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Chantiers du poème

Prémisses et pratiques de la création poétique moderne et contemporaine

Series:

Hugues Azérad, Michael G. Kelly, Nina Parish and Emma Wagstaff

Ce volume vise à questionner les fondements et le sens (direction, teneur heuristique) de la pratique poétique moderne et contemporaine. Il s’interroge sur ce qui serait essentiel à cette pratique aujourd’hui et sur les composantes d’éventuelles identités du poète et de la poésie – alors même que ces deux entités hypothétiques se décomposent et se conjuguent selon de nouvelles appellations, s’arrimant à d’autres arts comme à une bouée de secours, ou s’en servant au contraire comme d’un tremplin. De quels nouveaux attributs la poésie chercherait-elle à s’affubler ? Se veut-elle photographique, purement sonore, cinématographique ? S’agit-il de rupture systématique avec une certaine conception du poétique ou ne devrait-on pas plutôt parler d’une continuation, d’une fidélité à soi, au sein même de son contenu hybride – ce contenu qui est de fait une ouverture générique, une forme d’accueil, de curiosité et d’exploration ?
Forts de ces questions, les essais ici rassemblés cherchent à accompagner la recherche de nouvelles expériences et sensibilités dans le paysage poétique, dont certaines remontent au moment décisif de l’après-1945, alors que d’autres datent, pour ainsi dire, d’avant-hier. A tout moment : une innocence cherchée sous des formes inouïes, que ce soient l’animal(ité) ou la flore ; la quête de rythmes et de sons inédits ; une hybridation polyforme ; des luttes renouvelées. Ce n’est donc pas un panorama exhaustif qui est proposé au lecteur, mais un diorama à la fois théorique et poétique qui voudrait baliser, afin de mieux en encourager l’exploration, l’ensemble des chantiers du poème qu’il embrasse.

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V Béatrice Bonhomme Poèmes

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VBéatrice Bonhomme Poèmes L’incendie précaire L’incendie de la paille a brûlé les baisers calciné les matins Le berceau de la chambre a poussé ses racines dans le cœur Et les fantômes de l’amour ont pris possession de la maison Le tour plus foncé des f lammes la braise des charbons de bois a f lambé le cœur de l’enfance un tournis au centre du monde La bruyère rose sang a recouvert la tombe le lichen s’est piqueté du mouron des oiseaux un calfeutrage d’enfance a envahi la nuit Comme un incendie précaire tu brûles dans l’été finissant une lucarne de grange ouverte sur le bleu La sieste des lisières est restée là comme une petite fille endormie emportant avec elle le cœur de la maison 330 L’incendie précaire Au cœur de la nuit ils se sont levés ils ont parlé à ton oreille et tu as pleuré alors sur l’incendie de l’enfance Ils n’avaient rien d’autre à te dire que les racines de lierre et le don du chèvrefeuille Ils n’avaient rien d’autre à te dire que l’amour toujours si précaire Variations autour du visage et de la rose 1 Au-dessus de la marée verte des arbres, alors que la vigne vierge, morte, détache ses derniers sarments du mur, ses vrilles en pattes de salamandre, les néf liers sont en f leurs et dressent des chandelles f leuries. Sur la table...

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