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Etudes de linguistique médiévale

Hommage à Ambroise Jean-Marc Queffélec 1

de Roger Bellon (Éditeur de volume)
©2015 Autres 208 Pages

Résumé

Le dénominateur commun des contributions réunies ici est ce qui a toujours été l’élément moteur des recherches d’Ambroise Jean-Marc Queffélec : appliquer à la langue médiévale les méthodes les plus récentes élaborées par la linguistique, afin d’approfondir et d’améliorer notre connaissance des phénomènes grammaticaux propres à la langue médiévale : dépouiller les textes de la période médiévale, classer et analyser les données linguistiques recueillies puis procéder à leur interprétation, c’est ce que Queffélec a fait de façon magistrale pour l’étude de la négation dans le cadre théorique de la psychomécanique du langage. La seconde partie du volume contient quatre articles d’A. J.-M. Queffélec, novateurs en leur temps mais d’accès difficile, consacrés à des points délicats comme la négation dite explétive.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Introduction
  • Publications d’Ambroise Jean-­Marc Queffélec (1948-2013)
  • 1. articles d’hommage à Ambroise Jean-Marc Queffélec
  • Nonobstant en moyen français
  • Le renforcement pittoresque de la négation dans Aliscans
  • Unes manieres de… L’indéfini pluriel uns/unes en français médiéval : nouvel aperçu en perspective romane
  • Les compléments de manière en position initiale: étude diachronique
  • Formule d’ adresse et variation entrefaire savoir et faire a savoir dans les actes champenois au XIIIème siècle
  • La négation dans Berte aus grans piés : l’élégance d’un style
  • Plus entre positivité et négativité
  • Notice Biographique des contributeurs
  • 2. articles d’Ambroise Jean-Marc Queffélec
  • La mie, la goutte et l ’ aillie. Essai sur l’intégration des lexèmes du boire et du manger dans le processus de renforcement de la négation en ancien français
  • L’impératif négatif en ancien français
  • Les subordonnées d’exclusion en ancien français
  • Les réponses négatives averbales à pronom sujet en ancien français

← 8 | 9 →Introduction

Ambroise Jean-Marc Queffélec est né le 18 juin 1948 à Alger, dans un pays qu’il aime profondément et dont il ressentira toujours douloureusement la perte. Il doit quitter l’Algérie le 30 juin 1962. Rapatriée en France, sa famille s’installe d’abord à Perpignan, où il poursuit sa scolarité au lycée de la ville (1962-1963). Les mutations professionnelles de ses parents les conduisent ensuite à Blois, où Jean-Marc Queffélec reste jusqu’à l’obtention de son Baccalauréat. Il choisit ensuite de poursuivre des études de Lettres à l’Université de Tours, puis à celle de Nice, où il rencontre le Professeur Gérard Moignet, qui dirigera ses futurs travaux de recherche. Il obtient sa licence (1969) et sa maîtrise (1970) de Lettres Modernes. Après avoir réussi le concours des IPES, il obtient le C.A.P.E.S. de Lettres Modernes en 1970 et l’Agrégation de Lettres Modernes en 1971. Il est alors nommé à l’Ecole Normale de Strasbourg, où il ne reste pas, préférant un poste en Afrique.

De 1971 à 1974, il occupe les fonctions d’assistant à l’Université de Brazzaville, au Congo, et commence à s’intéresser aux particularités lexicales et syntaxiques du français d’Afrique. Il s’engage dans un nouveau cursus universitaire qui lui permet d’obtenir, en 1974, une licence en droit, option droit public. Il rentre une année, en qualité d’assistant, à l’Université de Nice (1974-1975) puis occupe un nouveau poste de maître-assistant au Niger, à l’Université de Niamey (1975-1977). Après ce séjour africain, il revient à l’Université de Nice, nommé assistant, puis maître-assistant et maître de conférences. En 1985, il soutient sa thèse d’Etat en Lettres et Sciences Humaines à L’Université de la Sorbonne-Paris IV : La Négation en ancien français. Ses recherches sont dirigées par le Professeur Gérard Moignet puis, après le décès de ce dernier, par le Professeur Robert Martin. Cette thèse capitale pour les études de linguistique médiévale, nourrie par le dépouillement de 68 textes qui fournissent plus de 40 000 attestations, ne sera malheureusement jamais éditée, en raison de sa longueur jugée excessive par les éditeurs.

En septembre 1987, il est élu Professeur de Linguistique générale et française à l’Université de Provence puis à l’Université d’Aix-Marseille. Il participe, comme membre du jury, à plusieurs sessions des concours du C.A.P.E.S. et de l’Agrégation. Ses activités d’enseignement se partagent entre l’ancien français et la francophonie. Il dirige de nombreux mémoires de recherche et plusieurs thèses sur la francophonie. Ses recherches l’amènent à collaborer étroitement et activement avec l’Agence Universitaire de la Francophonie, et il assure, de 2005 à 2007, la coordination du réseau « Etude du français en francophonie ». Il est responsable ← 9 | 10 →de l’équipe de recherches « Le français en Afrique » à l’UMR 6039 « Bases, corpus, langage » de l’Institut de la Langue française » (CNRS) et il dirige Le français en Afrique, revue du Réseau des Observatoires du Français Contemporain en Afrique. Il occupe la charge de co-responsable de l’équipe « Congo-Brazzaville » de la base de données lexicographiques panfrancophone.

La transmission du savoir a toujours été sa priorité essentielle et il a permis à des étudiants originaires du Maghreb et d’Afrique de venir se former à l’Université de Provence, grâce aux bourses qu’il leur a obtenues. Tous peuvent se souvenir de l’attention intellectuelle et humaine qu’il avait pour eux, les accueillant chez lui et s’attachant toujours à leur offrir les meilleures conditions matérielles pour mener à bien leurs travaux de recherche.

Jean-Marc Queffélec nous a quittés le 16 avril 2013, à la suite de complications survenues après une greffe du rein, à l’hôpital de la Conception, à Marseille.

Sa disparition a jeté la consternation dans le cercle de ceux qui l’avaient connu comme maître à penser, collègue et ami, de ceux qui l’avaient tout simplement aimé et vénéré. Par le présent hommage posthume, ils désirent honorer sa mémoire et exprimer leur gratitude pour ce qu’Ambroise Queffélec leur a transmis. Les deux volumes, semblables par leur présentation, correspondent aux deux grandes orientations thématiques des travaux de Jean-Marc Queffélec, le français médiéval (Volume 1, qu’il s’agit de présenter ici) et la francophonie africaine – celle du Maghreb et celle de l’Afrique subsaharienne (Volume 2).

Elu en 1987 professeur sur le poste prestigieux (Histoire de la langue française) de Jean Stéfanini, Jean-Marc Queffélec n’a cessé, même si des travaux de recherche étaient orientés vers un autre domaine, d’enseigner la langue médiévale aux étudiants d’Aix, en particulier aux agrégatifs pour qui il a assuré pendant de très nombreuses années le cours d’ancien français et il mettait un point d’honneur à se tenir informé des recherches en cours et des dernières publications ; doué d’une extraordinaire puissance de travail, il avait été pressenti par une maison d’édition pour diriger une équipe chargée de rédiger, à l’usage des étudiants, un nouveau dictionnaire d’ancien français destiné à remplacer l’historique Dictionnaire de Greimas, mais il n’avait pas donné suite à cette proposition ; il a également rédigé pendant une dizaine d’années le corrigé des devoirs qu’il donnait au CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) pour les candidats aux agrégations de Lettres Modernes et de Grammaire, avec le souci permanent d’y faire passer les acquisitions des recherches les plus récentes. Une partie de ces corrigés a été retravaillée et enrichie pour passer dans Linguistique médiévale (Colin, 1995), manuel de préparation aux concours, tandis qu’une autre partie reste consignée dans les vénérables polycopiés du CNED.

← 10 | 11 →Le dénominateur commun des contributions réunies ici est ce qui toujours été l’élément moteur des recherches de Jean-Marc Queffélec : appliquer à la langue médiévale les méthodes les plus récentes élaborées par la linguistique afin d’approfondir et d’améliorer notre connaissance de phénomènes grammaticaux propres à la langue médiévale : dépouiller les textes de la période médiévale, classer et analyser les données linguistiques recueillies puis procéder à leur interprétation, c’est ce qu’il a fait pour l’étude de la négation dans le cadre théorique de la psychomécanique du langage et à une certaine époque l’affirmation de l’adhésion aux théories guillaumiennes ne faisait pas l’unanimité chez les médiévistes !

Les contributions sont consacrées, pour la plupart, au problème de la négation, soit à partir d’un texte médiéval, soit en synchronie moderne pour l’analyse, dans le cadre théorique de la psychomécanique du langage, de l’adverbe plus, en position complexe entre positivité et négativité. Une étude embrasse un cadre diachronique plus vaste (les compléments de manière en position initiale), une autre le problème ponctuel des formules d’adresse dans les actes champenois du XIIIe siècle et une dernière aborde le délicat problème de l’indéfini pluriel uns/unes du français médiéval et propose de nouvelles pistes de recherche dans une perspective élargies aux langues romanes.

Le seconde partie de ce volume est la reproduction de 4 articles de Jean-Marc Queffélec novateurs en leur temps et aujourd’hui d’accès difficile, sinon introuvables : le premier (« La mie, la goutte et l’aillie : Essai sur l’intégration des morphèmes du boire et du manger dans le processus de renforcement de la négation en ancien français ») est une étude pointue sur la désémantisation des substantifs mie et goute, tandis qu’on voit dans le suivant (« L’impératif négatif en ancien français ») une brillante application aux textes médiévaux des méthodes de statistique linguistique élaborées par Ch. Muller. Les deux derniers sont des études consacrées à des points particuliers de la grammaire de la négation : le délicat problème de la négation dite « explétive », abordé à partir des subordonnées d’exclusion (« Les subordonnées d’exclusion en ancien français ») et celui du statut de la négation dans les phrases averbales (« Les réponses négatives averbales à pronom sujet en ancien français ») : ces quatre études constituent en quelque sorte une continuation de la réflexion essentielle qui est au centre de la thèse et un approfondissement sur des questions délicates, en particulier celle du statut linguistique de ne en ancien français.

Geneviève Goubier-Queffélec (Université d’Aix-Marseille)

Roger Bellon (Université Stendhal-Grenoble III)← 11 | 12 →

← 12 | 13 →Publications d’Ambroise Jean-Marc Queffélec (1948-2013)

I. Ouvrages

1978. Dictionnaire des particularités lexicales du français au Niger. Dakar : C.L.A.D., 396 pages.

1982. Inventaire des particularités lexicales du français au Mali. Nice : A.E.L.I.A-InALF (C.N.R.S.), 274 pages.

1983. Co-rédaction de l’Inventaire des particularités lexicales du français en Afrique noire. Québec : A.U.P.E.L.F.-A.C.C.T., 551 pages. Ouvrage réédité en 1988, Paris : A.U.P.E.L.F.-EDICEF.

1984. Collaboration à F. Jouannet. Le Français au Rwanda, enquête lexicale. Paris : S.E.L.A.F., 284 pages.

Résumé des informations

Pages
208
Année
2015
ISBN (PDF)
9783653056808
ISBN (ePUB)
9783653992236
ISBN (MOBI)
9783653992229
ISBN (Broché)
9783631647226
DOI
10.3726/978-3-653-05680-8
Langue
Français
Date de parution
2015 (Avril)
Mots clés
ancien et moyen français syntaxe de la négation psychomécanique du langage
Published
Frankfurt am Main, Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Wien, 2015. 208 p., 1 ill. n/b

Notes biographiques

Roger Bellon (Éditeur de volume)