Show Less

Si on a du jazz, pas besoin de schnaps

Jazz, négritude et démocratie sous la République de Weimar- Mit einer umfangreichen Zusammenfassung in deutscher Sprache

Series:

Pascale Cohen-Avenel

Cet ouvrage traite du jazz dans la perspective des sciences de la culture et cherche à rendre compte de la fascination qu’il a exercée sur la société de la République de Weimar. Il s’appuie au premier chef sur la réception du jazz dans les revues littéraires et culturelles et ne néglige pas, à côté des publications progressistes, les organes conservateurs (voire même clairement racistes). Il s’agit en effet de voir dans quelle mesure le débat sur le jazz est lié à la recherche d’une culture républicaine démocratique.
Dieses Buch enthält eine umfangreiche deutschsprachige Zusammenfassung.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

III. Le rythme des temps nouveaux 123

Extract

III. Le rythme des temps nouveaux Cette problématique ne disparaît pas même lorsque le débat sur le jazz revêt un caractère plus technique et aborde véritablement l’un des éléments majeurs de la musique, à savoir son rythme. Bien au contraire, une réflexion sur la société s’ajoute cette fois à l’opposition entre différentes visions de l’homme. Si la passion de ses danseurs pour le jazz pouvait, dans un premier temps, être plus ou moins rattachée à la quête d’une nouvelle culture démocratique et républicaine, le débat sur la syncope relève d’enjeux nettement plus complexes dont les critères sont souvent beaucoup plus philosophiques qu’esthétiques1, encore qu’il soit difficile, ici plus qu’ailleurs, de distinguer ces deux domaines2. Bien que le jazz ne se limite pas à ses composantes rythmiques, la syncope seule suffit à susciter à cette époque une controverse acharnée et parfois d’une grande violence, que ce soit parmi les musicologues et critiques musicaux, parmi les profanes ou parmi des penseurs comme Siegfried Kracauer, Ernst Bloch ou Theodor Adorno. Il est vrai que dans une période durant laquelle le terme de jazz, du fait de sa nouveauté et de la pénurie de véritables spécialistes, est on ne peut plus imprécis3, tantôt restrictif à l’extrême comme chez Heinz Pollack, tantôt si extensif que ses frontières deviennent floues, la syncope constitue le seul dénominateur commun incontestable des nouvelles danses. C’est ce...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.