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Dans le feuilletage de la terre

Sur l’œuvre poétique de Marie-Claire Bancquart- Colloque de Cerisy

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Edited By Béatrice Bonhomme, Aude Préta-de Beaufort and Jacques Moulin

Ce livre se consacre à l’œuvre de Marie-Claire Bancquart, poète, romancière, essayiste et critique. Habiter le monde en conscience, en y effleurant des joies, en y devinant des survies dans l’immanence, sans rien ignorer de ses violences, habiter « avec la mort, quartier d’orange entre les dents », telle est la tâche que se fixe Bancquart dans sa poésie. « Braille du vivant », la langue du poème doit permettre, avec simplicité, exigence, tendresse, d’interroger l’énigme des choses, entre présence et fragilité, parole et suspens.
De la révolte des premiers recueils à la sérénité inquiète des plus récents, l’œuvre accomplit un parcours poétique et existentiel dont les amis, poètes et chercheurs réunis à Cerisy-la-Salle pour le colloque international de septembre 2011 ont voulu montrer la singularité. Ces présentations sont réunies dans ce volume, qui est à ce jour le plus important ensemble critique consacré à l’œuvre poétique de Bancquart.

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Part IX Rendre à l’humain sa part d’inhumain

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Clémence O’Connor « Qui ceint l’énigme » : l’inhumain dans la poésie de Marie-Claire Bancquart À lire la poésie de Marie-Claire Bancquart, nous changeons de regard sur le monde. La substance des objets est tantôt densifiée en présence réconfor- tante, tantôt pulvérisée en évènement perceptif, voire en néant. En l’espace d’un vers on passe de l’atome à l’échelle cosmique, de l’immédiat à un passé préhumain, ou à un futur tout aussi lointain, inaccessible à notre perception, et seulement brièvement à notre imagination. Avec elle, on « se réjouit de partager son adn avec les autres créatures » (« Avant-propos », RE, 8). On tend la main vers les choses qui nous entourent, qui donnent prise au présent des sens, mais sans garantir que l’instant qui suit ni celui qui précède ne bas- culent, eux, dans l’amer de la dérision. La barrière entre ce qui fait et ce qui ne fait pas sens se voit frappée de contingence, nous incitant à accueillir la part d’énigme au cœur du réel. On se défait, avec terreur ou avec allégresse, de tout ce qui systématise la pensée. On célèbre avec gratitude le grain du monde et celui des mots, conscients que la destruction est plus souvent le propre de l’homme que de la terre. Dans cette œuvre, la vie est lue comme un tissage d’impressions contras- tées où nous changeons constamment d’échelle...

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