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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Oncle Dimi

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« … des drames sans nom… ». Le frère de l’Oncle Anghel et de la mère de l’auteur apparaît dans un récit de quelques pages, intitulé Une nuit dans les marais, ouvrant le cycle de La Jeunesse d’Adrien Zograffi392. Il est le protagoniste d’un incident dramatique, survenu lors d’une coupe illégale de roseau, dans les marais du boyard. Etant extrêmement pauvre et n’ayant aucun autre moyen de nourrir sa nombreuse famille, l’oncle s’exposait pour quelques sous au risque de se faire arrêter par le garde-marais.

« … malgré ce qu’on pourrait croire, tout le monde aimait Dimi… » L’incident est situé sur un fond de misère quotidienne à cause de laquelle Oncle Dimi buvait et battait régulièrement sa femme ou, de temps en temps, volait l’argent que sa pieuse mère Nedelea destinait à ses bonnes œuvres. De même que l’épouse, la vieille mère réussissait, en dépit de sa grand-peine, à ne pas prononcer « le mot impardonnable » (la malédiction) : elles pardonnaient et même continuaient à aimer, comme tous les autres, cet homme colérique mais attachant, qui jouait merveilleusement de la flûte (signe indubitable de bonté et de sensibilité dans tous les textes istratiens). Mais c’est la bonté des autres qui me paraît importante dans ce récit : Oncle Dimi évoluait au fond, comme Codine dans le texte suivant du volume, sur une corde raide, pouvant à tout moment basculer du côté du bien ou du mal...

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