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Les présupposés anthropologiques de la communion trinitaire chez Gisbert Greshake

Une relecture à partir de la perspective négro-africaine

Désiré Matand

L’approche du mystère de la Trinité proposée par le professeur emerité de Fribourg-en-Brisgau, Gisbert Greshake, est concise : au cœur de la foi chrétienne il y a le Dieu unitrine, communion de vie en lui-même et par rapport au créé. En tant que relation vitale et vivifiante, il est la clé pour tout comprendre. La portée de cette éminente contribution a été perçue comme une possibilité de rencontre et une occasion favorable en vue d’un enrichissement ecclésial mutuel. D’où l’effort de ramener le soubassement de la pensée négro-africaine, essentiellement communionnelle, à sa source première, à savoir la communion trinitaire, d’une part et à contempler le Dieu unitrine à partir du veçu quotidien, d’autre part. Ce double regard implique que l’homme fasse progresser les structures communionnelles anthropologico-cosmiques dans leur marche complexe vers la plénitude en Dieu un et trine, « origine et fondement du monde entier », selon l’expression de Jean-Paul II. Focaliser l’intérêt de l’étude sur l’horizon expérientiel dans le contexte historique africain, c’ est s’appliquer à mettre une emprunte concrète au concept de communio qui, autrement, court le risque de demeurer encore abstrait. A ce propos, plus que le concept de personne, l’idée-force de famille – d’ après son intellection négro-africaine – paraît de toute évidence la mieux adaptée.

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Préface

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Monsieur Dr. Matand, cher confrère, Eh bien, il y a dans la vie de chaque personne des événements qui s´estampent profondément dans la mémoire de cette dernière. A ces événements inoubliables appartient pour moi le cas de ce qui s´était passé le 6 janvier 1955. J´étais alors séminariste au Collège Germanicum-Hungaricum à Rome. A cette époque, il était coutume, chaque fois à l´occasion de la fête de l´Epiphanie, d´inviter des séminaristes africains et asiatiques d´autres collèges romains à la célébration eu- charistique. En ce susdit 6 janvier vinrent chez nous des étudiants noirs africains. Dans l´homélie, le célébrant, prêtre africain, dit en substance ce qui suit (et cela longtemps avant Vatican II et avant le début de la discussion théologique au sujet de l´inculturation de la foi et de la contextualisation de la théologie !) : Comme autrefois – suivant une tradition pieuse – l´étoile de Bethléem avait conduit des personnes d´origines et races différentes avec leurs présents et dons variés vers le Seigneur, ainsi aujourd´hui et dans l´avenir, les différentes cultures doivent aporter leurs dons et talents variés à la crèche, c´est-à-dire les apporter à l´Eglise. Le présent des asiatiques sera – disait le prédicateur – de mettre l´accent sur la méditation et le silence contemplatif ; le don de l´Occident résidera...

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