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Les réseaux du fer

Information, renseignement économique et sidérurgie luxembourgeoise entre France, Belgique et Allemagne 1911–1940

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Gérald Arboit

Quel est le rôle de l’information dans l’activité économique ? Question fondamentale à la base de l’intelligence économique, elle est trop souvent négligée par les opérateurs. Elle guida les choix d’Emile Mayrisch à chaque étape de l’histoire de l’Arbed. Depuis la création de cette entreprise sidérurgique (1911) jusqu’à son avènement comme une industrie mondiale, dans l’entre-deux-guerres, ces choix stratégiques fondés sur l’information ont également eu des conséquences sur la structure économique luxembourgeoise. Ces mutations attirèrent l’attention de la Belgique et de la France, vainqueurs (1918) d’une Allemagne qui ne comprit jamais le Luxembourg. Si la dynamique de Mayrisch ne s’émoussa pas après sa disparition, ses successeurs furent moins habiles à manier l’information.
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Chapitre 5 Influence pendant la Première Guerre mondiale

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La guerre fut toujours une aventure sans retour. Les opérateurs sidérurgiques luxembourgeois, aussi bien d’origine allemande que locale, en furent persuadés. Aussi préparèrent-ils dès l’été 1914 l’inévitable après-guerre. Qu’ils fussent partie prenante à la définition des buts de guerre d’un des protagonistes, ou bien que les circonstances du conflit les missent en position de connaître des informations utiles pour la poursuite et le développement de leur activité, ils créèrent toutes les conditions informatives nécessaires pour agir une fois la paix revenue.

Le 14 décembre 1911, réagissant à la fusion ayant créé l’Arbed, le député socialiste Michel Welter estima que, sous couvert de la fiction de sièges sociaux en Allemagne, les sociétés métallurgiques implantées dans le pays furent de « véritables industries nationales »1. Le parlementaire pensa naturellement à la Gelsenkirchener, qui exploita les usines d’Esch et de Belval, et à la Deutsche-Luxemburgische, à Differdange et à Rumelange. Peut-être fut-il également au courant des tractations de Felten & Guilleaume pour s’implanter également dans le pays ? Mais sa réaction intervint aussi au lendemain de la fusion des Hauts-fourneaux et forges de Dudelange, de Le Gallais, Metz & Cie et des mines du Luxembourg et des Forges de Sarrebruck pour donner naissance à l’Arbed. Cette dernière, comme les groupes rhéno-westphaliens, eut la particularité de posséder des emprises dans le Grand-Duché et dans le Reich wilhelminien. Toutes ces sociét...

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