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L’abîme de l’épreuve

Phénoménologie matérielle en son archi-intelligibilité

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Rolf Kühn

Ce livre déploie jusque dans ses plus ultimes conséquences le projet d’une auto-radicalisation de la phénoménologie. C’est une interrogation radicale sur le fond abyssal de toute épreuve subjective que l’auteur entend ici réaliser. Cette recherche contribue à l’avancement d’une phénoménologie qui ne serait plus dupe de la séparation artificielle entre des disciplines traditionnelles telles que la métaphysique, l’ontologie, la théologie, la mystique, l’épistémologie, l’éthique, l’esthétique, etc. Elle permet par ailleurs de faire de la question de l’éprouver, ressaisi en son abîme intérieur, en l’incessante fulguration de sa naissance immanente, le cœur d’une recherche renouvelée sur les conditions individuelles et collectives d’une praxis libératrice.
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Chapitre 1 Dire l’indicible. La vie en sa narration immanente

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CHAPITRE 1

Pour nous, êtres humains, rien n’existe en dehors du vécu. Tout ce qui existe, doit être vécu par nous pour être. Ainsi, à tout point de vue, la vie phénoménologique est la seule réalité qui compte, comme nous l’avons déjà établi jusqu’ici pour aborder enfin cette Vie en son éthos le plus direct ou immédiat. Car, si chaque instant doit être vécu pour exister, il est aussi la seule certitude. Sans doute pas une certitude qui doive être apprise de façon théorique ou être prouvée de l’extérieur, pour rappeler aussi la relecture de Marx qui vient d’être faite, mais une certitude qui est ressentie de façon immédiate. L’impression, la sensation, le sentiment ou l’effort comme le besoin sont les noms de cette vie immédiate, que je suis. Il n’existe aucun sentiment qui ne puisse pas dire « je » au sens du moi passible, car le sentiment n’existe qu’en tant qu’il est ma vie. Ainsi chaque instant est ma vie, et il n’existe pas de vie comme généralité abstraite, par exemple la « vie biologique » des sciences ou la « vie économique » des finances et marchés, car elle serait sans sentir particulier, ce qui est absurde. Si chaque instant possède une valeur unique et éternelle, Nietzsche1 l’appelait l’« enivrement » (Trunkenheit) de la vie, Fichte2 la « félicité » (Seligkeit), Spinoza la beatitudo3, le Nouveau Testament la « Vérité »4. C’est chaque fois...

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