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«Political ecology» des services écosystémiques

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Xavier Arnauld de Sartre, Monica Castro, Simon Dufour and Johan Oszwald

La notion de services écosystémiques s’est récemment imposée comme un mot d’ordre de la gouvernance environnementale. Rejetée en bloc ou adoptée de manière acritique, cette notion fait le buzz dans la science globale. Suivant une démarche de political ecology qui combine des approches de sociologie des sciences, de géographie politique et de cartographie critique, cet ouvrage propose une analyse critique de la notion de services écosystémiques et cherche à en délimiter le périmètre de validité. Après en avoir analysé l’histoire et l’évolution récente, les auteurs analysent son appropriation dans les arènes de la gouvernance environnementale globale et par les ONG critiques de cette gouvernance, ainsi que dans les politiques publiques de pays forestiers tropicaux (Brésil et Gabon). Ces analyses posent les bases d’une analyse critique de la modélisation et de la cartographie de services écosystémiques fondée à la fois sur une revue de la littérature existante et sur l’analyse de données recueillies dans le cadre de fronts pionniers tropicaux (au Brésil et en Colombie).
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Introduction à la deuxième partie

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Le destin de la notion de services écosystémiques est assez ambivalent. Construite comme outil de légitimation des politiques de conservation, elle permet de renouveler le vocabulaire des acteurs de la conservation tout en restructurant ou légitimant certaines communautés scientifiques. Elle a cependant du mal à percoler en dehors de ces mondes, comme l’a montré la conférence de Rio, où cette notion est finalement peu utilisée. En outre, elle perd de son homogénéité conceptuelle au fur et à mesure de son utilisation, et se diffracte entre de multiples sens (figure 12).

L’objectif de cette deuxième partie est d’analyser ce qui se passe lorsque la notion de services écosystémique devient un concept opératoire intervenant dans le monde du développement ou des politiques publiques. Pour homogénéiser les cas d’études, nous avons centré nos travaux sur les contextes forestiers tropicaux. Trois cas seront exposés dans cette partie, faisant chacun l’objet d’un chapitre : le premier exemple analyse les réseaux promouvant ou s’opposant aux REDD. Les oppositions aux REDD nous ont semblé particulièrement intéressantes à étudier en ceci qu’elles traduisent les difficultés de mise en œuvre de ces outils dans des situations concrètes, et plus encore la grande défiance dont ils font l’objet. Un grand nombre d’acteurs de la société civile voient dans ces outils la main du capitalisme, et le rejettent violemment en s’opposant au principe de marchandisation de la nature...

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