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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Conteur

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Romain Rolland décelait déjà « le tumulte du génie » dans les deux premières lettres-confessions qu’un inconnu lui avait destinées. Il l’avait encouragé à écrire et, dès le premier texte reçu, deux mois plus tard – Une rencontre, publiée dans Le Pèlerin du cœur – il a pu apprécier sans réserve « le don de conteur » de son correspondant. Deux ans plus tard, en 1923, Kyra Kyralina lui semblait confirmer à tel point ses attentes que la préface sera enthousiaste : « Il est conteur-né, un conteur d’Orient, qui s’enchante et s’émeut de ses propres récits »… On imagine la satisfaction du conteur-né, qui savait que son confrère n’appréciait rien au-dessus des Mille et une Nuits, dont il l’invitait à donner la suite, en écrivant les Mille et un jours de sa vie et de ses rêves.

Eh bien, on imagine mal. D’abord, parce que le conteur d’Orient n’avait pas lu les Mille et une Nuits : il ne connaissait que l’histoire d’Aladin et de sa lampe merveilleuse et le reste ne sera découvert – avec un plaisir énorme – qu’en 1933, chez son ami Adrien de Jong50. Ensuite parce qu’il pensait que ce type de récit attribué par Romain Rolland et les autres ne correspondait pas exactement à ses intentions. Avant même de publier Kyra Kyralina il se déclarait « obsédé par l’idée que je fais mal d’écrire. Je crois qu’on me prendra pour un raconteur...

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