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De l’abject et du sublime

Georges Bataille, Jean Genet, Samuel Beckett

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Claire Lozier

Ce livre analyse les rapports existants entre les notions d’abject et de sublime – que tout semble opposer et que la critique interroge à nouveau depuis quelques années, mais de manière séparée – pour penser la crise de la représentation survenue au vingtième siècle. Inaugurée par la déclaration hégélienne de la mort de l’esthétique en 1835 et entérinée par la guerre et l’expérience des camps invalidant, selon Adorno, les possibilités de l’art, cette crise invite à s’interroger sur les deux extrêmes de la représentation que sont l’abject et le sublime. C’est ce que font, chacune à leur manière, les œuvres de Georges Bataille, Jean Genet et Samuel Beckett. Dans leurs textes de théorie et de fiction, l’abject et le sublime occupent une place centrale, en tant que thématique, esthétique et poétique. Les deux notions y sont, dans chaque cas, indissociables. Ce livre montre que cette indissociabilité est caractéristique de la mutation esthétique advenue au siècle dernier. Par l’étude de trois œuvres majeures révélatrices de cette mutation, il révèle la nécessité actuelle de penser l’abject et le sublime conjointement, tout en offrant une nouvelle lecture des textes considérés.

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Chapitre 4Samuel Beckett, la Vanité de l’abject et du sublime 191

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Chapitre 4 Samuel Beckett, la Vanité de l’abject et du sublime Contrairement aux textes de Bataille et Genet, les textes de Samuel Beckett ne nomment ni l’abject, ni le sublime par leur nom. Ils y occu- pent cependant une place privilégiée. En comparant les manifestations de l’abject dans les textes de Genet et de Beckett, David Houston Jones écrit : ‘If Genet’s prose is remarkable for its stubborn ushering of the abject and unspeakable into language (periodically accompanied by the word « abject » or « abjection »), Beckett […] is concerned with a more formal exploration of the unnamable’.1 Ainsi, ‘Although the « abject » and « abjection » are rarely explicitly referred to in Beckett, it is one of the foundations of [his] argument that Beckett’s works are consistently preoccupied with an identity which should be understood as abject’.2 Bien que l’abject habite et informe les textes de Beckett, le mot et ses variantes sont, en ef fet, rares dans le corpus. Le constat vaut pour le sublime : structurellement et thématiquement omniprésent, il se passe également de dire son nom. La représentation des termes se limite à six occurrences pour le paradigme morphologique de l’abject ; cinq pour celui du sublime. Pour ce qui est du paradigme de l’abject, les occurrences se répartissent ainsi : une dans Murphy3 1 David Houston Jones, The Body Abject. Self and Text in Jean Genet and Samuel Beckett (Oxford : Peter Lang, 2000), 162. 2 Ibid., 24. 3 Samuel Beckett, Murphy (London : Picador, 1973), 138. Le mot est utilisé lors...

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