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Lieux de vie, lieux de sens

Le couple lieu / identité dans le roman belge contemporain- Rolin-Harpman-Feyder-Lalande-Lamarche-Deltenre

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Judyta Zbierska-Moscicka

Perçue comme un « entre-deux » ou un « carrefour », la Belgique se définit volontiers en termes spatiaux. L’idée d’enracinement lui est chère au même degré que celle d’errance. La littérature thématise cette oscillation entre le dedans et le dehors en recourant à une imagerie complexe, tributaire de la sensibilité de chaque auteur, ainsi que des circonstances historiques et sociales qui le concernent. La période examinée (1960-2012), correspond, dans les représentations romanesques, à un démantèlement progressif de l’objet « maison », processus qui fait écho à des mutations profondes relatives aux phénomènes sociaux liés à l’évolution du sentiment identitaire. L’analyse thématique renouvelée par les apports de la sociologie de l’individu fournit un éclairage nouveau sur les œuvres étudiées.
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Conclusion générale

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En termes d’espace, la littérature belge semble osciller entre deux groupes de représentations qui s’assemblent autour des deux idées-clefs, conformes celles-ci à la logique bipolaire de la périodisation, conférant à des phénomènes esthétiques un caractère tantôt centrifuge, tantôt centripète. Les phénomènes à caractère centrifuge, symboliquement concentrés sur l’expression de l’originalité et de la singularité belges, correspondraient ainsi à des représentations spatiales privilégiant la Belgique, des espaces culturellement marqués et reconnaissables, souvent toponymisés, représentations qui, transposées sur le plan de l’expérience individuelle, se ramèneraient à l’image de la maison familiale. À cette image conviendrait l’idée de sédentarité et d’enracinement, insistant sur l’importance déterminante et durable du milieu d’origine dans la formation identitaire. Une sorte d’espace communautaire donc où à l’individu s’imposent certaines valeurs préassignées. À l’opposé se situeraient les phénomènes à caractère centripète, dénotant une ouverture et une perméabilité à des influences et valeurs venues de l’extérieur, préoccupés d’une espèce de neutralité garante de l’universalisme. S’y rangeraient des représentations d’un espace non marqué ou non belge, volontiers indéfini, où aucun lien durable ne se forme, et qui, au niveau individuel, auraient pour emblème une chambre d’hôtel, anonyme et impersonnelle, ainsi que le penchant à l’errance peu soucieuse d’attaches quelconques.

La période envisagée dans le présent ouvrage habite cet entre-deux qui se nourrit...

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