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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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XII – Érasme et sa praesentia Christi in sacris litteris

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L’idée du texte comme présence apparaît chez Érasme plusieurs fois. On peut dire que c’est un des plus intéressants sujets dans ses propos sur la littérature et aussi un des sujets de ses propos les plus hardis sur la Bible. Nous allons nous occuper ici d’un petit nombre des textes seulement, mais nous tâcherons d’en présenter un échantillon bien diversifié afin d’en faire ressortir divers aspects et divers niveaux de l’idée en question. L’idée qui, chez Érasme, est toujours bien ancrée dans son anthropologie dualiste, dans sa conception de l’homme en tant qu’un ensemble formé de l’âme et du corps, voire de l’âme présente dans le corps.

Commençons par un petit morceau où Érasme s’identifie (comme jadis Horace) à ses propres œuvres. Voici un fragment d’une lettre, dans lequel Érasme explique qu’il est inutile de chercher un contact personnel avec lui :

Je regrette que notre Hessus se soit en vain fatigué d’un si long voyage. Quelle serait en fait son utilité ? À quoi bon regarder Érasme tout entier ? La meilleure part de ma personne – si toutefois il y a quoi que ce soit de bon en moi – il l’a vue en effet dans mes écrits. Et tout le reste ? Qu’y a-t-il qui serait digne d’être vu ?218

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