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Dieu au-delà de l’être

Le sens éthique de Dieu dans la pensée d’Emmanuel Levinas- Préface du Professeur Dr. Jean-Paul Resweber

Jean-Bertrand Madragule Badi

À travers le thème du « Dieu au-delà de l’être », ce livre resitue la pensée de Levinas dans la tradition de pensée judéo-chrétienne et dans celle de la philosophie grecque. En partant de la phénoménologie, Levinas a entrepris une audacieuse interprétation de diverses thèses qui, défendues par Buber, Rosenzweig, Platon, Descartes, Husserl ou Heidegger, apportent leur caution à la pensée de l’éthique comme philosophie première qui est au principe et au centre de sa philosophie. L’intérêt de cette recherche consiste à montrer comment Levinas thématise la rencontre de la pensée juive et de la philosophie grecque. Cette étude montre aussi à quel point cette double écriture juive et philosophique permet à Levinas de résoudre, en recourant aux notions du visage d’Autrui, de responsabilité, d’illéité, de justice, etc., la plupart des questions qu’il aborde : celles de Dieu, de la création, de la relation à Autrui, des inégalités sociales, de la souffrance, de la Shoah, de la kénose de Dieu, du messianisme et du prophétisme, etc. Enfin, parce que sa philosophie s’intéresse à des thèmes touchant aussi bien la sensibilité du judaïsme que du christianisme, ce livre voudrait reconsidérer les enjeux et les conséquences de la pensée de Levinas dans le dialogue judéo-chrétien d’aujourd’hui.

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CONCLUSION

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«Dans cet ouvrage qui ne cherche à restaurer aucun concept ruiné, la destitution et la dé-situation du sujet ne restent pas sans signification : après la mort d’un certain dieu habitant les arrière-mondes, la substitution de l’orage découvre la trace – écriture imprononçable – de ce qui, toujours déjà passé – toujours ‘il’ – n’entre dans aucun présent et à qui ne conviennent plus les noms désignant des êtres, ni les verbes où résonne leur essence – mais qui, Pro-nom, marque de son sceau tout ce qui peut porter un nom.» E. LEVINAS, Autrement qu’être, op. cit., p. 283-284. «Au dehors»1319. C’est ainsi que Levinas intitule le dernier chapitre de son se- cond grand ouvrage philosophique Autrement qu’être où au-delà de l’essence. Ne s’agit-il pas là, pour les lecteurs, d’une invitation à sortir de ce qu’ils ont ap- pris dans ce livre, sans pour autant l’oublier et, à partir de là, entreprendre un nouveau chemin de recherche? Dans le texte mis ici en exergue, qui est d’ailleurs le dernier paragraphe d’Autrement qu’être, Levinas montre que sa phi- losophie ne restaure pas des concepts ruinés appliqués à Dieu, tels que l’Être ou Causa sui. En effet, le Dieu de Levinas n’est pas un produit de l’intelligence humaine, mais il est un Dieu qui vient à l’idée et qui «parle à chaque homme en particulier»1320. Est-ce à dire que l’œuvre de Levinas permet à l’homme de mieux entendre la parole de Dieu? Dans quelles circonstances cette parole de-...

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