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« Du divin et des dieux »

Recherches sur le « Peri tôn tou theou » de Paul Valéry

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Edited By Franz Johansson, Fabienne Mérel and Benedetta Zaccarello

Par sa richesse, sa profondeur, sa singularité, le Peri tôn tou theou ou Dialogue des choses divines revêt, en dépit de son caractère inachevé, une importance considérable et un statut unique à l’intérieur de l’œuvre de Paul Valéry. Les contours et les ambitions de ce travail protéiforme, les circonstances de sa genèse et les raisons de son inachèvement donnent lieu ici à de minutieuses analyses. Faisant émerger une intertextualité souvent inattendue et des résonances autobiographiques, les recherches mettent également en lumière la complexité du réseau conceptuel développé par Valéry autour du divin, et l’originalité de son attitude vis-à-vis de sujets – la religion, la mystique, l’Eros – qui ont hanté l’écrivain bien au-delà de ce que l’œuvre publiée de son vivant n’aurait laissé deviner.
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Le Peri tôn tou theou et L’île Xiphos

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Si jamais je fais le Peri tôn tou theou la joie de voir naître l’enfant y doit figurer. (f° 139)

Cette joie de « voir naître l’enfant », notée par Valéry dans un feuillet tardif du dossier Peri tôn tou theou, n’a pu être éprouvée par lui ; sa figuration n’a pas été réalisée non plus – l’enfant n’est pas venu au monde des Belles-lettres. Le Dialogue des choses divines restera ainsi un projet littéraire en chantier, parmi tant d’autres dans l’œuvre valéryenne, poursuivi pendant plus de deux décennies et gagnant, au fil des années, de plus en plus d’importance.

Valéry part dans les années 1921/1922 d’une idée claire, déterminée par les trois lettres grecques « Δια » (pour « dialogue ») : la conception dialogique – ou discursive, pour utiliser un terme plus moderne – est donc favorisée1. Le projet sera ensuite placé sous les titres Des choses divines, Peri tôn tou theou, ou simplement Péri, ou encore sous le sigle Θ (Thêta). Ce dialogue à la manière socratique, qui se construit au fil des folios recueillis dans le dossier Peri tôn tou theou et, parallèlement, dans les notes des Cahiers, restera inachevé : il se situe d’emblée dans la sphère de la pensée mythique. Par modestie ou par souci d’autocritique, son auteur a bien voulu admettre à propos des savoirs qui ont pu alimenter sa pensée :

Si l’on...

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