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L’avortement en Irlande : 1983–2013

Dimensions religieuses, socioculturelles, politiques et européennes

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Edwige Nault

Alors que les sociétés modernes occidentales poursuivent des politiques permissives en matière d’avortement, la République d’Irlande est le seul pays en Europe à avoir inscrit le droit à la vie de l’« enfant à naître » dans sa constitution. Cette question, conditionnée par la doctrine religieuse, est utilisée comme un moyen d’observation privilégié du processus de sécularisation envisagé ici comme la perte d’autorité de l’Église catholique sur les attitudes, les comportements et l’État. Ce livre contextualise le sujet dans le cadre social, culturel, politique, religieux et identitaire d’un pays en pleine mutation, ainsi que dans l’espace européen.
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Conclusion de la troisième partie

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Nous avons expliqué que l’Irlande revendique le refus de l’avortement pour des raisons de nature essentiellement identitaire, une identité ancrée dans le catholicisme qui émergea au XIXe siècle lors de la lutte pour l’indépendance. La religion était hégémonique et réglait la vie des Irlandais dans de nombreux domaines (éducation, santé, morale). Le système de croyances catholiques sur l’éthique sexuelle a alors conditionné la politique irlandaise sur la « vie à naître » qui fait figure d’exception en Europe. Lorsque la question s’invite à l’échelle européenne, l’Irlande se replie sur son interdiction constitutionnelle.

L’Irlande a protégé sa politique anti-avortement de toute intrusion provenant de l’Europe, restant fidèle à son identité catholique. Elle a pris soin de négocier des protocoles pour rassurer l’électorat lors des référendums visant à autoriser la ratification des traités européens par le gouvernement. De la même façon, au Conseil de l’Europe, les députés irlandais se sont assurés d’être présents lorsqu’une résolution pouvant menacer la « vie à naître » était en voie d’adoption.

Nous avons aussi montré que l’Europe était largement favorable aux droits de la femme et à sa santé reproductive. En ce sens, elle invite les États membres à garantir l’accessibilité à des services d’avortement sûrs et légaux. Cependant, cette attitude bienveillante reconnaissant la liberté des femmes à disposer de leur corps est envisagée avec une extrême prudence par les cours...

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