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À la carte

Le roman québécois (2010–2015)

Gilles Dupuis and Klaus-Dieter Ertler

Le troisième volume de notre série « À la carte » propose de nouveau une radiographie du roman qui s'écrit actuellement en français au Québéc afin de capter le pouls de sa littérature au sein de l'espace francophone canadien, américain, voire européen. Quels sont les sujets, les rêves, les phantasmes traités par le roman québécois contemporain ? Quelles sont les formes privilégiées, ses styles de prédilection ? Quels défis pose-t-il à l'institution littéraire, critique et universitaire ? Comment s'inscrit-il dans le panorama culturel, en particulier au Québec et au Canada ? Quels vecteurs annonce-t-il au sein de la production romanesque pour les prochaines décennies ? Autant de questions auxquelles cet ouvrage prétend apporter quelques éléments de réponse, en suggérant des pistes de réflexion pour l'avenir de la recherche dans le secteur des lettres québécoises, de part et d'autre de l'Atlantique.

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La fin d’un cycle ? La rive est loin de Ying Chen (Gilles Dupuis)

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Gilles Dupuis

La fin d’un cycle ? La rive est loin de Ying Chen

La rive est loin est le dixième roman de Ying Chen et le septième de « l’ensemble romanesque », inauguré par Immobile, « ayant comme personnage central une femme de nature ambiguë qui raconte ses vicissitudes désencadrées du temps et de l’espace »1. Cette suite romanesque met en scène depuis ses débuts une narratrice sans nom (innomée voire innommable), accompagnée de son mari archéologue (seulement désigné dans le texte par la lettre A), qui a l’étrange pouvoir de se réincarner d’une époque – et d’un endroit – à l’autre. Par rapport aux trois premiers romans de l’auteur (La mémoire de l’eau, Les lettres chinoises et L’Ingratitude), ce « cycle », puisqu’il s’agit de réincarnations, ne précise jamais l’époque ni le lieu de l’action, bien que certains indices (surtout dans le premier roman de la série) laissent entendre un écart de plusieurs siècles et le transfert probable d’un Orient fictif, qui pourrait aussi bien être la Chine, le Japon ou la Corée, à un Occident plus ou moins localisable : le Québec, le Canada, voire la France. Quant à l’action ou plutôt l’intrigue – car quoiqu’elle soit réduite au strict minimum, « l’action » n’en demeure pas moins « intrigante » –, elle se ramène à quelques exceptions près au monologue intérieur (soliloque ou flux de conscience) de la narratrice qui subit, plus...

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