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La portée pratique de la phénoménologie

Normativité, critique sociale et psychopathologie

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Délia Popa, Benoît Kanabus and Fabio Bruschi

Cet ouvrage cible la pratique qui est solidaire de la fondation de la connaissance réalisée par la phénoménologie, en voyant dans cette pratique la condition même de la formulation positive de son projet. Dans cette perspective, la critique sociale et la psychopathologie sont notamment les deux champs pratiques où la phénoménologie se trouve investie, par-delà son premier élan de critique théorique, pour intervenir sur les formes de normativité qui y sont à l’œuvre. En abordant ces champs à travers les différentes contributions qui le composent, l’ouvrage ambitionne d’analyser la portée pratique de la phénoménologie et de tester sa capacité à générer une attention au pouvoir émancipateur ou aliénant des organisations sociales. L’hypothèse de fond, collectivement partagée, est que la phénoménologie peut apporter une contribution à la construction d’une nouvelle posture critique à même de participer à l’émancipation des individus en situation de souffrance et d’injustice.
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Eidétique et eidéthique. Les prémisses phénoménologiques du Droit (Grégori Jean)

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Grégori JEAN

Université catholique de Louvain / FNRS

Qu’il soit abandonné aux juristes de profession ou intégré à une réflexion plus vaste placée sous le titre général de « philosophie morale et politique », force est de constater que le problème du Droit n’aura, au XXe siècle – en comparaison du statut absolument décisif que lui accordait, par exemple, l’Idéalisme allemand – que peu retenu l’attention des philosophes. Et si, comme l’écrivait un peu unilatéralement J.-L. Marion en ouverture de Réduction et donation, « la phénoménologie assume, en notre siècle, le rôle même de la philosophie »1, cette remarque vaut a fortiori pour elle. On trouve, on le sait, très peu de textes de Husserl consacrés au Droit, et lorsqu’il est mentionné – par exemple dans les Ideen II, ou dans certains manuscrits regroupés par N. Depraz sous le titre De l’intersubjectivité II – c’est en un sens extrêmement large – comme ce qui règle la vie en commun des individus au sein de ce que Husserl nomme « personnalité d’ordre supérieure », telle que la société ou l’État. Quant à la pensée heideggérienne, afin d’évoquer ce second « pilier » de la philosophie phénoménologique, elle laisse cette question – mise à part une série de textes « circonstanciés » – tout à fait au second plan. De sorte que si l’on excepte à vrai dire Adolph Reinach, et ses Fondements a priori du...

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