Show Less

Béatrice Bonhomme

Le mot, la mort, l’amour

Series:

Edited By Peter Collier and Ilda Tomas

Ce recueil d’études, ce Festschrift, fête l’œuvre de Béatrice Bonhomme et en même temps en fait l’analyse critique. Depuis vingt ans Bonhomme nourrit la poésie française de sa contribution d’écrivain, de professeur de lettres à Nice et d’éditrice de la revue Nu(e) où elle accueille les meilleurs poètes de notre temps. Cet ouvrage reflète entre autres les rapports et les correspondances qui relient son travail à celui d’autres artistes, autant visuels que poétiques.
Il s’emploie à saisir la créativité multiple du poète architecte et archéologue de la parole et à exalter ce qui, dans son verbe, évoque la fouille et la fresque, le chant orphique et la toile abstraite, la cisaille et la musique syncopée. Il présente un modèle détaillé de la théorie poétique actuelle comme elle s’élabore dans l’œuvre de Bonhomme. Chaque chapitre cible un des thèmes dominants de son œuvre poétique. Tout en se servant d’approches diverses, leur trait d’union et point culminant est leur appréciation d’une écriture personnelle et courageuse, traitant sans arrière pensée de l’amour et de l’enfance, des mots et de la mort.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Ilda Tomas Introduction

Extract

La poésie peut-elle nier la finitude ou annoncer la « fin de l’éternité » ? « Mais quelle poésie ? […]. L’écriture ni l’amour n’empêchent la mort, la solitude, et pire, la résignation des fontaines. Car il faudra bien mourir, et la respiration coupée dans l’atroce d’un spasme. Cette déchirure f lagrante comme une déf lagration de neige au centre du cœur. Et c’est long, […], cette agonie du non-sens » (La Fin de l’éternité, 26). Dès que l’on pénètre dans l’univers de Béatrice Bonhomme, on se trouve pris d’emblée dans un courroux passionnel, et happé par les figures fondatrices et conductrices de l’œuvre : l’amour, la mort, le mot, là où résonne l’incompréhensible. A partir de ces éléments af finitaires et comme aimantés qui af fectent la totalité des expériences, s’opère la distribution des af fects et des concepts, des souvenirs et des obsessions. Se formule ainsi une présence au monde corrodée par la brûlure de la vie, douleur à vivre au plus cru de l’existence sensorielle ; jeté dans un espace anxiogène, l’on est conjointement dans un composant du paysage (les fontaines) et du corps (le souf f le et le cœur). Une tessiture dense pour évoquer le moment de chair souf frante, le secret charnel de l’agonie ; une intensité soulignée par les deux substantifs allitérés en dentale (déchirure, déf lagration), avec la cellule consonantique s...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.