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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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Remarques finales 1

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Je ne vais pas chercher à clore ces analyses d’un résumé synthétisant. Je voudrais seulement souligner que les exemples de l’idée du texte comme présence, analysés ici dans l’ordre chronologique, ne montrent pas uniquement le développement des concepts exprimant cette idée. Ils illustrent aussi des autres phénomènes. Il s’agit d’abord de la croissance, à partir de l’époque de Platon, de l’importance de l’écriture dans la vie spirituelle de l’homme. En un deuxième temps, il y est question des métamorphoses de l’idéal platonicien des relations dialogiques entre les hommes, qui a été premièrement transformé en un idéal « scholastique » et « scientiste », et par la suite s’est renouvelé comme un idéal « personnel ». Ce renouvellement s’est opéré avec une omission complète de toutes les réticences de Platon par rapport à l’écriture et la littérature. Au début de cette réflexion je vais cependant essayer de répondre à la question concernant la condition ontique des personnages que l’écriture rend présents292. Je ← 183 | 184 → crois qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer ici qu’une telle condition ne pouvait être exprimée qu’à l’aide des formules métaphoriques floues et qu’aucune précision stricte ne pouvait lui être attribuée. Il est peut-être intéressant de rappeler encore une fois que le caractère imaginaire jouait un rôle minime dans l’ensemble des motifs et concepts que nous avons étudiés. C’est à ce...

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