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Les émotions dans le discours / Emotions in Discourse

de Peter Blumenthal (Éditeur de volume) Iva Novakova (Éditeur de volume) Dirk Siepmann (Éditeur de volume)
Comptes-rendus de conférences 436 Pages

Résumé

Comment les mots permettent-ils d’appréhender ces objets obscurs que sont nos emotions ? Diverses langues européennes offrent-elles les mêmes perspectives sur cette réalité mouvante, explorée aussi par plusieurs disciplines appliquées (didactique, lexicographie, traitement automatique des langues) ? Le volume tente de répondre à ces questions en mettant en relief certaines innovations théoriques et méthodologiques en sémantique lexicale et en analyse du discours.
How do words allow us to understand these obscure objects that are our emotions? Do various European languages offer the same perspective on this changing reality, when explored by several applied disciplines (language teaching, lexicography, natural language processing)? This volume offers answers by highlighting theoretical and methodological innovations in lexical semantics and discourse analysis.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur/l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Introduction
  • 1. Combinatoire, synonymie, équivalence interlinguistique
  • À propos des verbes d’émotion en allemand et en français : la sélection du sujet grammatical dans le micro-champ des verbes de la peur, étude quantitative à l’aide de corpus de textes littéraires et journalistiques comparables – Jacques François/Sascha Diwersy
  • 1. Introduction
  • 2. La variété des expressions prédicatives de la peur
  • 3. L’hypothèse classique des tendances inverses de l’allemand et du français en typologie syntaxique et son application aux verbes expérienciels
  • 3.1 L’hypothèse
  • 3.2 L’application
  • 4. Premier examen qualitatif des résultats des deux corpus comparables
  • 4.1 Verbes français
  • 4.2 Verbes allemands
  • 4.3 Invalidation de l’hypothèse
  • 5. Second examen approfondi des corrélations significatives entre verbes et constructions dans les deux corpus comparables
  • 5.1 Constructions verbales vs cadres de rôles sémantiques
  • 5.2 Verbes français
  • 5.3 Verbes allemands
  • 6. Conclusion
  • Bibliographie
  • Extent of Collocational Difference between Languages: a Corpus-based Study of Emotion Nouns – Dirk Siepmann
  • 1. Introduction
  • 2. Background
  • 3. Methodology
  • 3.1 Corpora
  • 4. Results and Discussion
  • Partial equivalence: Two cases may be distinguished here
  • References
  • Scénario cognitif et ‘mises en scène’ des émotions : étude contrastive des concepts de colère et de rage en grec et en français – Fabienne Baider/Maria Constantinou
  • 1. Rapide état des lieux
  • 1.1 Cadre linguistique et cognitif
  • 1.2 Travaux antérieurs
  • 2. Corpus d’exploitation et méthodologie
  • 2.1 Corpus et méthodologie
  • 2.2 Traits saillants
  • 2.3 La coordination et la juxtaposition
  • 3. Métaphores et mises en scène
  • 3.1 Métaphores
  • 3.2 Mises en scène sociale
  • Scène de colère : « Non je ne suis pas énervée, je suis en colère »
  • Scène de rage : « sale fasciste ! », « sale coco ! »
  • Dimension causale :
  • Dimension ontologique :
  • Dimension expressive :
  • 4. Conclusion
  • Bibliographie
  • The Social Nature of ANGER: Multivariate Corpus Evidence for Context Effects upon Conceptual Structure – Dylan Glynn
  • 1. Introduction
  • 2. Method, data and analysis
  • 2.1 Method: Multifactorial Usage-Feature Analysis
  • 2.2 Data: personal diaries
  • 2.3 Analysis: form, meaning, and context
  • 3. Results
  • 3.1 Lexical field and near-synonymy of ANGER
  • 3.2 Event-based evidence of conceptual structure
  • 4. Discussion
  • References
  • Shame and its Near-synonyms in English: a Multivariate Corpus-driven Approach to Social Emotions – Karolina Krawczak
  • 1. Introduction
  • 2. Method, data, and aims
  • 3. Results
  • 4. Summary and conclusions
  • References
  • Les propriétés combinatoires des prédicats de <surprise> en grec moderne – Freiderikos Valetopoulos
  • 1. Introduction
  • 2. Définir la surprise : les différentes approches
  • 2.1 Traduire la surprise
  • 2.2 Le scénario cognitif
  • 3. La combinatoire des prédicats exprimant la <surprise>
  • 3.1 Quelques propriétés syntaxiques
  • 3.2 Le prédicat εκπλήσσομαι
  • 3.3 Le prédicat ξαφνιάζομαι
  • 3.4 Le prédicat παραξενεύομαι
  • 3.5 Le prédicat καταπλήσσομαι
  • 4. En guise de conclusion : la cartographie de la surprise
  • Bibliographie
  • Les termes génériques du vocabulaire affectif : le cas de sentiment et de uczucie – Anna Krzyżanowska
  • 1. Introduction
  • 2. Les termes génériques en français
  • 3. Les termes génériques en polonais
  • 3.1 Les termes du vocabulaire affectif
  • 3.2 Les hyperonymes utilisés dans la définition des noms d’affect
  • 4. Sentiment et uczucie : les contrastes et le degré de similarité
  • 4.1 Selon GRE et TLFi
  • 4.1.1 La compatibilité des noms avec un sentiment de
  • 4.2 Uczucie (‘sentiment’)
  • 4.2.1 La combinatoire des noms avec uczucie
  • 4.3 La combinatoire avec les adjectifs à valeur intensive
  • 4.4 La combinatoire avec les verbes supports
  • 5. Conclusion
  • Bibliographie
  • 2. Combinaisons binaires et/ou stéréotypées
  • Entre hyperonymie et spécification : un drôle de sentiment – Magdalena Augustyn/Francis Grossmann
  • 1. Introduction
  • 2. Objectifs, questions de recherche, corpus
  • 2.1 Objectifs et questions de recherche
  • 2.2 Corpus
  • 3. La polysémie et l’emploi de sentiment comme classifieur
  • 3.1 La polysémie de sentiment
  • 3.2 Le classifieur comme opérateur syntaxique
  • 3.3 Le classifieur comme opérateur sémantique
  • 4. Répartition des occurrences du classifieur sentiment dans EMOLEX
  • 4.1 Le classifieur comme opérateur de désambiguïsation
  • 4.2 Le classifieur comme souligneur métalinguistique
  • 5. Le rôle de la détermination
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • Drang nach Osten: towards a Contrastive Discourse Analysis with Reference to the German ‘Push to the East’ – Torsten Leuschner
  • 1. Introduction
  • 2. The Schlagwort perspective
  • 2.1 Content and history
  • 2.2 Stereotyping and variability
  • 3. The Constructionist perspective
  • 3.1 From construct(ion)s to collostruct(ion)s
  • 3.2 Frame semantics
  • 4. Towards a contrastive, discourse-analytic approach
  • 5. Conclusions and prospects
  • References
  • Le choix de l’intensifieur verbal des noms d’émotions : facteurs linguistico-cognitifs et facteurs discursifs – Ewa Pilecka
  • 1. Introduction
  • 1.1 Collocations intensives de forme V de N
  • 1.2 Corpus
  • 1.3 Verbes intensifieurs et substantifs intensifiés
  • 2. V de N : une association non-univoque
  • 2.1 Une réaction, plusieurs émotions : trembler de + N
  • 2.2 Une émotion, plusieurs manifestations : V + de peur
  • 3. Multiplication des collocations : la part des facteurs linguistiques
  • 4. L’isotopie comme facteur déterminant le choix du collocatif verbal
  • 4.1 Élément déclencheur
  • 4.2 Dédoublement de l’isotopie : sens littéral et sens figuré
  • 4.3 L’aspect ludique de l’isotopie
  • 4.4 L’isotopie « sémiotique »
  • 5. Conclusion
  • Bibliographie
  • 3. Rôles syntaxiques et discursifs
  • L’émotion dans le discours : à la recherche du profil discursif de stupeur et de jalousie – Iva Novakova/Julie Sorba
  • 1. Introduction
  • 2. Cadre théorique et méthodologie
  • 3. Le profil discursif phrastique
  • 3.1 Profil syntaxique : les structures actancielles
  • 3.1.1 Les configurations actancielles dans la phrase nominale
  • 3.1.2 Les configurations actancielles dans la phrase verbale
  • 3.1.3 Positions récurrentes dans la phrase
  • 3.2 Profil lexical : les associations lexicales
  • 3.2.1 Combinaison avec des adjectifs épithètes
  • 3.2.2 Les lexies en série
  • 3.3 Profil énonciatif : la polyphonie des énoncés
  • 4. Le profil discursif transphrastique
  • 4.1 Profil lexical : les réseaux isotopiques
  • 4.2 Profil textuel : les colligations textuelles
  • 5. Conclusion
  • Bibliographie
  • Caractéristiques et effets de la complexité sémantique de noms d’affect – Peter Blumenthal
  • 1. Mots évoquant des tranches de vie : perspective contrastive
  • 2. Le cas de dépit : dimension textuelle et fragmentation de la complexité
  • 3. Types de figement et saturation du nom
  • 4. Combinatoire prépositionnelle d’un nom polysémique : le cas d’envie
  • 5. De la complexité à la prégnance sémantique
  • 6. Hypothèses finales
  • Bibliographie
  • Surprise vs étonnement : comportement discursif et perspectives contrastives – Beate Kern/Anke Grutschus
  • 1. Introduction
  • 2. Méthodologie
  • 3. Observations
  • 4. Analyse discursive
  • 4.1 Niveau intralinguistique
  • 4.2 Niveau interlinguistique
  • 4.2.1 Sorpresa comparé à surprise
  • 4.2.2 Überraschung comparé à surprise
  • 5. Conclusion
  • Bibliographie
  • Émotions et scénarios : questionnements méthodologiques pour une approche discursive – Georgeta Cislaru
  • 1. Notions et méthode
  • 1.1 Scénarios et émotions
  • 1.2 Texte et émotions
  • 2. Observables et catégories interprétatives : définition et illustrations
  • 2.1 Nature des unités
  • 2.2 Traits pertinents : le cas des noms d’affect
  • 2.3 Observables de nature sémantique
  • 2.4 Observables relevant du niveau textuel
  • 2.5 Catégories interprétatives et application à l’analyse des scénarios
  • 3. Approche longitudinale
  • 3.1 Construction du scénario
  • 3.2 Ajustement de l’intensité
  • 3.3 Ajustement de l’aspectualité
  • 3.4 Ajustement du scénario énonciatif
  • 3.5 Ajustement du scénario cognitif
  • 4. Conclusions
  • Bibliographie
  • Rôles discursifs et argumentatifs de la lexie hystérie et de ses entours dans le discours journalistique – Véronique Magaud
  • 1. Corpus et occurrences
  • 1.1 La lexie régie par des déterminants nominaux
  • 1.2 La lexie et ses relationnels
  • 1.3 La lexie associée à des présentatifs et existentiels
  • 2. Rôles discursifs des collocations et structuration de l’information
  • 2.1 Séquences prédicatives et mises en scène des émotions
  • 2.1.1 Mimesis de l’événement et des émotions
  • 2.1.2 Mise en scène exemplaire des émotions
  • 2.2 Prédicat hybride, narration et hiérarchisation des événements
  • 2.2.1 Ellipse et séquence prédicative
  • 2.2.2 Étalon topique et hiérarchisation des points de vue
  • 3. Conclusion
  • Bibliographie
  • À la recherche du profil syntaxique des noms d’affect – Agnès Tutin
  • 1. Introduction
  • 2. Méthode
  • 3. Les noms d’affect dans les configurations de type Naffect V ou V Naffect
  • 4. Les structures Pro-Expérienceur V Naffect ( j’éprouve de la jalousie) et Naffect V Expérienceur (la peur me paralyse)
  • 4.1 La structure Naffect V Expérienceur : la joie le submerge, l’angoisse le dévore
  • 4.2 La structure Pro-Expérienceur V Naffect : il a une grande admiration
  • 5. Bilan et conclusion
  • Bibliographie
  • 4. Liens textuels et signaux pragmatiques
  • Patterns of Emotive Lexis and Discourse Organization in Short Stories by James Joyce – Michael Stubbs
  • 1. Corpora and texts
  • 2. Dubliners: main themes
  • 3. Dubliners: narrative structure
  • 4. Two stories: Eveline and A Little Cloud
  • 5. Raw word frequencies, relative word frequencies (keywords) and range
  • 6. Keywords and key semantic domains
  • 7. Cyclic procedures
  • 8. Lexical “burstiness” and narrative structure
  • 9. A visual representation of narrative structure
  • 10. A hypothesis: uneven word distribution and narrative structure
  • 11. Binary contrasts and evaluative vocabulary
  • 12. Summary and conclusion
  • Acknowledgements
  • References
  • APPENDIX
  • L’affect et les émotions dans la construction du discours argumenté – Viviane Arigne
  • 1. Emplois plus émotifs et emplois plus intellectuels
  • 1.1 Emplois de type émotif
  • 1.2 Emplois plus intellectuels
  • 2. Interprétation des emplois moins émotifs et plus intellectuels : les caractères polemic et meditative
  • 2.1 Le caractère polemic : l’élément de mental resistance
  • 2.2 Le caractère meditative
  • 2.3 L’élément de « résistance mentale » est-il toujours sensible ?
  • 3. Discours et argumentation : étude du contexte
  • 3.1 Les raisons de P : des contextes syntaxiques variés
  • 3.2 Des adverbes très fréquemment associés aux marques positives : perfectly, only
  • 3.3 Les connecteurs argumentatifs
  • 3.4 Les explicitations diverses du cheminement mental
  • 4. Conclusion
  • Bibliographie
  • Sources des exemples
  • ‘I’m surprised’/‘Are you surprised?’: Surprise as an Argumentation Tool in Verbal Interaction – Agnès Celle/Laure Lansari
  • 1. Introduction
  • 2. Theoretical issues: how to analyze surprise from a linguistic point of view
  • 3. Syntactico-semantic correlations involving the subject complement I’m/you’re surprised
  • 3.1 surprise: a verb of psychological state
  • 3.2 Focus on the source: various syntactic configurations
  • 3.3 Semantic “dimensions”
  • 4. Pragmatic exploitation
  • 4.1 First-person utterances
  • 4.2 Second-person utterances
  • 5. Conclusion
  • References
  • Corpus data
  • Annotating Sentiment Expressions for Lexical Resources – Voula Giouli/Aggeliki Fotopoulou/Effie Mouka/Ioannis E. Saridakis
  • 1. Introduction
  • 2. Affective language resources: background
  • 3. Corpus: motivation, description and annotation
  • 4. Preliminary results and discussion
  • 4.1 Linguistic data
  • 4.2 Context-dependent issues
  • 4.3 Uncategorized emotion expressions
  • 5. The Greek affective lexical resources
  • 5.1 Existing resources in Modern Greek: Lexicon-Grammar dictionaries
  • 5.2 Towards a Greek affective ontology
  • 6. Beyond lexis: recognizing polarity and intensity in context
  • 6.1 Polarity in context
  • 6.2 Emotion intensity: intensifiers and neutralizers
  • 7. Conclusions and future work
  • References
  • ANNEX
  • Propagation de la charge évaluative au sein de la phrase : principes et étude sur un corpus informatif journalistique – Caroline Langlet/Patrice Enjalbert/Agata Jackiewicz
  • 1. Présentation
  • 2. Principes généraux
  • 2.1 Point de vue conceptuel : l’acte évaluatif, situations et entités
  • 2.2 Point de vue linguistique : énonciation et structure logico-sémantique de la phrase
  • 2.2.1 Le point de vue de l’interprétant
  • 2.2.2 Analyse logico-sémantique de la phrase
  • 3. Configurations logico-sémantiques et propagation évaluative
  • 4. Premiers éléments d’explication : quels modes de propagation ?
  • 4.1 De l’actant évaluativement marqué vers la prédication
  • 4.2 De la prédication vers l’actant
  • 5. Conclusion
  • Bibliographie
  • Adverbes anglais en -ly : attitudes émotionnelles et intersubjectivité en contexte – Raluca Nita
  • 1. L’adverbe d’attitude émotionnelle : aspects du fonctionnement syntaxique et sémantique
  • 2. L’adverbe d’attitude émotionnelle : distribution, classification et ambivalence sémantique
  • 2.1 Données quantitatives du corpus
  • 2.2 L’ambivalence sémantique
  • 2.3 Classements des adverbes
  • 3. L’adverbe d’état émotionnel, marqueur d’intersubjectivité
  • 3.1 Attitude émotionnelle et échange verbal
  • 3.2 Attitude émotionnelle et interactions non verbales
  • Conclusion
  • Bibliographie
  • Sources citées du corpus PLECI
  • 5. Perspectives didactiques
  • Corpus, base de données, cartes mentales pour l’enseignement – Cristelle Cavalla/Mathieu Loiseau/Valérie Lascombe/Joanna Socha
  • 1. Introduction
  • 2. Une liste de mots extraite du corpus
  • 3. Une BD pour linguistes et enseignants
  • 4. Des séquences pour le FLE
  • 5. L’enseignement des collocations
  • 6. Choix de cartes mentales
  • 7. Exemple de pistes didactiques
  • 8. Bilan et discussion
  • Bibliographie
  • L’intensification comme outil didactique dans l’enseignement/apprentissage des collocations d’une langue étrangère : le cas de l’arabe moderne – Faten Hobeika-Chakroun
  • 1. Introduction
  • 2. Les collocations intensives : fréquence élevée et exemples types des linguistes
  • 2.1 L’intensification des collocations : fréquence élevée dans le discours
  • 2.2 La collocation intensive, un exemple type
  • 3. Exercices didactiques
  • 3.1 Exercice 1 : relever les collocatifs intensificateurs
  • 3.2 Exercice 2 : restituer les collocatifs intensificateurs (exercice à trous)
  • 3.3 Exercice 3 : relever les « compléments absolus » en arabe
  • 3.4 Exercice 4 : composer des phrases avec les collocations apprises (production)
  • 3.5 Enrichir la combinatoire lexicale (à l’aide d’un corpus électronique et de dictionnaires)
  • 3.5.1 Exercice 5 : élargir les bases qui s’associent aux collocatifs appris
  • 3.5.2 Exercice 6 : enrichir les profils combinatoires des bases
  • 4. Conclusion
  • Bibliographie
  • Les séquences lexicalisées à fonction discursive comme outil d’aide à l’écriture auprès des étudiants étrangers – Thi Thu Hoai Tran
  • 1. Introduction
  • 2. Séquences lexicalisées à fonction discursive
  • 2.1 Différents travaux sur les marqueurs discursifs
  • 2.2 Séquences polylexicales à fonction discursive
  • 3. Méthodologie
  • 3.1 Corpus
  • 3.2 Extraction des séquences lexicalisées à fonction discursive
  • 4. Premiers traitements
  • 5. Perspectives
  • Bibliographie
  • 6. Apports de l’informatique
  • SynTagRus – a Deeply Annotated Corpus of Russian – Igor Boguslavsky
  • 1. Introductory remarks
  • 2. Text corpora of Russian
  • 3. The SYNTAGRUS Treebank
  • 4. Lexical-semantic annotation
  • 5. Lexical-functional annotation
  • 6. How can SynTagRus be used?
  • References
  • Exploring Combinatorial Profiles Using Lexicograms on a Parsed Corpus: a Case Study in the Lexical Field of Emotions – Olivier Kraif/Sascha Diwersy
  • 1. Introduction
  • 2. Theoretical background
  • 3. Methodological choices
  • 3.1 Corpus composition
  • 3.2 Selection of combinatorial information
  • 3.3 Type of co-occurrence
  • 4. Displaying the lexicograms
  • 4.1 Bar chart
  • 4.2 Multivariate analysis
  • 4.2.1 Hierarchical agglomerative clustering (HAC)
  • 4.2.2 Correspondence analysis (CA) and multi-dimensional scaling (MDS)
  • 5. Extraction of complex collocations
  • 6. Conclusions
  • References
  • Présentation d’un thésaurus des mots d’affects : théorie, méthodes et applications – Denis Le Pesant/Paul Sabatier/Max Silberztein/Marie-Hélène Stéfanini
  • 1. Introduction
  • 2. Des ressources linguistiques pour le traitement automatique des langues
  • 3. Présentation d’un thésaurus des mots d’affects
  • 4. Deux applications au TAL du thésaurus des affects
  • 5. Conclusion
  • Bibliographie
  • 7. La combinatoire en diachronie
  • Contrôle et répression des émotions ( peur, colère) : étude diachronique dans le corpus Frantext (1500–2000) – Matthieu Pierens
  • 1. Le classement des verbes exprimant le contrôle et la répression des affects
  • 1.1 La délimitation des champs de la colère et de la peur
  • 1.2 Le corpus Frantext
  • 1.3 La classification des verbes exprimant la répression et le contrôle des affects
  • 1.3.1 La maîtrise des affects
  • 1.3.2 La répression des affects
  • 1.3.3 La dissimulation de l’affect
  • 1.3.4 La suppression de l’affect
  • 1.3.5 L’évacuation de l’affect
  • 1.3.6 La diminution de l’affect
  • 2. L’évolution de la conceptualisation du contrôle et de la répression des affects
  • 2.1 Le XVIe siècle
  • 2.2 L’âge classique : le XVIIe et le XVIIIe siècle
  • 2.3 Le XIXe siècle
  • 2.4 Le XXe siècle
  • 3. Conclusions
  • Bibliographie
  • Les collocatifs nominaux des prépositions en, dans et dedans au XVIe siècle – Louise Royer/Denis Vigier
  • 1. Introduction
  • 2. La situation des prépositions en, dans et dedans au XVIe siècle
  • 2.1 Observations d’ordre quantitatif
  • 2.2 Les raisons du succès de dans : l’hypothèse de Darmesteter
  • 3. Étude des collocatifs nominaux pour les prépositions en, dans et dedans au XVIe siècle
  • 3.1 Étude des collocatifs nominaux partagés
  • 3.2 Étude des collocatifs spécifiques
  • 4. Conclusion
  • Bibliographie

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Introduction

Au commencement du colloque tenu à l’université d’Osnabrück (6–8 février 2013), qui a donné lieu à la présente publication, était le projet EMOLEX (« Le lexique des émotions dans cinq langues européennes : sémantique, syntaxe et dimension discursive », www.emolex.eu), financé par la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG) et l’Agence Nationale de la Recherche (ANR, France). EMOLEX avait pour objectif d’analyser, dans une perspective contrastive et sur la base de grands corpus littéraires et journalistiques, le lexique des émotions en français, allemand, anglais, espagnol et russe. Sur le plan théorique, le projet partait inévitablement d’une base onomasiologique : le concept même de lexique des émotions renvoie à un domaine de la réalité que le linguiste suppose représenté par un certain nombre de mots dans chacune des langues en question. Sans une telle hypothèse sur l’existence des « choses » (en l’occurrence des émotions), une comparaison entre les mots désignant ces dernières n’aurait guère eu de sens. Or, toute l’histoire de la sémantique a montré la nécessité méthodologique d’alterner et d’associer ces points de vue fondamentaux et complémentaires qu’offrent l’onomasiologie et la sémasiologie. Cette dernière discipline nous incite à « faire la part des mots » et à tenir compte du fait que chaque unité lexicale suggère une certaine vision de son référent. Rien n’empêcherait de considérer ce même référent sous un autre angle, et les synonymes ou les équivalents dans d’autres langues peuvent effectivement le présenter dans une perspective différente. Voilà des idées connues depuis les grands travaux européens sur la synonymie au XIXe siècle – ne mentionnons que le nom du philosophe et lexicographe français Pierre-Benjamin Lafaye. Bref, la « perspectivisation » accomplie par le mot, chère aux sémanticiens cognitivistes de nos jours, n’est pas forcément une idée neuve en Europe, où toute sémantique valable a sans doute toujours été cognitive, même avant la lettre.

Or, puisque c’est par le contexte habituel du mot que se manifeste la perspective imposée aux choses, l’étude de son voisinage acquiert une importance capitale pour le sémanticien. Si celui-ci veut explorer ce que suggère le mot pour l’interprétation de la réalité désignée, il doit se pencher sur son « emploi » (Gebrauch) au sens de Ludwig Wittgenstein. Le lecteur de ces lignes se doutera que l’hypothèse wittgensteinienne a rapproché l’orientation méthodologique d’EMOLEX du contextualisme britannique, représenté entre autres par John Sinclair. Dans le prolongement de cette approche, nous nous sommes employés à tirer profit des apports du traitement automatique du langage qui, appliqué aux corpus de plusieurs langues, a permis de donner une assise statistique fiable à nos réflexions sur l’environnement sémantique et syntaxique des mots d’affect. ← 9 | 10 →

La gamme des résultats de nos recherches, menées de front à Grenoble, Cologne et Osnabrück, va de la connaissance approfondie du comportement combinatoire et distributionnel de centaines de mots dans les cinq langues, vers des applications concrètes (traductologie, didactique, lexicographie), mais aussi vers des objectifs plus théoriques ; parmi ceux-ci, on peut citer les recherches sur la capacité des mots d’affect à faire prévoir l’organisation du texte, ou l’étude détaillée de scénarios qui structurent notre imaginaire en matière d’émotions.

Notre appel à communications pour le colloque d’Osnabrück ne privilégiait pas exclusivement le champ des émotions, mais mettait l’accent sur le caractère novateur des méthodes en sémantique lexicale et sur la perspective textuelle. Las, plus des deux tiers des conférences, comme des contributions retenues pour publication, portent sur les émotions, thème décidément en vogue, mais aussi thème fédérateur dans la mesure où il s’avérait apte à mettre en contact différents groupes de chercheurs européens travaillant dans une perspective méthodologique semblable.

C’est sans doute la notion de combinatoire, avec toutes ses implications sémantiques, syntaxiques et distributionnelles, qui pourrait le mieux servir de dénominateur commun à la grande majorité des contributions de ce volume. Elle représente parfaitement l’idée d’interface qui se trouve au centre d’un grand nombre de travaux de la linguistique moderne. Notion charnière, donc, à partir de laquelle on peut aller vers des horizons très divers, esquissés dans les réflexions ci-dessus. Ce faisant, il est naturel de passer parfois presque insensiblement d’une problématique à caractère lexicologique vers des analyses de la structure actancielle dont relève le mot-pivot, ou bien vers des observations propres à la pragmatique ou la linguistique textuelle. Il se manifeste donc, dans ce domaine, une tendance au glissement thématique, parfois progressif, qui fait certainement l’un des charmes de la problématique, mais s’avère être un casse-tête pour les éditeurs censés regrouper les articles sous des rubriques claires et simples. Signalons donc au lecteur la valeur toute relative des titres des chapitres de la présente publication, qui ne focalisent qu’un des aspects de contributions pouvant parfois aussi bien figurer ailleurs. Cela dit, il est vrai que certains articles, axés par exemple sur un problème diachronique ou bien sur les manifestations de la subjectivité de l’énonciateur, ne se rattachent au noyau thématique dur que par ce que Wittgenstein aurait qualifié de ressemblance de famille.

L’ordonnancement des chapitres de la table des matières reflète un double mouvement, allant à la fois des thèmes centraux vers des sujets plutôt périphériques, et des lieux fréquentés par la majorité des contributeurs vers des chemins moins battus, qui ne deviennent pas pour autant des sentiers solitaires. Ainsi, la première section, se focalisant sur quelques thèmes centraux de la combinatoire en synchronie, compte bien plus d’articles que la dernière, qui fait pressentir l’immense ← 10 | 11 → intérêt de recherches diachroniques en la matière. Peut-être le lecteur sera-t-il même tenté de conclure que les domaines « périphériques » au sens précisé (en l’occurrence didactique, informatique et diachronie), en quelque sorte sous-représentés dans notre publication, paraissent particulièrement prometteurs quant aux perspectives qu’ils offrent à la recherche future.

Quant aux problématiques susceptibles d’accéder, dans un avenir prévisible, au premier plan des préoccupations de la sémantique, jouons un moment au prophète : il paraît probable que les progrès de l’imagerie cérébrale permettront de soulever un coin du voile qui couvre encore, pour l’essentiel, l’arrière-plan neurolinguistique des questions sémantiques traitées ici, perspective qui ne manquera pas de stimuler puissamment l’activité de recherche et la collaboration entre les disciplines concernées. Pour ce qui est de la sphère thématique faisant l’objet des contributions qui suivent, nous pensons, entre autres, aux problèmes liés à la fréquence d’emploi et à la cooccurrence stéréotypée, aux collocations, au figement et aux expressions figurées. Notre brève présentation des travaux contenus dans ce volume débouche ainsi sur une invitation à l’interdisciplinarité – dont on ne peut que souhaiter un ancrage toujours plus solide dans les pratiques de recherche en sciences du langage. Nous tenons à exprimer notre gratitude à Anke Grutschus et à Beate Kern, qui ont préparé le manuscrit avec compétence et efficacité.

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1. Combinatoire, synonymie, équivalence interlinguistique

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À propos des verbes d’émotion en allemand et en français : la sélection du sujet grammatical dans le micro-champ des verbes de la peur, étude quantitative à l’aide de corpus de textes littéraires et journalistiques comparables

Jacques François* & Sascha Diwersy**

Abstract

Based on the exploration of two comparable corpora of contemporary journalistic and literary texts, this chapter provides a detailed study of the different configurations of semantic roles and the constructions related to a small group of stative and/or causative verbs of emotion in French and German. Contrary to the hypothesis derived from observations made by L. Malblanc and L. Tesnière, that the Stimulus is more frequently selected as subject in French and the Experiencer in German, our contrastive analysis reveals that there is great similarity at the level of semantic-role frames, but some remarkable differences in the constructions associated with the French verbs inquiéter and terroriser, and with the German verbs erschrecken and fürchten.

Résumé

À partir de l’exploration de deux corpus comparables constitués de textes journalistiques et littéraires contemporains, cet article étudie en détails les différentes configurations de rôles sémantiques et les constructions associées à un petit groupe de verbes d’émotion statifs et/ou causatifs en français et en allemand. À l’inverse de l’hypothèse – dérivée d’observations empruntées à L. Malblanc et L. Tesnière – selon laquelle le Stimulus est plus souvent sélectionné comme sujet en français et l’Expérient en allemand, notre analyse contrastive révèle une grande similarité au niveau des rôles sémantiques mais de notables différences dans les constructions associées aux verbes français inquiéter et terroriser et aux verbes allemands erschrecken et fürchten.

1. Introduction

La présente contribution vise à compléter dans une perspective quantitative – à l’aide d’un jeu de deux corpus comparables, l’un littéraire et l’autre journalistique – deux études contrastives antérieures sur la variété des expressions prédicatives des émotions en français et en allemand (François 1989 et 2000). Ce troisième volet ← 15 | 16 → du triptyque porte spécifiquement sur la comparaison des constructions verbales exprimant l’apeurement dans les deux langues, du point de vue : (a) du choix du verbe ; (b) de la diathèse ; (c) de la sous-catégorisation des actants, plus particulièrement du sujet grammatical.

Il s’agit de tester dans ce micro-champ sémantique une hypothèse contrastive devenue classique depuis les premières observations de Malblanc (1944), reprises par Tesnière dans le livre V, La métataxe, des Éléments de syntaxe structurale (1959), et développées par Malblanc (1968) : selon ces auteurs, dans l’expression des changements d’état, les deux langues sélectionnent de préférence comme sujet un causateur si celui-ci est animé. En revanche, elles divergent s’il y a dans le cadre prédicatif du verbe un causateur non animé : celui-ci est sélectionné de préférence comme sujet en français, mais en allemand c’est le patient qui est généralement sélectionné comme sujet en présence de ce type de causateur (cf. Malblanc 1968, 242–243 ; Tesnière 19692, 295–298 ; François 1973). Cependant, le causateur reste généralement en tête de phrase. Le jeu des constructions est donc formulable ainsi (tableau 1) :

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Tableau 1 : résumé des observations de L. Malblanc et L. Tesnière sur l’expression privilégiée en français et en allemand des représentations de changements associant un Patient et une Cause

2. La variété des expressions prédicatives de la peur

Le premier chapitre de François (1989) propose un mode de représentation des familles morphosémantiques « transprédicatives » inspiré de Chafe (1970). Six types de prédication verbale sont distingués : les prédications d’état, de processus, d’action, et celles de qualité d’état, de processus et d’action, avec pour chaque famille morphosémantique un nœud-source et cinq nœuds intermédiaires ou cibles. ← 16 | 17 →

En comparant la famille d’ANGOISSE (cf. François 1989, 57, tableau 10) et celle de SCHRECK (56, tableau 9), on constate que le nœud-source1 est d’un type différent. Pour ANGOISSE, c’est la prédication d’action : N0 angoisse qn, pour SCHRECK c’est celle de processus : jd (er-)schrickt/jd bekommt einen Schreck (vor N1). En français, trois types de prédication dérivent directement de celle d’action :2

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Tableau 2 : prédications d’Action, de Processus et de Qualité d’action pour le verbe angoisser

En allemand il en est de même, mais la prédication-source est du type « Processus » :

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Tableau 3 : prédications de Processus, d’Action et de Qualité de processus pour la racine - schreck- en allemand

Dans les deux familles, de nouvelles prédications sont dérivées à partir de constructions intermédiaires. Ce sont pour le français celle de Qualité de processus, et pour l’allemand celle de Qualité d’action, l’opération dérivationnelle étant une formation de prédicat de qualité.

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Tableau 4 : formation des prédications de Qualité ← 17 | 18 →

François (2000) croise le classement primaire des types de prédication : {état | processus | action}, et le classement secondaire des moyens d’expression : {verbal | attributif | phraséologique}, et l’applique au vocabulaire des émotions. Le tableau 5 (cf. Annexe) applique ce classement à deux niveaux à quatre bases3 morphologiques du français et de l’allemand.

L’analyse du degré de couverture de la grille en fonction des bases morphologiques, des types de prédication, des modes d’expression et de la langue permet plusieurs observations :

a) Selon le classement par base morphologique : *FURCHT* fonctionne différemment des sept autres bases avec trois lexicalisations sur neuf (valeur minimale), en particulier de *ANGST* avec huit sur neuf (valeur maximale). Cela tient au fait que (sich) fürchten et (etw|dass P) befürchten expriment des états émotifs et non des actions ou des processus, ce qui bloque la formation de constructions verbo-nominales (qui supposent un verbe support d’action causative) et de structures attributives par absence d’un adjectif exprimant l’état émotif ( furchtsam exprime une qualité d’état ≈ craintif).

b) Selon le classement par {type de prédication * mode d’expression} :

i. on observe une bonne couverture des structures attributives d’état (8/8), des structures verbales d’action (7/8) et des structures phraséologiques (constructions à verbe support plus ou moins figées) d’action (6/8) et de
processus (6/8) ;

ii. et en revanche une mauvaise couverture des structures verbales d’état (1/8), des structures attributives de processus (2/8), des structures phraséologiques d’état (2/8) et des structures attributives d’action (3/8) ;

iii. on peut donc en conclure qu’il existe des corrélations privilégiées : structure verbale ↔ action ; structures attributives ↔ état ; structures phraséologiques ↔ action et processus.

iv. Globalement, les structures verbales ont une couverture de 50%, les structures attributives de 54% et les structures phraséologiques de 58%. Les expressions d’action ont une couverture de 67%, celles de processus de 50% et celles d’état de 46%. La variation est donc limitée, à l’exception des expressions d’action (toutes causatrices d’un changement d’état émotif) qui sont privilégiées, ce qui suggère que le besoin principal de ← 18 | 19 → communication n’est pas l’expression d’un état ou d’un changement émotif mais d’une action causatrice de ce changement d’état ;

v. en moyenne, pour les quatre bases morphologiques de l’allemand, la couverture est de 58% de la grille, et pour les quatre bases du français, elle est de 50%, donc la différence est négligeable

Il reste maintenant à tester en contexte si, dans le cas d’un changement d’état émotif causé par une force ou un événement et non par un agent (au sens restreint d’un humain ou animal supérieur causant et contrôlant ce changement), le vocabulaire verbal de l’émotion se comporte similairement ou différemment en français et en allemand.

3. L’hypothèse classique des tendances inverses de l’allemand et du français en typologie syntaxique et son application aux verbes expérienciels

3.1 L’hypothèse

Dans « Stylistique et linguistique générale », un article initialement publié en 1912, Ch. Bally (19653, 59), comparant l’esprit de l’ouvrage de F. Strohmeyer, Der Stil der französischen Sprache (1924), et celui de son propre Traité de stylistique française (1909), introduit la notion de stylistique comparative externe, dont il précise ainsi l’orientation :

[J]e cherche à caractériser les procédés expressifs du français en comparant les éléments intellectuels de la langue avec ses éléments affectifs. Pour moi, la tâche de la stylistique consiste à rechercher quels sont les types expressifs qui, dans une période donnée, servent à rendre les mouvements de la pensée et du sentiment des sujets parlants, et à étudier les effets produits spontanément chez les sujets entendants par l’emploi de ces types.

L’une des divergences entre l’allemand et le français (ou la stylistique de l’allemand et celle du français, dans l’esprit de Bally) consiste dans l’expression privilégiée de la relation causale entre deux procès P1 et P2, soit en allemand à l’aide d’un complément circonstanciel de cause (Prepcaus GN<P1> P2), soit en français à l’aide d’un verbe causatif (GN<P1> Vcaus X<P2>)4, moyennant quoi le « mouvement de la pensée et du sentiment » est analogue par antéposition du GN nominalisant le procès P1 : exemples (1) et (2).5 ← 19 | 20 →

(1) Durch die Hitze vertrocknete der Acker/trocknete der Acker aus ↔ La canicule a
desséché le champ

(2) Bei der Nässe sind die Kartoffeln verfault/gefault ↔ L’humidité a pourri/fait pourrir les pommes de terre

Des exemples similaires, proposés par L. Malblanc dans Pour une stylistique comparée du français et de l’allemand (1944), et qui figurent à nouveau dans sa Stylistique comparée du français et de l’allemand de 1968, ont été repris par L. Tesnière dans le livre V, La métataxe, de ses Éléments de syntaxe structurale. L’objectif de Tesnière s’écarte de celui de Bally et Malblanc : ce n’est plus l’effet stylistique en lui-même qui l’intéresse, mais la variation des moyens syntaxiques et lexicaux convoqués pour exprimer un mouvement de pensée analogue.

Les deux modes d’expression représentés en (1) et (2) sont seulement privilégiés, c’est-à-dire qu’ils sont supposés statistiquement saillants, mais ils n’excluent naturellement pas d’autres modes d’expression qui peuvent être parallèles entre les deux langues. Aussi, le tableau comparatif complet proposé dans François (1989, 249), lui-même issu d’une étude antérieure spécifiquement consacrée à cette question (François 1983), se présente-t-il ainsi pour l’expression de « A FIELD DRYING UP FROM THE HEAT/BEING DESSICATED BY THE HEAT », avec les types syntaxiques I (intransitif avec circonstant de cause préposé), P (pseudo-réfléchi, même construction), T (transitif, verbe causatif) et A (auxiliaire de causativité) :

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Tableau 6 : préférences distinctives en allemand et en français pour les constructions du type I, P, T et A

Résumé des informations

Pages
436
ISBN (PDF)
9783653038798
ISBN (ePUB)
9783653994179
ISBN (MOBI)
9783653994162
ISBN (Relié)
9783631646083
Langue
Français
Date de parution
2014 (Juin)
Published
Frankfurt am Main, Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Wien, 2014. 436 p.

Notes biographiques

Peter Blumenthal (Éditeur de volume) Iva Novakova (Éditeur de volume) Dirk Siepmann (Éditeur de volume)

Peter Blumenthal est professeur delangues romanes à l’Université de Cologne. Iva Novakova, maître de conférences en syntaxe générale et française, est habilitée à diriger des recherches à l’Université Stendhal, Grenoble 3. Dirk Siepmann est professeur de didactique de l’anglais langue étrangère à l’Université d’Osnabrück (Allemagne). Peter Blumenthal is professor of Romanic Languages at the University of Cologne. Iva Novakova teaches general and French Syntax and is a principal lecturer at Stendhal University, Grenoble 3 (France). Dirk Siepmann is professor of English language teaching at the University of Osnabrück (Germany).