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Image et philosophie

Les usages conceptuels de l’image

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Augustin Dumont and Aline Wiame

Cet ouvrage a pour objectif d’interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont « pratiqué l’image dans le concept ». Les auteurs s’interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l’élaboration des schèmes philosophiques à travers l’histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l’histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d’assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L’ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d’opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l’image et la constitution de la pensée par l’image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
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Chapitre XVI: Le fonds des images. Intuition et devenir du monde d’après Simondon

1.  Première condition : critique du concept

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CHAPITRE XVI

Le fonds des images

Intuition et devenir du monde d’après Simondon

Ludovic DUHEM

À supposer qu’il soit possible de définir une époque et qu’une telle tentative ait un sens dès lors qu’il s’agit de l’époque dans laquelle nous vivons, on pourrait alors poser que notre époque est celle du devenir monde des images. Une telle définition serait triviale si elle n’était justifiée par deux raisons essentielles : premièrement, ce qu’on nomme « mondialisation » est aussi – et peut-être avant tout autre chose –, une mondialisation iconique, c’est-à-dire une extension géographique, esthétique, économique et politique des images au monde entier ; et deuxièmement, cette mondialisation des images produit réciproquement une iconicisation du monde, c’est-à-dire la conversion intégrale du monde en images. La convergence de ces deux processus dans les technologies numériques de production et de diffusion mondiale produit ainsi une coïncidence complète entre le monde et les images, à tel point qu’il devient impossible de les distinguer, au moins en fait si ce n’est en droit : c’est ce qu’on pourrait appeler une situation d’hypericonicité. « Hypericonicité » ne veut pas dire adéquation totale entre le réel et ses représentations, mais au contraire, iconicité redoublée entre le monde et les images, le monde devenant une image des images, sans dehors ni reste. Or, si le monde est désormais la totalité des images, et rien d’autre que cette...

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