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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Edited By Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre X: Bachelard : le concept et l’image

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CHAPITRE X

Bachelard : le concept et l’image

Andrea CAVAZZINI

L’image est l’objet propre de l’œuvre « nocturne » de Gaston Bachelard, un objet que Jean Starobinski a caractérisé comme ayant « le statut d’une représentation mentale non verbale, ou celui d’une transcription fidèle de l’expérience psychique où la fonction irréalisante a pris la haute main, ou enfin celui de l’image-trope où l’initiative est confiée au langage »1. Dans l’article cité, J. Starobinski parle, à propos de Bachelard, d’un « bilinguisme » radical qui opposerait l’analyse des images à l’étude des sciences. La supposition d’un dualisme entre l’œuvre d’un Bachelard épistémologue et celle d’un Bachelard « rêveur », analyste des images élémentaires et/ou poétiques, contrastant avec l’interprète des révolutions conceptuelles des sciences physico-mathématiques modernes – cette supposition-là donc, pendant longtemps acceptée comme évidente, semble finalement pouvoir être considérée comme excessivement paresseuse. Certes Bachelard lui-même semblerait la cautionner, lorsqu’il forge une métaphore destinée à devenir indissociable de la compréhension dualiste de son travail. C’est dans une conférence devant la Société française de Philosophie, en 1950, que Bachelard proposa une distinction – au statut assez énigmatique, d’ailleurs – entre une œuvre diurne, dominée par le dynamisme rationnel et constructeur de l’esprit scientifique, et une œuvre nocturne, dans laquelle la « rêverie » et l’imagination substitueraient au travail du concept le contact avec l’image2. ← 219 | 220 →

La lecture dualiste de l’œuvre bachelardienne...

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