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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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XIV – Respublica litteraria entre la présence textuelle et une rêverie

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Dans ce chapitre nous n’étudierons plus les exemples de la modification de l’idée du texte comme présence, mais plutôt ceux de la négation de cette idée, ou au moins de sa parodie. Je n’ai rien trouvé sur ce sujet dans la littérature critique, même pas d’analyses préalables du genre de celles que j’avais citées dans les prolégomènes230. Selon ce que j’ai pu établir, les prémices de l’idée de la « république littéraire » (respublica litterarum, respublica litteraria), c’est-à-dire d’une communauté des usagers de l’écriture et de la littérature, des écrivains et lecteurs, sont à trouver dans l’œuvre de Jean Louis Vives, humaniste espagnol du XVIe siècle. Il était presque contemporain d’Érasme avec qui il entretenait des contacts assez réguliers231. Mais Vives, autant que je sache, ne met pas d’accent sur le thème de l’écriture et du livre. Il ne le mentionne que sommairement. Ses concepts, qui peuvent nous intéresser ici, ont par la suite, après un siècle, inspiré un autre auteur espagnol et hispanophone, Diego Saavedra de Fajardo, et ils ont leur source – comme c’est le cas de l’idée de la présence textuelle – chez les auteurs de l’antiquité. Et pourtant Vives ne se réfère pas explicitement à cette source ni ne met pas en relief le caractère négatif ou parodique de ces concepts par rapport à l’idée du...

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