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques » a donc réuni des écrivains, des philosophes, des sociologues et historiens, des urbanistes, des spécialistes de sciences cognitives et, bien entendu, de critique littéraire, s’intéressant au « mal de vivre » en milieu urbain. Le livre est organisé selon quatre axes : la première partie est consacrée à des regards croisés sur la pérennité du sentiment de malaise ; la seconde rend compte du malaise urbain au carrefour de la littérature, de l’urbanisme et de la sociologie ; la troisième aborde la question des interactions conflictuelles entre langue(s), géographie, genre, économie et religion. Enfin, la quatrième section, empruntant les chemins de la critique et de la création littéraires, s’attache à mettre en lumière le malaise citadin à travers l’art.
Ces études, conduites à travers les lieux et les époques – du Moyen Âge à la période la plus contemporaine –, apportent un éclairage original sur l’imaginaire urbain « dépressif » ou « mélancolique », et sur les modalités des redéfinitions identitaires, parfois drastiques, auxquelles sont soumis les individus. Elles montrent en outre que ces phénomènes ne sont en rien l’apanage d’une supposée postmodernité.
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Perec, Lieux. Joie et mélancolie d’une archive urbaine

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Perec, Lieux Joie et mélancolie d’une archive urbaine

Annelies Schulte NORDHOLT

Université de Leiden

On sait l’importance de l’espace et des lieux chez Perec. Et l’on sait aussi qu’elle provient, comme souvent chez Perec, d’un manque : « J’aimerais qu’il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés […] : mon pays natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né […] » (Perec 2000, p. 179). De là que l’espace, dans son œuvre, n’a rien d’une évidence. Il faut chaque fois l’interroger d’un regard neuf, le reparcourir, le remettre en question. Instables, les lieux sont menacés par le temps destructeur, toujours en voie de disparition. Et cette disparition affecte non seulement les lieux réels – « le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était » – mais encore ma mémoire des lieux : « mes souvenirs me trahiront, l’oubli s’infiltrera dans ma mémoire […] » (Perec 2000, pp. 179-80). La seule réponse possible est alors l’écriture, comme le dit le paragraphe final, si souvent cité, de ce passage : « Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes. » (ibid., p. 180).

Certes, cette page peut être appliquée à l’œuvre entière de Perec, elle en dit très clairement l’enjeu. Mais dans le détail,...

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