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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Edited By Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre XIII: Imaginer l’acte d’imagination. Réflexion sartrienne sur la vie imageante et la possibilité de sa description phénoménologique

1.  Introduction

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CHAPITRE XIII

Imaginer l’acte d’imagination

Réflexion sartrienne sur la vie de l’image et la possibilité de sa description phénoménologique

Raphaël GÉLY

Dans L’imaginaire, Sartre définit la conscience imageante comme un rapport intentionnel à un objet absent1, que cet objet soit existant ou non, comme l’intuition, sur fond de monde, d’« un néant d’être »2. C’est dire que l’illusion d’immanence n’a pas davantage sa place chez Sartre dans la conscience perceptive que dans la conscience imageante. Il n’y a aucune image possible dans la conscience sartrienne. La conscience imageante sartrienne est rapport direct à ce qui lui est essentiellement transcendant : « Le mot d’image ne saurait donc désigner que le rapport de la conscience à l’objet »3. Ainsi, lorsque j’imagine Pierre, c’est de Pierre lui-même que j’ai l’intuition, mais en tant qu’il est absent. Il faut prendre la pleine mesure de cette thèse de Sartre selon laquelle c’est de Pierre absent qu’il est fait l’épreuve sensible lorsque je l’imagine, de son absence même, et non de ce qui, dans l’imaginaire, le rendrait présent malgré son absence. Ce qui est donné à ma conscience lorsque j’imagine Pierre, ce qui fait présence sensible, non pas indirectement – je peux éprouver indirectement l’absence de Pierre en attendant impatiemment le document qu’il doit m’apporter –, mais directement, ce n’est pas lui en chair et en os, ce n’est pas non plus une absence qui serait par ailleurs qualifiée...

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