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Béatrice Bonhomme

Le mot, la mort, l’amour

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Edited By Peter Collier and Ilda Tomas

Ce recueil d’études, ce Festschrift, fête l’œuvre de Béatrice Bonhomme et en même temps en fait l’analyse critique. Depuis vingt ans Bonhomme nourrit la poésie française de sa contribution d’écrivain, de professeur de lettres à Nice et d’éditrice de la revue Nu(e) où elle accueille les meilleurs poètes de notre temps. Cet ouvrage reflète entre autres les rapports et les correspondances qui relient son travail à celui d’autres artistes, autant visuels que poétiques.
Il s’emploie à saisir la créativité multiple du poète architecte et archéologue de la parole et à exalter ce qui, dans son verbe, évoque la fouille et la fresque, le chant orphique et la toile abstraite, la cisaille et la musique syncopée. Il présente un modèle détaillé de la théorie poétique actuelle comme elle s’élabore dans l’œuvre de Bonhomme. Chaque chapitre cible un des thèmes dominants de son œuvre poétique. Tout en se servant d’approches diverses, leur trait d’union et point culminant est leur appréciation d’une écriture personnelle et courageuse, traitant sans arrière pensée de l’amour et de l’enfance, des mots et de la mort.

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Partie VI L’indicible et l’infini : désir et langage

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Gabrielle Althen Béatrice Bonhomme ou les paradoxes du poème Je ne peux penser à l’œuvre de Béatrice Bonhomme sans m’émouvoir de ce que j’y décèle comme une sorte d’accord senti avec ce que la vie of fre de plus spontanément heureux. Il s’y trouve en ef fet comme une connaissance, peut-être comme une sorte de rappel sensuel de ses of frandes, auxquels le souvenir des émerveillements de l’enfance doit avoir part. J’ai beau savoir que ses poèmes peuvent être hantés par la nostalgie, par le vide, par l’absence et par le deuil, j’ai beau reconnaître les accents de justesse qui en témoignent, l’intimité heureuse et feutrée des demeures provinciales qui sentent bon la cire et possèdent des jardins, où les f leurs sont serrées et les fruits mûrs, ou des greniers foisonnants de séductions pour l’imagination, me revient en mémoire. C’est peut-être parce que je sais cette approche partielle et partiale, que je me permets de la livrer en confidence, sans me cacher qu’elle répond sans doute à un manque de ma propre expérience. Non, toutefois, que les grandes maisons familiales parfois traversées d’odeurs de confitures et de pains chauds aient manqué à mon enfance. Elles étaient cependant situées sous d’autres cieux, voire dans des lieux désertiques, et j’étais plus sensible au tranchant de la lumière sur le roc du dehors. Confidence donc et non analyse...

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