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Blending et analogie

Pour une étude contrastive des métaphores dans Kassandra et Minotaurus et dans leurs traductions françaises

de Mariangela Albano (Auteur)
Monographies 288 Pages
Série: Kontraste/Contrastes, Volume 6

Résumé

Ce volume traitant l’analyse cognitive des métaphores d’invention met en exergue la théorie de la métaphore conceptuelle de Lakoff et de Johnson avec celle de l’analogie de Monneret et celle du blending de Fauconnier et de Turner. L’étude s’intéresse à la figurativité, à la construction de l’ontologie d’une métaphore, à la motivation du signe linguistique et à la relation entre métaphore et phraséologie. En outre, l’auteur tente de montrer comment l’analyse du substrat cognitif des métaphores dans les textes-sources et dans leurs traductions permet de déployer le transfert d’informations métaphoriques d’une langue à une autre en se basant sur les schémas culturels.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • PRÉFACE
  • AVANT-PROPOS
  • REMERCIEMENTS
  • TABLE DES MATIÈRES
  • Liste des abréviations
  • INTRODUCTION
  • CHAPITRE I LA DIALECTIQUE D’UNE MÉTAPHORE : LE FIGEMENT, LA CRÉATIVITÉ ET LE DÉFIGEMENT
  • 1.1 La métaphore figée
  • 1.1.1 Qu’est-ce que une métaphore figée ?
  • 1.1.2 Le mécanisme du figement
  • 1.1.3 Prolégomènes aux critères et aux catégories du figement
  • 1.1.4 La sémantique des idioms
  • 1.2 La métaphore d’invention
  • 1.2.1 Qu’est-ce que une métaphore d’invention ?
  • 1.2.2 La taxinomie de Kövecses
  • 1.2.3 Au cœur de la créativité linguistique des métaphores : la métaphore vive
  • 1.2.4 Le conflit conceptuel de la métaphore vive
  • 1.3 La métaphore défigée
  • 1.3.1 Le défigement
  • 1.3.2 La classification de Rastier
  • 1.3.3 Formes idiomatiques et créativité
  • 1.3.4 L’hypothèse de Langlotz
  • CHAPITRE II LES OPÉRATIONS COGNITIVES DANS LES MÉTAPHORES : MÉTAPHORE CONCEPTUELLE, INTÉGRATION ET ANALOGIE
  • 2.1 La métaphore conceptuelle
  • 2.1.1 La métaphore conceptuelle à la lumière des paradigmes cognitivistes de l’école américaine
  • 2.1.2 Les typologies de transfert métaphorique
  • 2.1.3 La métaphore conceptuelle entre conventionalité et créativité
  • 2.2 Le network d’intégration conceptuelle
  • 2.2.1 Qu’est-ce que le « blending » ?
  • 2.2.2 Les typologies de network
  • 2.2.3 La métaphore et le blending
  • 2.3 L’analogie
  • 2.3.1 La pensée analogique
  • 2.3.2 La linguistique analogique
  • 2.3.3 Les relations entre analogie et métaphore
  • CHAPITRE III LA MÉTAPHORE DANS KASSANDRA ET MINOTAURUS. EINE BALLADE ET DANS LEURS TRADUCTIONS FRANÇAISES
  • 3.1 Une méthodologie pour identifier et analyser les métaphores dans les textes
  • 3.1.1 Sélectionner et repérer les métaphores dans les textes Kassandra et Minotaurus. Eine Ballade
  • 3.1.2 Les interviews structurées pour les locuteurs de langue maternelle allemande
  • 3.1.3 La consultation des dictionnaires de langue allemande
  • 3.1.4 La méthodologie MIPVU : sélectionner et repérer les métaphores dans les textes littéraires
  • 3.1.5 Modalités d’application des modèles théoriques : différences et perspectives nouvelles
  • 3.1.6 Traduire les métaphores : une perspective cognitiviste
  • 3.2 Les métaphores dans Kassandra et dans sa traduction française
  • 3.2.1 Le texte Kassandra et l’écrivain
  • 3.2.2 « Kassandra » : analyse des métaphores d’invention
  • 3.2.3 Kassandra : analyse des métaphores défigées
  • 3.2.4 La traduction des métaphores
  • 3.3 Les métaphores dans Minotaurus. Eine Ballade et dans sa traduction française
  • 3.3.1 Le texte Minotaurus. Eine Ballade et l’écrivain
  • 3.3.2 Minotaurus. Eine Ballade : analyse des métaphores d’invention
  • 3.3.3 Minotaurus. Eine Ballade : analyse des métaphores défigées
  • 3.3.4 La traduction des métaphores
  • CONCLUSION
  • POSTFACE
  • ANNEXES. Instructions pour la lecture des fiches
  • I Métaphores d’invention dans Kassandra
  • II Métaphores défigées dans Kassandra
  • III Métaphores d’invention dans Minotaurus. Eine Ballade
  • IV Métaphores défigées dans Minotaurus. Eine Ballade
  • V Schémas de différentiation des métaphores
  • V.I Christa Wolf : les extensions métaphoriques
  • V.II Christa Wolf : nouveau mapping, métaphore composée et métaphore-image
  • V.III Friedrich Dürrenmatt : les extensions métaphoriques
  • V.IV Friedrich Dürrenmatt : nouveau mapping, métaphore composée et métaphore-image
  • VI Exemples des interviews
  • VII Résultats des interviews
  • VII.I
  • VII.II
  • VII.III
  • VII.IV
  • VIII Lettre de Christa Wolf
  • BIBLIOGRAPHIE
  • Titres de la collection

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Bibliografische Information der Deutschen Nationalbibliothek
Die Deutsche Nationalbibliothek verzeichnet diese Publikation
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À propos de l’auteur

L’auteure
Mariangela Albano est maître de conférences en linguistique française et en didactique du français et de l’italien à l’université Dokuz Eylül en Turquie. Ses recherches portent sur la sémantique cognitive appliquée. Elle s’intéresse à la théorie du langage et à l’épistémologie avec un regard critique sur certaines approches cognitives contemporaines. De plus, elle étudie les problèmes de morphologie, de lexicologie et de lexicographie en termes synchroniques et diachroniques.

À propos du livre

Mariangela Albano

Blending et analogie

Ce volume traitant l’analyse cognitive des métaphores d’invention met en exergue la théorie de la métaphore conceptuelle de Lakoff et de Johnson avec celle de l’analogie de Monneret et celle du blending de Fauconnier et de Turner. L’étude s’intéresse à la figurativité, à la construction de l’ontologie d’une métaphore, à la motivation du signe linguistique et à la relation entre métaphore et phraséologie. En outre, l’auteur tente de montrer comment l’analyse du substrat cognitif des métaphores dans les textes-sources et dans leurs traductions permet de déployer le transfert d’informations métaphoriques d’une langue à une autre en se basant sur les schémas culturels.

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PRÉFACE

Si les linguistiques cognitives se sont implantées durablement dans le paysage académique mondial, elles demeurent encore méconnues dans l’espace français. Parmi les livres des linguistes américains qui ont fondé cet horizon de recherche, très peu sont traduits. Langacker, par exemple, ne l’est pas. Bien sûr, les linguistes français peuvent lire les textes originaux. Mais tant que l’on n’aura pas traduit ces textes en français, ils resteront extérieurs à notre horizon de pensée. Une linguistique cognitive de langue française, aujourd’hui sporadiquement existante, reste encore largement à développer. C’est l’un des premiers mérites du présent livre de Mariangela Albano : il donne à connaître au public francophone une partie importante des recherches actuelles dans le domaine de la linguistique cognitive.

Bien que l’ouvrage soit concentré sur la question de la métaphore, il offre en effet un large panorama de ce que l’on nomme, au singulier, « la linguistique cognitive ». L’expression gagnerait d’ailleurs, sans doute, à s’employer au pluriel, dans la mesure où cette approche du langage ne procède aucunement d’une unification théorique stable, à la différence du mode de structuration de la linguistique générative ou chomskyenne. Chacun des auteurs sollicités ici – Lakoff, Johnson, Turner, ou encore Fauconnier parmi de nombreux autres –, partagent certes une vision générale commune, mais ont exploré dans ce cadre très général des problématiques différentes, qu’ils ont développées selon une perspective qui leur est propre, et qui ne s’unifie pas toujours aisément. On ne s’avancera guère en affirmant que tous les auteurs cités par Mariangela Albano partagent l’idée que les structures et processus linguistiques peuvent être écrits comme une manifestation spécifique de processus cognitifs généraux, eux-mêmes ancrés sur l’expérience humaine, dans ses dimensions corporelles autant que sociales. Et c’est précisément l’une des raisons de leur ostracisme, au moins partiel, dans le champ universitaire francophone, qui demeure assez profondément marqué par l’aventure structuraliste. Oui, il est vrai que la linguistique cognitive ne s’intéresse pas au langage pour lui-même et qu’elle ne prend que très secondairement en compte le fait qu’il constitue un « système » ayant son ordre propre. Cependant, la linguistique cognitive ne constitue pas en elle-même une sorte d’objection aux approches structurales, ni à celles qui envisagent les langues comme relevant d’une légalité spécifique au monde sémiotique. Elle s’intéresse à d’autres questions, qui ont une autre histoire, non affectée par la géniale invention saussurienne, une histoire qui concerne la relation entre le langage et la pensée humaine, et pour laquelle il est clair que l’analyse des faits de langue et de discours ne vaut pas pour elle-même, mais en ce qu’elle constitue un accès aux processus cognitifs humains.

Si la perspective globale est bien définie, il reste que l’articulation des concepts qui ont été produits dans ce cadre manque parfois de précision. Conceptualisation, schématicité, saillance, polysémie, prototypes, catégorisation, cadres, modèles cognitifs idéalisés, métaphore, analogie, schémas-images, intégration conceptuelle (blending), iconicité, incarnation (embodiment) : tous ces concepts circulent en linguistique cognitive, sans qu’on sache clairement comment ils s’organisent les uns par rapport aux autres, apparaissant parfois plutôt comme des marques de fabrique que comme des parties d’un appareil conceptuel. Et c’est un autre des mérites du livre de Mariangela Albano que d’avoir su opérer aussi rigoureusement que possible cette articulation, dans la problématique qui est la sienne, entre métaphore conceptuelle, intégration conceptuelle et analogie. Et cela sans simplification, sans qu’elle ne renonce jamais au détail des enjeux véhiculés par chaque concept.

Il fallait être bien armé conceptuellement pour prétendre renouveler un peu un sujet aussi labouré qu’est celui de la métaphore. Et le lecteur ne sera pas déçu à cet égard. Peut-être éprouvera-t-il même un certain vertige en suivant le propos de Mariangela Albano au travers de ses spéculations conceptuelles, nourries d’une connaissance large et approfondie des recherches contemporaines, et par conséquent d’une quantité impressionnante de références bibliographiques. Si vous souhaitez vous mettre à jour sur l’actualité de la recherche consacrée aux métaphores en linguistique cognitive, ce livre vous sera des plus utiles. Mais, bien sûr, il développe aussi une réflexion propre à son auteure.

L’apport majeur de Mariangela Albano, dans ce livre, consiste dans le fait qu’elle organise une rencontre entre la problématique de la métaphore et celle de la phraséologie. Tout spécialiste de phraséologie rencontre évidemment la question de la métaphore, comme cas de motivation de certaines structures figées. Mais on a rarement cherché, autant que le fait Mariangela Albano, à approfondir ce rapport entre le phénomène du figement (en partie récupéré aujourd’hui, au sein de la mouvance cognitive, par les grammaires de construction) et l’approche cognitive de la métaphore, enrichie ici des apports de la théorie du blending et de celle de l’analogie. Or cette rencontre n’intervient pas par hasard : elle est suscitée par un problème spécifique, celui du défigement, particulièrement intéressant en ce qu’il permet de penser la tension qui existe entre la créativité associée au concept de métaphore (à condition qu’elle soit suffisamment « vive », au sens de Ricœur) et la sédimentation ou la conventionalité liées à l’idiomaticité, qui est tout le contraire d’un processus créatif. Mais, comme le montre bien Mariangela Albano, à cette tension, s’en ajoute une autre issue du gradient d’inventivité de la structure métaphorique elle-même, susceptible d’être perçue, dans un contexte culturel déterminé, comme étant plus ou moins inventive ou éculée.

On ajoutera enfin que Mariangela Albano ne s’est pas limitée à la spéculation théorique mais qu’elle a soumis ses hypothèses à l’épreuve de deux textes littéraires allemands contemporains, dus à Christa Wolf et à Friedrich Dürrenmatt : Kassandra et Minotaurus. Et cette confrontation aux réalités textuelles est poursuivie jusqu’aux traductions en français de ces textes, que le lecteur aura peut-ainsi ainsi l’occasion de découvrir. L’analyse du substrat cognitif des métaphores dans des textes conduit à faire apparaître des « dynamiques existant dans la langue, la littérature et la culture ». Tenter de reconstruire les mécanismes de création des métaphores permet de « prendre conscience des processus qui sont à la base du choix et de la formulation des projections conceptuelles chez chaque auteur », de comprendre « les mécanismes de raisonnement qui conduisent à la catégorisation, à la recatégorisation et à la restructuration des connaissances de chaque écrivain ».

L’un des intérêts majeurs de ce livre, on l’aura compris, est d’allier le goût pour la théorie – en particulier pour les théories cognitives contemporaines – à celui de la confrontation des théories aux textes. Ce genre de travail est évidemment très utile pour les théoriciens : c’est ainsi que s’éprouvent les qualités et les zones de fragilité des modèles théoriques. Mais il montre aussi qu’il existe une façon de faire de la linguistique qui ne se limite pas aux descriptions, plus ou moins structurales, des faits de langue ; une linguistique qui sait s’aventurer du côté de la psychologie autant que du côté de la littérature ou de la philosophie. À cet égard, le livre de Mariangela Albano relève pleinement de cette perspective large et ouverte, indifférente aux frontières disciplinaires par lesquelles la linguistique a parfois voulu se définir, et que certains défendent aujourd’hui sous le nom de linguistique théorique.

Philippe Monneret
Université Paris-Sorbonne

Résumé des informations

Pages
288
ISBN (ePUB)
9783631700259
ISBN (PDF)
9783653067651
ISBN (MOBI)
9783631700266
ISBN (Relié)
9783631674109
Langue
Français
Date de parution
2020 (Septembre)
Published
Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2020. 288 p., 1 ill. en couleurs, 2 ill. n/b, 27 tabl.

Notes biographiques

Mariangela Albano (Auteur)

Mariangela Albano est maître de conférences en linguistique française et en didactique du français et de l’italien à l’université Dokuz Eylül en Turquie. Ses recherches portent sur la sémantique cognitive appliquée. Elle s’intéresse à la théorie du langage et à l’épistémologie avec un regard critique sur certaines approches cognitives contemporaines. De plus, elle étudie les problèmes de morphologie, de lexicologie et de lexicographie en termes synchroniques et diachroniques.

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