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Quête ésotérique et création poétique dans «Anabase» de Saint-John Perse

Laurent Fels

Le poème Anabase (1924) constitue une réflexion approfondie sur la création poétique de Saint-John Perse dont le présent ouvrage essaie de retracer les différentes étapes. Autour de cette exploration des étendues d’un continent que l’on ne saurait localiser avec précision – mais aussi d’un inconscient où germent les vers d’une épopée née de l’ambiguïté – se dégage un véritable rituel poétique que vient enrichir le goût pour cette nouvelle science apparue à la fin du XIX e siècle qu’est la psychanalyse. Le poème, qui tire son originalité de ses richesses ésotériques, philosophiques, psychanalytiques et scientifiques, devient un véritable lieu de rencontre d’inspirations et de savoirs divers.
L’étude que voici se donne un double objectif : analyser le parcours ésotérique du poète, c’est-à-dire partir de l’« anabase extérieure » (chevauchée à travers un continent, puis destruction des terres par la violence et finalement création d’une nouvelle ville) pour aboutir à cette « anabase intérieure » qui mène au Moi profond du poète : c’est le « point sensible » du front « où le poème s’établit ». Quelle importance faut-il accorder à la dimension psychanalytique lorsque nous lisons Saint-John Perse ? Le poème peut-il être défini comme un miroir de l’inconscient ? Voilà quelques-unes des interrogations qui ont guidé l’auteur du présent livre dans sa lecture intéressante et originale de cette œuvre extrêmement riche.
Contenu : Au commencement était la destruction – De la nuit cosmique à la fondation de la ville. Un projet ambigu – L’Anabase comme apologie du mouvement – La terre livrée aux explications. Le symbole comme métaphore du réel – Du monde extérieur au repli sur soi – La figure de l’Étranger ou l’alter ego du Narrateur – Le poème comme création subliminale.