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Proust avant la «Recherche»

Jeunesse et genèse d’une écriture au tournant du siècle

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Than-Vân Ton-That

A la recherche du temps perdu s’enracine dans le XIX e siècle et son ombre touffue tend à éclipser les premiers textes plus ou moins achevés qui ont nourri le roman de la maturité. Quel est le statut de ces œuvres de jeunesse, Les Plaisirs et les jours et Jean Santeuil ? Le choix d’un genre littéraire est crucial ainsi que l’hésitation entre prose et poésie. Proust explore déjà les ressorts de la comédie mondaine, l’oscillation entre enfer et paradis dans une perspective initialement réaliste. Le poids de l’intertextualité est indéniable mais l’héritage du XIX e siècle n’entrave pas l’amorce de renouvellement et d’innovation. Un premier recueil composite ( Les Plaisirs et les jours) et un roman inachevé ( Jean Santeuil) nous permettront d’entrevoir les promesses et les prémices de l’œuvre à venir, dans ce premier mouvement inspiré reposant sur l’imitation avec ses maladresses, mais aussi ses intuitions et son originalité.

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Chapitre 1 Choisir un genre

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Nouvelle, roman, théâtre Les nouvelles dans « Les Plaisirs et les jours » Comme Balzac, Proust est rarement associé à l’idée d’un genre bref comme la nouvelle. Cependant Proust est non seulement romancier mais aussi tra- ducteur, essayiste, pasticheur et nouvelliste. Nous étudierons Les Plaisirs et les jours comme un recueil composé principalement de nouvelles, en nous interrogeant sur la notion de recueil et sur son unité, avec un grand nombre de thèmes et de motifs que l’on retrouvera dans À la recherche du temps perdu. Certaines suivent la tradition du genre mais d’autres s’écartent des modèles connus, si bien que certains de ces textes sont à la frontière du conte et du roman. Un recueil composite Les Plaisirs et les jours posent le problème de l’unité thématique et formelle du recueil. En ef fet, cette œuvre de jeunesse se présente comme un recueil de textes d’une grande variété : courts récits qu’on peut assimiler à des nouvelles, études, articles déjà parus dans diverses revues (Le Banquet, La Revue blanche, La Revue hebdomadaire, Le Gaulois) et pastiches. Le jeune écrivain a besoin de se couler dans des moules à la fois génériques et stylis- tiques qu’il expérimente les uns après les autres. On croirait lire Mme de Lafayette au début de « Violante ou la mondanité » : 14 Chapitre 1 La vicomtesse de Styrie était généreuse et tendre et toute pénétrée d’une grâce qui charmait. L’esprit du...

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