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Perspectives pragmatiques sur le discours littéraire

Mihaela Chapelan

L’ouvrage examine la manière dont les études littéraires ont su tirer profit de l’élaboration des concepts fondamentaux de la pragmatique. Tout en envisageant le phénomène littéraire comme un dispositif communicationnel, l’auteure insiste sur ses particularités et met en évidence les remodelages successifs subis par des notions comme : le contexte littéraire, les actes de langages fictionnels, la référence etc. L’auteure accorde une attention particulière à l’identité des protagonistes fondamentaux de la communication littéraire, à savoir le couple formé par l’énonciateur et l’énonciataire.
La deuxième partie du livre se propose de mettre la théorie à l’épreuve des textes et offre des modèles d’approche pragmatique d’œuvres littéraires diverses, appartenant surtout à l’espace culturel français et francophone contemporain.
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Chapitre III : Les actes de langage

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Chapitre III :  Les actes de langage

1.  La théorie des actes de langage

La théorie des actes de langage ne représente pas à proprement parler une rupture par rapport aux théories de l’énonciation, mais plutôt un accent différemment mis dans l’analyse de l’activité énonciative, qui est envisagée davantage comme une modalité d’action. L’idée que le langage ne servait pas seulement pour informer ou pour représenter le monde n’était pas tout à fait nouvelle. Les rhétoriciens de l’Antiquité (Aristote, Platon, Sénèque, Cicéron, Quintilien) avaient déjà des conceptions « pragmatiques » sur le langage et réfléchissaient aux liens existant entre le langage, la logique (notamment celle argumentative) et les effets du discours sur les interlocuteurs, élaborant un modèle rhétorique fondé sur la connaissance des passions et des mœurs. Ainsi, Aristote distinguait entre le discours « dialectique », qui s’adresse à un interlocuteur abstrait, réduit à l’état de sujet partageant le code linguistique de l’orateur, et le discours « rhétorique », qui s’adresse à un interlocuteur réel, doué d’une faculté de jugement, de passions et d’habitudes socioculturelles. Ce dernier type de discours comprenait trois sous-genres, selon la relation établie avec le récepteur et non selon le contenu du message : le discours « judiciaire » (portant jugement sur des actes passés), le discours « épidictique » (blâmant ou louant des actes présents) et le discours « délibératif » (engageant des décisions...

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