Show Less
Restricted access

Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
Show Summary Details
Restricted access

Tsatsa-Minnka

Extract



« …une des meilleures choses que j’ai faites, une violente fresque de pays et passions de mon “Embouchure”, pure et simple. Un volume habituel, très uni. Son titre : Tsatsa Minnka405 ». Indubitablement, Panaït Istrati avait pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre, qu’il appréciait comme « quelque chose de bien beau ». Reste à savoir pourquoi il considérait sa fresque violente, tandis qu’un lecteur avisé comme son ami Adrien de Jong n’y reconnaissait pas « la griffe du lion » de jadis : le roman lui semblait « trop angélique, trop “chrétien” »406.

Il l’est, en effet, sauf qu’une tristesse désabusée déteint sur l’angélisme et qu’aucune foi ne transfigure l’éloge de la bonté dont il semble faire sa signification principale. L’acceptation sereine de la vie, dont il donne l’exemple, ressemble à ce rire apparu sur les visages baignés de larmes de Kyra et de ses enfants : elle ne colmate pas les déchirements et ne compense pas les pertes. Si les personnages principaux de ce livre fredonnent parfois un refrain (le texte donne même deux lignes de partition pour nous faire entendre la mélodie), c’est comme un chant de cygne, de même que ce livre en paraît être un à son auteur même, deux années plus tard : selon lui, il commence avec « les élans de jadis, pour expirer tout de suite, comme un chant de cygne »407.

« …son beau visage reflétait une âme riche de songes...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.