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Langage et Narration dans «Voyage au bout de la nuit» et «Mort à crédit» de Louis-Ferdinand Céline

Vincent Tchamy Kouajie

Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit de Louis-Ferdinand Céline sont deux romans dont les spécificités du langage assurent l’émergence de la narration et de la construction du sens. Les rapports entre langage et narration qui se dégagent des microanalyses se déclinent sous formes de procédés linguistiques que prennent certaines composantes formelles du récit. Ces procédés linguistiques par ricochet scandent et dynamisent le récit. La précision de la cohérence structurelle et narrative de ces romans, à première vue épisodiques, se situe au cœur de cette recherche. L’application de différents concepts de narratologie et des sciences du langage imposent à l’analyse une démarche multiperspectiviste. Cette recherche présente un récit célinien syntagmatique plutôt que paradigmatique.
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1. Introduction générale

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Louis Ferdinand Céline fait parti de la gamme d’auteurs dont la première production littéraire correspond moins à un coup d’essai qu’à un coup de maître. La raison se trouve dans l’originalité du style1 qu’il introduit dans la rédaction de Voyage au bout de la nuit, roman par lequel l’écrivain fait son entrée triomphale dans le monde de la littérature française du début du 20e siècle, et établit du même coup sa notoriété. Ce style, ou plus précisément ce langage2 nouveau, « dont le talent était trop neuf pour ne pas brûler les yeux »3 des critiques, connaitra un développement beaucoup plus expressif et coloré dans le second roman Mort à crédit. Partant, la place primordiale qu’occupe le langage dans les romans de Céline fait de toute lecture qui étudie les moyens linguistiques mobilisés par le narrateur dans la présentation de sa narration, une entreprise délicate sans doute, une véritable gageure. Henri Godard le reconnait bien lorsqu’il affirme que :

Aborder aujourd’hui l’étude des deux premiers romans de Céline par celle des mots avec lesquels ils sont écrits, de la manière dont ces mots sont mis en contact, et des effets de divers ordres qui naissent d’eux, ce n’est pas voir les choses par le petit ← 17 | 18 → coté.4

Cette affirmation trouve un écho chez Régis Tettamanzi, lequel souligne le soin que le...

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