Chargement...

Documents diplomatiques français

1971 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

de Ministère des Affaires étrangères (Éditeur de volume)
©2015 Autres XLII, 974 Pages

Résumé

Au cours du premier semestre de l’année 1971, de multiples négociations accaparent l’attention de la diplomatie française, qu’elle en soit partie prenante ou qu’elle les observe avec circonspection. C’est le cas des entretiens bilatéraux américano-soviétiques sur la limitation des armements nucléaires qui se tiennent à Helsinki et à Vienne ; les préliminaires d’une conférence européenne sur la sécurité et la coopération en Europe ; les négociations sur la réduction équilibrée des forces (auxquelles Paris refuse de participer, prétextant du fait qu’elle s’est retirée de l’organisation intégrée de l’OTAN) ; enfin les négociations liées à la question du statut de Berlin. À celles-ci, s’ajoute le dossier de l’élargissement de la CEE : favorable à l’adhésion de la Grande-Bretagne, la France attend qu’elle modère ses exigences en matière de mesures transitoires. Mais les négociations avec l’Algérie, qui remet en cause les relations pétrolières franco-algériennes avec sa décision de la nationalisation, sont bien plus ardues et conduisent à une dégradation des rapports entre les deux pays. L’Afrique noire fait l’objet de toutes les attentions du président Pompidou, qui y effectue un voyage du 3 au 13 février 1971, marquant ainsi l’importance qu’il attache à maintenir des rapports privilégiés avec les pays africains, même si le président de la République insiste sur l’adaptation et le développement de la politique de coopération. Les négociations pour la paix au Vietnam se poursuivent à Paris. Le Quai d’Orsay ne peut que constater la prolongation du conflit vietnamien et son extension au Cambodge où, depuis le coup de force de mars 1970, la diplomatie française hésite entre le soutien au prince Sihanouk réfugié à Pékin et les relations avec le gouvernement Lon Nol qui l’a chassé du pouvoir.

Table des matières

  • Couverture
  • Page de Titre
  • Page de Copyright
  • Commission des Archives Diplomatiques
  • Avertissement
  • TABLE MÉTHODIQUE
  • I. – QUESTIONS MULTILATÉRALES
  • A. Désarmement
  • B. Questions Atomiques
  • C. Affaires Spatiales
  • II. – EUROPE
  • A. L’Europe De L’Ouest
  • 1) Les Communautés européennes
  • 2) La République fédérale d’Allemagne
  • 3) La Belgique
  • 4) Chypre
  • 5) L’Espagne
  • 6) La Grande-Bretagne
  • 7) La Grèce
  • 8) Le Portugal
  • 9) Le Saint-Siège
  • 10) La Turquie
  • B. L’Europe De L’Est
  • 1) L’URS
  • 2) La Bulgarie
  • 3) La Hongrie
  • 4) La Pologne
  • 5) La République Démocratique Allemande
  • 6) La Roumanie
  • 7) La Tchécoslovaquie
  • 8) La Yougoslavie
  • III. – L’AFRIQUE
  • A. Généralités
  • B. Le Maghreb
  • 1) L’Algérie
  • 2) Le Maroc
  • 3) La Tunisie
  • C. Afrique Subsaharienne
  • 1) Généralités
  • 2) L’Afrique du Sud
  • 3) Le Congo (Brazzaville)
  • 4) Le Congo (Kinshasa)
  • 5) La Côte d’Ivoire
  • 6) Le Dahomey
  • 7) L’Éthiopie
  • 8) Le Gabon
  • 9) La Guinée équatoriale
  • 10) La Haute-Volta
  • 11) L’Île Maurice
  • 12) Le Lesotho
  • 13) Le Mali
  • 14) Le Niger
  • 15) Le Nigeria
  • 16) L’Ouganda
  • 17) La République centrafricaine
  • 18) La Somalie
  • 19) La Tanzanie
  • 20) Le Tchad
  • 21) Colonies portugaises (Angola-Mozambique)
  • IV. – LE PROCHE-ORIENT
  • 1) Conflit du Proche-Orient
  • 2) Jérusalem et les territoires occupés
  • 3) L’Irak
  • 4) L’Iran
  • 5) Israël
  • 6) La Jordanie
  • 7) Le Koweït
  • 8) Le Liban
  • 9) La Libye
  • 10) Les Pays du Golfe persique
  • 11) La République arabe d’Égypte
  • 12) La Syrie
  • V. – L’ASIE
  • A. L’Asie Occidentale
  • 1) L’Afghanistan
  • 2) L’Inde
  • 3) Le Pakistan
  • B. L’Asie Du Sud-Est
  • 1) Le Cambodge
  • 2) Le Laos
  • 3) Le Vietnam
  • a) Généralités
  • b) Le Nord-Vietnam
  • c) Le Sud-Vietnam
  • C. L’Extrême-Orient
  • 1) La République populaire de Chine
  • 2) Le Japon
  • VI. – L’AMÉRIQUE
  • A. L’Amérique Du Nord
  • 1) Le Canada
  • 2) Les États-Unis
  • B. L’Amérique Latine
  • 1) Le Brésil
  • 2) Le Mexique
  • Janvier
  • 1 M. Dauge, Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 2 M. Jordan, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 3 Note de la sous-direction d’Europe centrale. Négociation quadripartite de Berlin
  • 4 M. Carton, Ambassadeur de France au Koweit, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 5 Note de la direction des Affaires économiques et financières (service de coopération économique). Élargissement des Communautés
  • 6 Note de la sous-direction du Levant. Audience accordée par M. Schumann à l’ambassadeur d’Israël
  • 7 M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 8 Compte rendu. de l’entretien entre le Président de la République et l’ambassadeur Cortina le 6 janvier 1971
  • 9 Note de la sous-direction du Levant. Problèmes iraniens actuels
  • 10 Note de la Direction des Affaires politiques Afrique du Nord – Algérie
  • 11 Compte-rendu. Tête-à-tête entre M. Pompidou et M. Riad. Vendredi 8 janvier 1971 de 16h à 17h15
  • 12 M. Bonnefous, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Congo, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 13 M. Naudy, Ambassadeur de France à Dar es Salam, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 14 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Manac’h, Ambassadeur de France à Pékin
  • 15 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 16 Note du service des Affaires scientifiques. Coopération franco-iranienne dans le domaine nucléaire
  • 17 Note de la sous-direction d’Europe centrale. Politique d’ouverture vers l’Est du gouvernement fédéral
  • 18 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 19 Note de la direction des Affaires africaines et malgaches. Rétablissement de la situation au BET
  • 20 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 21 M. Gilet, Ambassadeur de France à Madrid, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 22 Note de la sous-direction d’Europe orientale. La Roumanie et les États-Unis
  • 23 Note de la sous-direction d’Afrique. Relations franco-mauriciennes
  • 24 M. Delamare, Ambassadeur de France à Cotonou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 25 M. Susini Délégué général de France à Hanoï, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 26 M. Alphand, Ambassadeur de France, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou
  • 27 M. Delahaye, chargé d’Affaires a. i. à Moscou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 28 M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 29 Note pour le Ministre. Audience de l’Ambassadeur du Canada
  • 30 Compte rendu. Entretien accordé par Monsieur le Président de la République à Monsieur Manea Manescu Le 18 janvier 1971, de 17 h 15 à 18 heures
  • 31 Note de la direction générale des relations culturelles scientifiques et techniques Service des Affaires scientifiques Pour le Ministre. Politique spatiale : projet d’un entretien franco-britannique
  • 32 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Pelen, Ambassadeur de France à Bucarest
  • 33 M. Sauvagnargues, Ambassadeur de France à Bonn, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 34 Note de la Direction des Affaires politiques (sous-direction Asie-Océanie)
  • 35 Note de la Direction des Affaires politiques Asie-Océanie. Situation en Chine
  • 36 Compte rendu. Entretien du président de la République avec M. Patricio, ministre des Affaires étrangères du Portugal, le 22 janvier 1971, 11 h. 30 – 12 h. 15
  • 37 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 38 M. Thabault, Ambassadeur de France en Ouganda, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 39 Note de la direction A frique-Levant sous-direction du Levant. Réunion des chefs d’État de la Charte de Tripoli
  • 40 Note de l’ambassadeur de France en Tunisie. Les relations extérieures de la Tunisie en 1970
  • 41 M. Wapler, Ambassadeur de France à ankara, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 42 M. Ross, Ambassadeur de France à Vientiane, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 43 M. Durand, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 44 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à différents Représentants diplomatiques de la France à l’étranger
  • 45 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. L’Ambassadeur de France en République centrafricaine
  • 46 M. Naudy, Ambassadeur de France à Dar es Salam, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 47 M. Pelen, Ambassadeur de France à Bucarest, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 48 M. Pelen, Ambassadeur de France à Bucarest, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 49 M. Boegner, Représentant permanent de la France auprès des Communautés européennes. à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 50 M. Pelen, Ambassadeur de France à Bucarest, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 51 M. Dauge, Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • Février
  • 52 Note de M. Jean Chauvel
  • 53 M. Ross, Ambassadeur de France à Vientiane, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 54 M. Henry, Consul général de France à Jérusalem, à M. Maurice Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 55 M. Alphand, Ambassadeur de France, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou
  • 56 Note de la direction des Affaires économiques et financières (service de coopération économique). Défense de la politique agricole commune dans le cadre de la négociation d’élargissement
  • 57 M. Raphaël-Leygues, Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 58 M. Lebel, Ambassadeur de France à Rabat, à M. Maurice Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 59 Instructions pour M. Duvauchelle ambassadeur de France en Somalie
  • 60 M. de Laboulaye, Ambassadeur de France au Brésil, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 61 M. Dallier, Ambassadeur de France à Bamako, à M. de Leusse de Syon, Directeur des Affaires africaines et malgaches, au Ministère des Affaires étrangères
  • 62 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 63 M. Delamare, Ambassadeur de France à Cotonou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 64 M. Gaucher, Ambassadeur de France en Tunisie, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 65 Note de la direction d’Afrique-Levant sous-direction d’Afrique. Éthiopie
  • 66 Note de la Direction des Affaires politiques Amérique. Audience de l’Ambassadeur des États-Unis 16 février 1971
  • 67 Compte rendu. de l’entretien de M. Alphand avec l’Ambassadeur de Turquie le 16 février 1971
  • 68 Note de la sous-direction du Levant. Situation politique en Irak
  • 69 Compte rendu de l’entretien élargi entre M. Pompidou et M. Brandt. à Paris, le 26 janvier 1971 – 11 heures
  • 70 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 71 Note de la direction des Affaires africaines et malgaches. Le voyage en Afrique du Président de la République
  • 72 Note. République centrafricaine : situation politique
  • 73 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 74 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Boegner, Représentant permanent de la France auprès des Communautés européennes
  • 75 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. de Garnier des Garets, Ambassadeur de France à Nicosie
  • 76 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 77 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 78 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Susini, Délégué général de France à Hanoï
  • 79 M. Legendre, Ambassadeur de France au Pakistan, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 80 Note du service des Affaires scientifiques pour le Ministre. CERN
  • 81 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 82 Note. Relations sino-japonaises Entretien du Ministre avec l’ambassadeur du Japon (20 février 1971)
  • 83 M. Nègre, Ambassadeur de France à Damas, à M. Maurice Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 84 M. Alphand, Ambassadeur de France, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou
  • 85 M. Puaux, Ambassadeur de France au Caire à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 86 Note de la sous-direction d’Afrique à la direction d’Afrique-Levant. Mission à Lagos
  • 87 Note. Réunion préparatoire à la Commission mixte franco-nigérienne de l’uranium (2 mars à Niamey)
  • 88 M. Argod, Ambassadeur de France au Sénégal, à M. Maurice Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 89 M. Puaux, Ambassadeur de France au Caire à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 90 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 91 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 92 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à différents Représentants diplomatiques de la France à l’étranger
  • 93 Note pour le Ministre
  • 94 M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 95 M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 96 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 97 M. de Folin, Consul général de France à Saigon, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • Mars
  • 98 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 99 Note de la sous-direction d’Europe centrale. Berlin. Propositions est-allemandes
  • 100 Note de la Direction des Affaires politiques Afrique du Nord Pour le Ministre. Mission à Tripoli
  • 101 M. Susini, Délégué général de France à Hanoï, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 102 Note de la sous-direction d’Europe méridionale
  • 103 Note de la sous-direction du levant. Audience de M. Abdallah Salah
  • 104 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 105 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 106 M. Rostain, Ambassadeur de France au Niger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 107 M. Dauge, Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 108 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou
  • 109 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 110 Note de la sous-direction d’Afrique. Situation intérieure
  • 111 Note de la sous-direction d’Afrique. Le Congo et l’Afrique
  • 112 M. Durand, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 113 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Wibaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Fort-Lamy
  • 114 M. Jordan, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 115 M. Gaucher, Ambassadeur de France en Tunisie à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 116 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou
  • 117 M. Delamare, Ambassadeur de France à Cotonou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 118 M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 119 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 120 M. Manac’h, Ambassadeur de France à Pékin, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 121 Note de la sous-direction du Levant. Le Proche-Orient depuis le plan Rogers
  • 122 Note de la direction des conventions administratives et des affaires consulaires à la direction d’Afrique-Levant. Émigration mauricienne en France
  • 123 M. Manac’h, Ambassadeur de France à Pékin, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 124 M. Wapler, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 125 Note du service des Affaires scientifiques. Coopération franco-pakistanaise dans le domaine nucléaire
  • 126 Note de la direction des Affaires économiques et financières Affaires générales. Intérêts français en Libye dans le domaine du pétrole
  • 127 Note de la direction des Affaires économiques et financières. Vente d’armements au Congo-Kinshasa
  • 128 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 129 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 130 Note de la direction des Affaires économiques et financières pour le ministre. Vente d’armes à l’Afrique du sud
  • 131 Note du service des Affaires scientifiques pour M. Curien. Avenir d’Euratom
  • 132 Note de la direction Afrique-Levant sous-direction du Levant. Relations franco-égyptiennes
  • 133 Note de la sous-direction d’Afrique. La France et l’Afrique du Sud
  • 134 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 135 Note de la sous-direction du Levant. Relations politiques franco-iraniennes
  • 136 M. Vyau de Lagarde, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 137 M. de Folin, Consul général de France à Saigon, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 138 Note de la sous-direction d’Afrique. Le nouveau régime ougandais et les achats d’armes
  • 139 Note de la direction des Affaires économiques et financières. Vente de machines pour cartoucherie à la Syrie
  • 140 Note de la Direction des Affaires politiques (sous-direction Asie-Océanie). Entretien avec Mme Nguyen Thi Binh
  • 141 Note confidentielle pour le Ministre. Note confidentielle sur l’action de la France au Liban
  • 142 M. Pelen, Ambassadeur de France à Bucarest, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 143 M. Seydoux de Clausonne, Ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 144 M. Pompidou, Président de la République française, à M. Brandt, Chancelier de la République fédérale d’Allemagne
  • 145 M. Ross, Ambassadeur de France à Vientiane, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 146 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 147 Note de la direction générale des Relations culturelles, scientifiques et techniques. Relations culturelles entre la France et la Yougoslavie
  • 148 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française en Algérie, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 149 Note de l’ambassade de France en Tunisie. Réaction de M. Bahi Ladgham aux évènements d’Irbid et d’Amman
  • 150 Note de la Direction des Affaires politiques (sous-direction Asie-Océanie). Relations entre la France et le Nord-Vietnam
  • 151 M. Lucet Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 152 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • Avril
  • 153 Compte rendu. Séjour de M. Belloir à Dacca du 23 au 25 mars 1971
  • 154 Note de la direction des Affaires politiques Asie-Océanie. Attitude de la France devant la crise pakistanaise
  • 155 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 156 M. Boegner, Représentant permanent de la France auprès des Communautés européennes. à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 157 Note de la direction Afrique-Levant sous-direction du Levant. Entretien de M. Rouillon, sous-directeur du Levant, avec M. Mohamed Riad, directeur de Cabinet de M. Mahmoud Riad, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RAU
  • 158 M. Toffin, Ministre-délégué, adjoint au Chef du gouvernement militaire français de Berlin, à M. Sauvagnargues, Ambassadeur de France à Bonn
  • 159 Compte rendu de l’entretien entre le Ministre et l’Ambassadeur de Pologne le 3 avril 1971
  • 160 M. Susini, Délégué général de France à Hanoï, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 161 M. Nègre, Ambassadeur de France à Damas, à M. de Lipkowski, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères
  • 162 M. Susini, Délégué général de France à Hanoï, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 163 Note. Chine
  • 164 M. Wapler, Ambassadeur de France à Ankara, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 165 Note de la sous-direction d’Afrique pour le ministre. Guinée équatoriale
  • 166 M. Cans, Chargé d’Affaires de France à Kinshasa, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 167 M. Dauge, Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 168 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 169 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 170 Note de la direction générale des affaires culturelles, scientifiques et techniques Service des affaires scientifiques Pour le Ministre. Politique nucléaire
  • 171 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 172 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 173 M. Hutte, ambassadeur de France au Lesotho, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 174 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 175 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 176 M. Wernert, ambassadeur de France à Caboul, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 177 M. Bonnefous, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Congo, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 178 Note de la direction des Affaires politiques Afrique du Nord pour le ministre. Après la déclaration de Benghazi. L’union des Républiques arabes et le problème des Mirage
  • 179 Note de la direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques Service des Affaires scientifiques Pour le Ministre. Coopération franco-soviétique dans le domaine spatial
  • 180 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 181 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 182 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 183 M. Basdevant, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Alger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 184 Compte Rendu. Entretien du Ministre avec M. Robert Bourassa, Premier Ministre du Québec à Paris, le 19 avril 1971 à 12h
  • 185 M. Dauge, Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 186 Note de la direction des Affaires politiques Asie-Océanie. Visite à Paris de M. Arshad Hussain, envoyé du général Yahya Khan, président du Pakistan
  • 187 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à différents Représentants diplomatiques de la France à l’étranger
  • 188 M. Gaultier de la Ferrière, Chargé d’Affaires de France à Budapest, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 189 M. Durand, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 190 M. Debré, ministre de la Défense nationale, à M. Mario de Souza e Mello, ministre de l’Air brésilien
  • 191 M. De Garnier des Garets, Ambassadeur de France à Nicosie, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 192 M. Jordan, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 193 M. Bonnefous, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Congo, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 194 Monsieur le Président de la République gabonaise, à Monsieur le Président de la République française
  • Mai
  • 195 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, aux Représentants diplomatiques de la France à l’étranger
  • 196 M. Jordan, Ambassadeur de France à Varsovie, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 197 Note de la sous-direction d’Europe centrale. Walter Ulbricht et Erich Honecker
  • 198 Note de la sous-direction Afrique du Nord Algérie. Relations entre la France et l’Algérie (27 avril-4 mai)
  • 199 M. Roger, ambassadeur de France à Lagos, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 200 M. Delaye, Ambassadeur de France à Ouagadougou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 201 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 202 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 203 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 204 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 205 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 206 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 207 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 208 Note. La situation politique au Mali
  • 209 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou
  • 210 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 211 Note pour le Ministre. Entretien avec le ministre des Affaires étrangères du Liban
  • 212 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 213 Note de la direction des Affaires politiques (sous-direction d’Europe occidentale). L’antagonisme Flamand-Wallon
  • 214 Mme Gandhi, Premier ministre de l’Inde, à M. Pompidou, Président de la République française
  • 215 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 216 M. Boegner, Représentant permanent de la France auprès des Communautés européennes, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 217 M. Boegner, Représentant permanent de la France auprès des Communautés européennes, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 218 M. Vyau de Lagarde, Ambassadeur de France à New Delhi, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 219 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à différents représentants diplomatiques de la France à l’étranger
  • 220 Note de la direction des Affaires économiques et financières (service de coopération économique). État des négociations d’adhésion de la Grande-Bretagne à la CEE
  • 221 Note. Négociation avec le Royaume-Uni Considérations générales
  • 222 Note de la direction des Affaires politiques (sous-direction d’Europe occidentale). Relations franco-britanniques
  • 223 Compte rendu. de l’entretien du Ministre avec le ministre malien des Affaires étrangères le lundi 17 mai 1971, à 10 h 45
  • 224 M. Charles-Roux, ambassadeur de France à Téhéran, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 225 M. Lebel, Ambassadeur de France à Rabat, à M. Maurice Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 226 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères,
  • 227 M. Dallier, Ambassadeur de France à Bamako, à M. Bourges, Secrétaire d’État auprès du Ministre des Affaires étrangères
  • 228 M. Kosciusko-Morizet, Ambassadeur, Représentant permanent de la France au Conseil de sécurité et Chef de la mission permanente française près les Nations unies. à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 229 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 230 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 231 M. Fontaine, Ambassadeur de France à Sofia, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 232 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 233 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à tous les représentants diplomatiques de la France à l’étranger
  • 234 M. Dauge, Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 235 Compte rendu. Entretiens entre le président de la République et le président du Conseil des ministres de Belgique au Palais Royal de Bruxelles le 25 mai 1971 de 10 h à 11 h 30
  • 236 Note de la sous-direction d’Europe centrale
  • 237 M. Durand, Ambassadeur de France à Athènes, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 238 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 239 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 240 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 241 M. Jordan, Ambassadeur de France en Pologne, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 242 M. Lucet, Ambassadeur de France aux É tats-Unis à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • Juin
  • 243 Note. Entretien de M. de Lipkowski avec M. J. P. Narayan
  • 244 Note de la direction d’Afrique-Levant sous-direction du Levant. Sultanat d’Oman. Relations avec la France
  • 245 M. Delaye, Ambassadeur de France à Ouagadougou, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 246 M. Pompidou, président de la République Française, à Mme Gandhi, premier Ministre de l’Inde
  • 247 Le ministre des Affaires étrangères à M. le ministre d’État chargé des départements et Territoires d’Outre-mer
  • 248 M. Wibaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Fort-Lamy, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 249 M. Schumann, ministre des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou
  • 250 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 251 Compte Rendu Audience de Monsieur Rogers auprès de M. Pompidou à Paris, le 7 juin 1971 de 16 h à 17 h
  • 252 Le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, à M. Giovangrandi, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française à Bangui
  • 253 M. Bonnefous, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Congo, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 254 M. Vimont, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 255 M. Lucet, ambassadeur de France à Washington, à M. Alphand, Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères
  • 256 Compte rendu. de l’audience de M. Rogers, secrétaire d’État américain le 8 juin 1971 à 12 h 30
  • 257 Note de la Direction générale des Relations culturelles, scientifiques et techniques
  • 258 Note de la sous-direction d’Europe occidentale. Coopération politique des Six
  • 259 M. Nègre, Ambassadeur de France à Damas, à M. de Lipkowski, Secrétaire d’État aux Affaires étrangères
  • 260 M. Rostain, Ambassadeur de France au Niger, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 261 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 262 Note de la Directiondes Affaires politiques Amérique. Audience accordée par le Secrétaire d’État à M. Gonzalez Sosa, secrétaire d’État mexicain aux Relations extérieures (27 mai 1971)
  • 263 Note de la direction des Affaires politiques, Pactes et désarmement. État actuel des problèmes de désarmement
  • 264 Note de la sous-direction d’Europe centrale. Négociation quadripartite de Berlin
  • 265 Note de la direction d’Afrique du Nord. De la Libye et des relations franco-libyennes
  • 266 Note de la direction des Affaires économiques et financières (Service des accords bilatéraux). Relations entre la France et la République démocratique allemande
  • 267 Note Service des affaires scientifiques. Aide-mémoire du gouvernement fidjien au sujet de nos expériences nucléaires dans le Pacifique Sud
  • 268 Compte-rendu de l’audience accordée par le président Pompidou à M. Zorine, ambassadeur de l’URS à Paris le 15 juin 1971 à 12 heures
  • 269 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Dauge, Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Manac’h, Ambassadeur de France à Pékin
  • 270 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 271 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Boegner, représentant permanent de la France auprès des Communautés européennes
  • 272 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Boegner, Représentant permanent de la France auprès des Communautés européennes
  • 273 Note pour le secrétaire d’État. Négociations d’élargissement
  • 274 Compte rendu. Entretien entre le Premier ministre et le prince Hassan, frère du roi de Jordanie le 16 juin 1971 à 16 h 30
  • 275 M. Alphand, Ambassadeur, Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères, à M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou
  • 276 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 277 Compte rendu. Audience du prince héritier Hassan de Jordanie le 18 juin 1971 à 16 h 30
  • 278 M. Tine, Ambassadeur de France à Lisbonne, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 279 M. Ross, Ambassadeur de France à Vientiane, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 280 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 281 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à différents représentants de la France à l’étranger
  • 282 Le Président de la République française à M. Chaban-Delmas, Premier ministre
  • 283 M. Vimont, Ambassadeur de France à Prague, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 284 M. Susini Délégué général de France à Hanoï, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 285 M. Gaucher, ambassadeur de France en Tunisie à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères
  • 286 M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington, à M Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 287 Note de la Direction des Affaires politiques sous-direction d’Europe centrale. Relations germano-tchécoslovaques
  • 288 M. Cerles, ambassadeur de France à Bagdad, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 289 M. Manac’h, Ambassadeur de France à Pékin, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 290 M. Sauvagnargues, Ambassadeur de France à Bonn, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 291 M. Mazeyrac, Chargé d’Affaires de France a. i. à Addis-Abeba, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 292 M. Chodron de Courcel, Ambassadeur de France à Londres, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 293 M. Boegner, Représentant permanent de la France auprès des communautés européennes. à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 294 M. Dufournier, Ambassadeur de France à Beyrouth, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 295 Note de la sous-direction du Levant. Position de la France et d’Israël dans le règlement du conflit
  • 296 Note de la direction des Affaires économiques et financières. Israël Situation économique et relations commerciales avec la France
  • 297 Compte rendu de l’entretien entre le Ministre et l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne à Paris, le 24 juin 1971
  • 298 Note de la Direction Afrique du Nord Algérie Pour le Ministre. Relations franco-algériennes
  • 299 M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères, à M. Lucet, Ambassadeur de France à Washington
  • 300 M. Lucet Ambassadeur de France à Washington, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • 301 M. Dauge Ambassadeur de France à Phnom Penh, à M. Schumann, Ministre des Affaires étrangères
  • INDEX DES NOMS DE PERSONNES

DOCUMENTS DIPLOMATIQUES FRANÇAIS

1971

TOME I

(1er JANVIER – 30 JUIN)

1

M. DAUGE, AMBASSADEUR DE FRANCE À PHNOM PENH, À M. SCHUMANN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

T. nos 4 à 71. Phnom Penh, 3 janvier 1971.
Réservé. Urgent. (Reçu : 11 h. 49).

Libération du pasteur Clavaud et de son fils

Le pasteur Jean Clavaud et son fils Olivier2 ont été libérés ce matin 3 janvier après 107 jours de captivité. Ils sont venus me voir dès leur arrivée à Phnom Penh.

Cette libération n’est pas encore connue. J’en informerai demain lundi les autorités cambodgiennes. M. Clavaud sera probablement invité à faire au deuxième bureau des FANK3 le récit de sa captivité.

De ce qu’il m’en a dit, au cours de cette première conversation, je retiens les points suivants :

1) Nos compatriotes étaient aux mains de la résistance khmère, qui est étroitement contrôlée par les Vietnamiens communistes. Les autorités qui les détenaient se livrent à une propagande marxiste intensive et font régner, par la délation et la terreur, une discipline de fer. La population est apeurée et passive.

2) Le nom du prince Sihanouk4 est encore parfois utilisé pour rallier les paysans. Il est cité comme exemple de « rééducation grâce au marxisme léninisme ».

3) Nos compatriotes étaient effectivement soupçonnés d’espionnage au profit des Américains, à cause de la carte d’identité de missionnaire évangélique malencontreusement conservée par M. Clavaud. Ils n’ont dû d’avoir la vie sauve et finalement d’être libérés, qu’à leur parfaite connaissance de la langue et du milieu khmer et, à un heureux concours de circonstances. Le pasteur a été reconnu un jour par un de ses anciens élèves de l’Alliance française et il a, d’autre part réussi à se faire un ami d’un des responsables locaux.

4) M. Clavaud n’a rencontré que des prisonniers cambodgiens au cours de sa détention. On lui a dit que des Européens capturés dans la région (province de Takeo) avaient été fusillés comme espions, mais que d’autres se trouvaient dans un camp de rééducation de la province de Kompong Speu. Ces indications sont trop vagues pour être exploitées.

(Collection des télégrammes, Phnom Penh, 1971)

1 Ce télégramme est signé par Louis Dauge, ministre plénipotentiaire, ambassadeur de France à Phnom Penh depuis le 10 mai 1968.

2 Le pasteur protestant français Jean Clavaud, et son fils Olivier âgé de 12 ans, ont été capturés par la guérilla communiste cambodgienne le 19 septembre 1970 dans la région de Takeo.

3 Forces armées nationales khmères (FANK).

4 Prince Norodom Sihanouk, roi du Cambodge de 1941 à 1955, chef de l’État cambodgien à partir de 1960. Déposé le 18 mars 1970, il préside à partir du 23 mars 1970 le Front uni national du Kampuchéa (FUNK), et à partir du 5 mai 1970 le gouvernement royal d’union nationale du Kampuchéa (GRUNK).

2

M. JORDAN, AMBASSADEUR DE FRANCE À VARSOVIE, À M. SCHUMANN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

T. nos 8 à 15. Varsovie, 4 janvier 1971.
(Reçu : 18 h. 50).

Les débuts de M. Gierek

Accédant au pouvoir à la faveur d’une crise grave du régime, M. Gierek1 devait, en première urgence, assurer le rétablissement de l’ordre et obtenir la reprise du travail dans tous les établissements industriels affectés par la grève.

Il a su dire et faire ce qu’il fallait pour atteindre ce premier objectif et se mettre en position d’entreprendre les réformes profondes qu’il a reconnues nécessaires.

Dès l’abord, il s’est attaché à asseoir son autorité sur une base aussi large que possible.

En appelant à ses côtés au bureau politique le général Moczar2, dont on n’oublie pas dans l’armée qu’il a su faire en son temps l’amalgame de tous les cadres d’origines diverses sans exclusive d’aucune sorte, et le général Jaruzelski3, chef respecté de l’armée polonaise, comme en faisant des ouvertures à l’Église, il a marqué un souci des préoccupations des deux grandes forces permanentes du pays auquel on n’était pas habitué. Il ne fait nul doute qu’il a été entendu, comme en témoigne, si sévère qu’elle soit pour le régime, la lettre de l’épiscopat4 lue le premier janvier dans toutes les églises – j’en ferai tenir le texte intégral au Département –.

Il s’est gardé cependant de se couper des cadres du parti compromis avec l’ancienne équipe. Outre Gomulka5, il n’a guère écarté du bureau politique que deux hommes influents, Kliszko6, doctrinaire sans contact avec l’opinion, et Jaszczuk7, à qui seul a été imputée la responsabilité des erreurs commises en matière économique et sociale.

En relevant Cyrankiewicz8 de son poste de président du Conseil des ministres, il a su conserver son concours, ne voulant voir en lui, comme en M. Jedrychowski9, que l’artisan d’une politique étrangère approuvée par l’ensemble du pays.

Fort de l’expérience acquise par lui en Silésie, il s’est montré particulièrement habile dans ses rapports avec la classe ouvrière dont le mécontentement était à l’origine des troubles de décembre. Refusant de sacrifier Loga-Sowinski10, le responsable des syndicats, dont les manifestants avaient réclamé la tête, il lui a imposé une vigoureuse reprise en mains des conseils ouvriers d’entreprises et de diverses organisations syndicales, accompagnée, pour donner satisfaction aux travailleurs, d’une sévère autocritique des dirigeants coupables d’avoir « failli à leur devoir qui est de protéger efficacement les droits garantis des travailleurs » et de « n’avoir pas déployé les efforts nécessaires pour assurer la satisfaction des justes revendications ouvrières ». Ayant fixé à sept milliards de zlotys l’augmentation des salaires que pouvait supporter l’économie du pays, il a fait en sorte que les travailleurs des 110 plus grandes entreprises soient appelés à se prononcer sur la répartition de cette manne et donc à en partager la responsabilité. Sans donner la moindre satisfaction aux ouvriers les plus qualifiés puisque les hausses de salaires ont été limitées aux rémunérations inférieures à 2000 zlotys, il a permis ainsi aux travailleurs de s’exprimer et rétabli avec eux l’indispensable contact qu’un Gomulka vieilli et son équipe avaient laissé se perdre.

Dans son message de fin d’année11, M. Gierek pouvait déjà faire état de résultats positifs. Dès le 31 décembre avait été pris le décret majorant les plus bas salaires et les allocations familiales. Simultanément il traçait les grandes lignes du programme d’action qu’il entend mettre en œuvre : « développement de la démocratie socialiste, réorganisation profonde des organismes d’État et de l’appareil économique du pays, amélioration du rendement dans les entreprises pour accroître le revenu national du pays ».

Rien n’était dit en revanche des mesures concrètes qu’il faudra bien prendre pour exécuter ce programme.

Dans quel sens la nouvelle équipe au pouvoir orientera-t-elle la politique économique du pays ? Comment tentera-t-elle de corriger les vices congénitaux de l’économie polonaise (monnaie à cours multiples et artificiels, prix arbitrairement fixés sans référence à des prix de revient impossibles à déterminer, lourde bureaucratie incapable par nature à adapter la production à une consommation en voie de diversification, laisser-aller général). Par quels moyens obtiendra-t-elle l’effort accru que demande Gierek aux travailleurs alors que la diversification des primes en fonction du rendement est précisément l’une des mesures prises par la précédente équipe qui a rencontré la plus vive opposition dans la classe ouvrière ? Autant de questions qui demeurent à ce jour sans réponse.

M. Gierek devra cependant tenir compte des réactions d’une population dont le niveau de vie demeure lourdement affecté par les mesures du 12 décembre12 et dont l’attitude à son égard traduit sans doute plus l’expectative qu’une véritable confiance assurée de durer.

La marge de manœuvre dont il dispose est donc des plus étroites. M. Gierek s’est donné un délai de trois mois pour réformer l’économie et établir le nouveau plan quinquennal 1971-1975. Il sera jugé à ses actes.

(Europe, Pologne, 1971-juin 1976, politique intérieure, 1971, n° 3456)

1 Edward Gierek, né le 6 janvier 1913, a vécu en France de 1923 à 1934 puis en Belgique de 1937 à 1948. De retour en Pologne, il adhère au parti ouvrier unifié polonais (POUP) en 1948, dirige la section de Katowice, devient membre du comité central en 1954, secrétaire du comité central de 1956 à 1964. Après les émeutes consécutives à l’augmentation des prix des produits courants au mois de décembre 1970, Edward Gierek remplace Wladyslaw Gomulka au poste de premier secrétaire du POUP. Sur ces troubles et leur violence, se reporter à la dépêche de Varsovie n° 01/EU du 9 janvier 1971, non reprise.

2 Le général Mieczyslaw Moczar, (de son vrai nom Mikolaj Demko), membre du parti communiste polonais depuis 1937, ancien résistant, commandant de la Garde populaire puis de l’Armée populaire (AL) clandestine organisée dans les régions de Lublin et de Kielce, nommé général de brigade en 1944, ministre des Fermes d’État en 1956, sous-secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur de 1956 à 1964, ministre de l’Intérieur depuis 1964, il siège au comité central depuis 1959. Un portrait de Moczar est esquissé dans DDF 1968-I, n° 135, ainsi que dans la dépêche de Varsovie n° 239/EU du 31 mars 1971, non reproduite, intitulée : « Position difficile du général Moczar ».

3 Wojcieh Witold Jaruzelski est promu général en 1956. De 1957 à 1960, il commande la 12e division mécanisée, à Szczecin, près de la frontière avec la République démocratique allemande. Il est nommé vice-ministre de la Défense nationale en 1962 et chef d’État-major de l’armée polonaise de 1965 à 1968. Jaruzelski est ministre de la Défense nationale depuis le 11 avril 1968. Il est membre suppléant puis membre de plein droit du bureau politique en 1971. Le général Jaruzelski a fait tirer sur les manifestants lors des émeutes de décembre 1970.

4 Le texte intégral de la lettre, approuvée par l’Assemblée générale de l’épiscopat polonais et lue le 1er janvier dans toutes les églises, est transmis par la dépêche de Varsovie n° 1047/EU du 7 janvier 1971, non publiée.

5 Wladislaw Gomulka est premier secrétaire du parti ouvrier unifié polonais (POUP) de 1956 à décembre 1970. Il est évincé de son poste de membre du Conseil de l’État le 20 mai 1971.

6 Zénon Kliszko, vice-ministre de la Justice en 1948, député à la Diète de 1947 à 1949, membre adjoint du comité central du POUP, destitué en 1947, exclu du parti en 1949, réhabilité en 1956, membre du comité central du parti, membre du bureau politique depuis 1959, député et vice-maréchal de la Diète depuis 1957, exclu du bureau politique du POUP le 20 décembre 1970, puis du comité central le 7 février 1971 et démis de ses fonctions de vice-maréchal de la Diète.

7 Boleslaw Jaszczuk, ingénieur de formation, ministre de l’Énergie de 1952 à 1956, ambassadeur de Pologne à Moscou de 1959 à 1963, membre du parti ouvrier unifié polonais depuis 1948, membre du comité central de 1959 à 1971.

8 Jozef Cyrankiewicz a été Premier ministre de Pologne du 6 février 1947 au 20 novembre 1952, puis à nouveau du 18 mars 1954 au 23 décembre 1970, président du Conseil de l’État du 23 décembre 1970 au 28 mars 1972.

9 Stefan Jedrychowski, membre du parti ouvrier unifié polonais depuis 1948, membre du bureau politique de 1956 à décembre 1971, ministre des Affaires étrangères de Pologne depuis décembre 1968.

10 Ignacy Loga-Sowinski, membre du comité central et membre du bureau politique du POUP de 1956 à 1971, syndicaliste depuis 1949, secrétaire du conseil central des Syndicats en 1956, puis président de ce conseil central de 1956 à 1971, vice-président de la Fédération syndicale mondiale depuis 1961, vice-président du Conseil de l’État de 1965 au 13 février 1971.

11 La traduction de l’allocution prononcée par M. Gierek, le 31 décembre, devant les caméras et les micros de la radio et de la télévision, est transmise par la dépêche de Varsovie n° 1032/EU du 6 janvier 1971, non reproduite.

12 Le parti ouvrier unifié polonais (POUP) décide d’augmenter, pour la première fois depuis des années certains prix alimentaires. La décision est brutale, inattendue et impopulaire. Le samedi 12, les cellules du parti se réunissent sur l’ensemble du pays. La population témoigne d’une grande opposition, la tension monte, en particulier à Gdansk, Gdynia et Sopot. Le lundi 14 décembre, les chantiers navals se mettent en grève, les émeutes se déclenchent. Voir la dépêche de Varsovie n° 01/EU du 9 janvier 1971, non publiée, intitulée « Troubles du mois de décembre ».

3

NOTE DE LA SOUS-DIRECTION D’EUROPE CENTRALE

Négociation quadripartite de Berlin

N1. Paris, 4 janvier 1971.

De l’ouverture des conversations quadripartites au mois de mars 19702 jusqu’à la fin de l’année, les ambassadeurs des quatre Puissances3 ont tenu douze séances à Berlin. Alors que jusqu’à la pause de l’été les réunions n’avaient guère consisté qu’à réaffirmer de part et d’autre des positions juridiques et de principe difficilement conciliables, la discussion a pris depuis l’automne un tour plus concret. Les grandes lignes d’un accord possible commencent à se dessiner : il consisterait en un texte quadripartite sur les principes, complété par des mesures pratiques qui feraient l’objet d’engagements sous des formes diverses (soit à Quatre, soit par déclaration unilatérale). Sur le problème essentiel des accès civils à Berlin, l’accord envisagé comporterait à la fois engagement des Quatre et règlement par les autorités allemandes de Bonn et de Pankow des modalités pratiques du transit.

Le désir des Soviétiques de parvenir à un accord ne paraît plus faire de doute : la signature du traité de Moscou au mois d’août4 et le lien entre sa ratification et un accord sur Berlin5 les incitent certainement à arriver à un résultat dans les conversations en cours. Mais il apparaît également qu’ils ne sont pas pour autant disposés à faire bon marché des intérêts de la RDA et qu’ils n’abandonnent pas l’objectif de faire reconnaître l’existence de trois États allemands, Berlin-Ouest devenant une « entité politique indépendante ».

Au stade actuel de la négociation, les résultats obtenus dans les différents domaines qui ont été abordés peuvent se résumer ainsi :

    I. Accord quadripartite sur les principes

Le texte proposé par les Soviétiques le 10 décembre met en avant trois principes : non-recours à la force, respect du statu quo, non-ingérence dans les affaires intérieures « des autres ». Par sa rédaction volontairement ambiguë, son aire d’application non-précisée (« éliminer les tensions au centre de l’Europe »), ce texte est susceptible d’interprétations divergentes. Il pourrait notamment être invoqué par l’Union soviétique pour intervenir à Berlin-Ouest ou justifier des initiatives de la RDA sur les accès civils.

Bien que les Occidentaux ne puissent espérer faire reconnaître explicitement par l’URSS le principe de la responsabilité quadripartite pour l’ensemble de Berlin, il convient du moins que le texte, qui sera finalement adopté, ne soit pas en contradiction avec ce principe. Si une rédaction suffisamment claire ne pouvait être obtenue, mieux vaudrait peut-être renoncer à un texte portant sur les principes et s’en tenir à des mesures pratiques : il apparaîtrait que les Alliés s’en tiennent à leur interprétation constante de leurs droits originaires en ce qui concerne Berlin et l’Allemagne dans son ensemble. Mais, pour commencer, de nouveaux efforts doivent être faits pour améliorer le projet soviétique du 10 décembre.

    II. Accès

C’est dans ce domaine que les possibilités d’un accord apparaissent le plus nettement, tant sur la forme que sur la substance :

       quant à la forme, les quatre Puissances admettent une procédure conduisant à un accord « à trois niveaux », c’est-à-dire comportant successivement un accord de principe entre les Quatre sur la liberté des accès, un accord entre les deux États allemands sur les modalités pratiques de mise en œuvre enfin une « sanction »6 quadripartite ;

       quant au fond, les Soviétiques ont présenté un certain nombre d’indications concrètes qui, sans être aussi étendues et précises que nous le demandons, vont dans le sens que nous souhaitons : allégement de certains contrôles, circulation de véhicules plombés, etc.

Toutefois, aussi bien pour l’accord général que pour les modalités pratiques, apparaît la volonté de l’Union soviétique de faire admettre par les Alliés la souveraineté de la RDA. Un des points essentiels sur lequel devront porter les efforts des négociateurs alliés pour la suite des conversations sera de faire disparaître des textes et de la procédure envisagée tout ce qui pourrait consacrer formellement pour l’avenir la compétence de Pankow en matière d’accès civils. Il faudra de plus obtenir de notre partenaire soviétique des engagements plus précis, notamment en ce qui concerne la circulation des personnes.

    III. Présence fédérale à Berlin

Les Soviétiques ont affirmé, dès le début des échanges de vues, que toute forme de présence politique fédérale est illégale et doit disparaître. La liste des activités à proscrire remise par M. Abrassimov, le 4 novembre, va très loin dans ce sens et comprend toutes les activités parlementaires, toute réunion de parti politique, toute branche des administrations fédérales. Depuis lors, les Soviétiques ont laissé entendre qu’ils ne cherchaient pas à obtenir le départ de Berlin des services fédéraux qui y sont installés, mais que ceux-ci devraient être transformés en « services de liaison »7.

Les Alliés ont fait savoir au représentant de l’URSS que la République fédérale était disposée à renoncer à certaines manifestations (notamment élection du président de la République, sessions plénières des Assemblées fédérales, etc.). L’écart avec les exigences soviétiques est encore important, notamment en ce qui concerne les réunions des commissions parlementaires. Le gouvernement fédéral de son côté est resté assez imprécis dans les indications qu’il a données aux Alliés. C’est un domaine dans lequel sa liberté de manœuvre est limitée. L’opposition est vigilante : le président du Bundestag8 vient encore de déclarer que le Parlement ne pourrait renoncer au droit de tenir des réunions à Berlin.

La question de la forme de cette partie de l’accord est encore ouverte. Il nous paraît souhaitable qu’elle consiste en une déclaration unilatérale des trois Occidentaux et qu’elle comprenne seulement une « liste négative » des activités auxquelles renoncerait le gouvernement fédéral.

    IV. Autres questions

Une fois l’accord réalisé sur les questions essentielles évoquées cidessus, il restera encore à débattre de la représentation des Berlinois de l’Ouest par la République fédérale d’Allemagne (passeports, protection consulaire, etc.), du droit de visite des Berlinois de l’Ouest à Berlin-Est, des demandes soviétiques d’implantation dans les secteurs occidentaux (consulat, services commerciaux et culturels).

Toutes les solutions auxquelles on parviendra devront bien entendu être reprises dans un accord global.

*

POURSUITE DE LA NÉGOCIATION

Le gouvernement fédéral a, dès le début des échanges de vues, manifesté sa hâte de voir les quatre Puissances parvenir à un accord. Il est devenu particulièrement pressant après la signature du Traité de Moscou (12 août) et jusqu’aux élections de Hesse et de Bavière (novembre)9, période pendant laquelle il souhaitait pouvoir faire état de progrès. À la suite de ces élections, sa hâte s’est tempérée et il a estimé qu’il fallait au contraire attendre que les Soviétiques désireux d’arriver à un résultat avant le XXIVe Congrès du PCUS10, fassent un geste. À la mi-décembre, nos interlocuteurs de Bonn ont de nouveau manifesté quelque impatience. La lettre adressée par le Chancelier aux trois chefs d’État ou de gouvernement pour proposer de donner aux conversations de Berlin « le caractère d’une conférence » en est un signe.

Il est de l’intérêt des Alliés, pour le bon déroulement de la négociation, de ne manifester aucune hâte à l’égard de leur partenaire soviétique. Si toutefois celui-ci confirme lors des prochaines réunions (notamment à la séance des ambassadeurs le 19 janvier) son intention de parvenir à un accord sur des bases acceptables, il n’y aura aucun inconvénient à accroître la cadence des réunions. Il est en tout cas important de ne pas donner au gouvernement fédéral, qui fait dépendre la poursuite de sa politique à l’Est de l’accord sur Berlin, l’impression que nous faisons traîner la négociation.

En effet, en dehors de la question de la ratification des accords de Moscou et de Varsovie, les autorités fédérales sont décidées à n’aborder avec Pankov la question des accès à Berlin qu’après la conclusion d’un accord de principe entre les quatre puissances. Elles ne se tiendront à cette position que si elles n’ont aucun doute sur notre volonté d’aboutir. Dans le cas contraire, il leur sera difficile de ne pas accepter les offres de négociation directe de Berlin-Est. Si elles s’engageaient dans cette voie, le Sénat de Berlin accepterait sans doute les propositions de Pankow de négocier sur les droits de transit des Berlinois de l’Ouest : la théorie des trois États11 serait alors consacrée et les droits alliés vidés de tout contenu.

*

Si les Soviétiques sont décidés, comme ils l’affirment, à respecter le statu quo à Berlin, il est essentiel qu’ils garantissent sans équivoque la liberté des accès civils et que les conditions qui seront la contrepartie de cette garantie (diminution de la présence fédérale) soient clairement et limitativement énoncées. Dans le cas contraire, la RDA, soutenue par l’URSS, se livrera à une surenchère permanente dans ses objections aux activités de la République fédérale d’Allemagne à Berlin-Ouest12 : les harcèlements sur les accès qui ont eu lieu en décembre pour la réunion des chefs de groupes parlementaires SPD des Länder (manifestation mineure qui dans le passé ne donnait lieu à aucune protestation) sont une illustration de ce danger d’escalade. Or, l’isolement est la menace la plus grave qui pèse sur les secteurs occidentaux de Berlin depuis 1945. La présence des garnisons alliées ne suffit pas à assurer la « viabilité » de la ville. Les liaisons avec la République fédérale sont également indispensables. Comme il est évident que la RDA ne renoncera jamais à l’espoir d’absorber Berlin-Ouest, c’est de l’Union soviétique qu’il faut continuer à exiger la garantie de la liberté d’accès. C’est dans la mesure où ils y réussiront que les Alliés auront obtenu un résultat positif pour l’avenir de Berlin-Ouest.

(Europe, République fédérale d’Allemagne, 1971-juin 1976, relations politiques France-RFA, sommet franco-allemand, 1971, n° 3000)

1 Cette note est rédigée par M. Pierre Boyer, conseiller des Affaires étrangères, délégué dans les fonctions de sous-directeur d’Europe centrale au Département depuis novembre 1970.

2 Pour la première fois depuis 1959, les quatre alliés se rencontrent, au niveau des ambassadeurs, le 26 mars 1970 à Berlin. Le discours d’Andreï Gromyko au Soviet suprême, le 10 juillet 1969, montre la volonté du gouvernement soviétique d’entreprendre des conversations sérieuses : « Si les autres puissances, nos alliés de la guerre, qui portent une part de responsabilité dans la situation de Berlin, abordent cette question en tenant compte des intérêts de la sécurité européenne, elles trouveront l’Union soviétique prête à un échange de vues sur la manière d’éviter les complications à propos de Berlin-Ouest ». Des échanges d’aide-mémoire entre les Occidentaux et l’URSS concrétisent cette volonté (6 août 1969, remise d’un document officieux par les ambassadeurs des trois puissances occidentales ; 12 septembre 1969, réponse soviétique ; 16 décembre 1969, remise d’un aide-mémoire des Trois à Moscou ; 10 février 1970, réponse positive de l’URSS qui permet l’ouverture d’un premier échange de vues officiel le 26 mars 1970).

3 Le règlement de la question berlinoise est confié aux ambassadeurs des quatre puissances responsables pour l’Allemagne : américain (Kenneth Rush, depuis le 22 juillet 1969), britannique (Roger Jackling, depuis 1968) et français (François Seydoux, de 1965 à avril 1970), à Bonn, et l’ambassadeur soviétique à Berlin-Est (Pietr Abrassimov, depuis 1962).

4 Le traité germano-soviétique portant renonciation à la force et extension de la coopération entre les deux États, est signé à Moscou le 12 août 1970, par le chancelier Willy Brandt et Alexeï Kossyguine, président du Conseil de l’URSS. La traduction française du texte de ce traité est classée dans le dossier d’archives n° 1578, EU, RFA, 1961-1970, relations avec l’URSS. Pour une analyse succincte, se reporter à L’Année politique 1970, p. 307 à 309. Le traité germano-polonais est signé à Varsovie le 7 décembre 1970. Ce traité, dont l’intitulé officiel est « Traité sur les fondements de la normalisation des relations mutuelles », est paraphé le 18 novembre 1970, et signé le 7 décembre 1970. Les entretiens préliminaires se sont déroulés à Varsovie et à Bonn du 9 mars au 7 octobre, les négociations véritables commencent à Varsovie au début du mois de novembre. Ce n’est pas un traité de paix. Les deux pays se reconnaissent mutuellement sur le plan diplomatique et reconnaissent l’inviolabilité des frontières issues de la conférence de Potsdam (1945) en renonçant à toute revendication territoriale.

5 Le gouvernement de la République fédérale d’Allemagne décide de lier la ratification des traités de Moscou puis de Varsovie à la signature d’un accord satisfaisant sur Berlin-Ouest. L’objectif du chancelier fédéral est de ratifier les traités de Moscou et de Varsovie avant l’été 1972, pour éviter que le débat n’interfère avec les élections législatives qui se tiennent à la fin de l’année 1972. La question du Junktim ou l’interdépendance entre un règlement à Berlin et la ratification des traités avec l’Est, fait l’objet de la dépêche de Bad-Godesberg n° 61 du 7 janvier 1961, non publiée.

6 Le terme « sanction » est pris ici dans un sens juridique, et signifie « approuver légalement » ou « officiellement », ratifier.

7 La liste des organismes de la République fédérale installés dans les secteurs occidentaux de Berlin, remise par l’Auswärtiges Amt au groupe de Bonn le 20 janvier 1971 est transmise à Paris sous bordereau n° 198 du 21 janvier. Ce document, rédigé en allemand, n’est pas publié.

8 Kai-Uwe von Hassel (CDU/démocratie chrétienne) est président du Bundestag du 5 février 1969 au 19 décembre 1972.

9 Les élections parlementaires ont eu lieu en Hesse, le 8 novembre, et en Bavière, le 22 novembre 1970. Le gouvernement Brandt en est sorti renforcé.

10 Le XXIVe Congrès du parti communiste de l’URSS se tient du 30 mars au 9 avril 1971. Le rapport exposé par le Secrétaire général, Leonid Brejnev, contient un programme de paix en 5 points proposé à tous les États du monde occidental.

11 Ces trois États allemands étant alors la RFA, la RDA et Berlin.

12 Au sujet de la forte concentration de réunion d’organes parlementaires et autres à Berlin, à la fin de janvier, se reporter aux télégrammes de Berlin, nos 34 et 35 du 8 janvier et de Bonn nos 269 à 274 du 16 janvier, non repris ici.

4

M. CARTON, AMBASSADEUR DE FRANCE AU KOWEIT, À M. SCHUMANN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

D. n° 5/DE. Koweit, 4 janvier 1971.

Perspectives économiques françaises dans le Golfe et à Oman

La dernière mission effectuée par mes soins1 dans le Golfe, entre le 18 et le 22 décembre 1970, m’a permis, à la fois, de faire le point de notre action économique dans cette région et d’y entrevoir des perspectives encourageantes de développement de nos affaires dans l’avenir.

Notre pénétration économique, dans le courant des années précédentes, avait été ralentie par différents facteurs, notamment notre ignorance des marchés nouveaux qui s’offraient à nous et l’hostilité marquée à notre égard par des services coloniaux peu enclins à nous voir prendre pied dans le secteur. Le seul émirat qui nous admit spontanément sur son territoire fut Abu-Dhabi (Sogreah2, Sainrapt-et-Brice3, Sade4 et Entrepose, Cge ont tour à tour été sollicités par l’administration abudhabienne). Bahrein et Qatar nous ont, de leur côté, approchés pour certaines études sans avoir pour autant, au 31 décembre 1970, conclu de contrats précis avec nos entreprises. Notre action dans les autres émirats, moins argentés, n’a pas été particulièrement consistante et ce à juste titre. Le futur incertain de ces micro-principautés nous incitait, en effet, à la prudence.

Mais l’année 1971 s’ouvre, semble-t-il, sur des perspectives plus encourageantes. J’en fais le sommaire ci-après :

BAHREIN

1) À la suite des contacts pris à l’échelle gouvernementale, il est d’ores et déjà permis d’envisager un début de coopération technique (ma lettre no 291/DGRCST en date du 23 novembre5). Sur le plan purement économique, il y a lieu de signaler que de sérieux espoirs existent de voir des intérêts français se consacrer avec succès à la création d’un centre touristique comprenant, entre autres, un casino et des hôtels.

2) Sogreah qui, par l’entremise de la Cogex Internationale (président directeur général : M. Sauvage de Saint-Marc) avait, en 1969, soumis différentes propositions au gouvernement de Bahrein (ma dépêche no 245/AL du 16 novembre 1969)6, peut raisonnablement compter enlever un projet. Celui-ci consisterait à encourager et développer l’industrie perlière dans le but de l’associer à la joaillerie française : un artisanat serait créé sur place avec l’aide de maîtres joailliers français pour le montage des perles locales connues pour leur qualité exceptionnelle. Cheikh Issa7 de Bahrein et M. Youssef Shirawi8, ministre du Développement, se sont déclarés, en fait, très intéressés par cette idée.

3) Peut-être existe-t-il, en outre, pour la Sogreah, une possibilité de reboisement dans l’archipel. Cheikh Issa m’en a parlé à plusieurs reprises à la suite des résultats obtenus à Abu-Dhabi.

4) Le Centre électronique de France, enfin, est engagé dans des négociations avancées en vue de créer une station complète de télévision à Bahrein. Ce projet pourrait voir sa réalisation en 1971.

QATAR

1) Le Brgm (Bureau de recherches géologiques et minières) a mené à bien le contrat d’études qui lui avait été confié l’an dernier.

2) La société Sidem9 qui avait soumissionné pour la construction d’une usine de dessalement des eaux (deux fois deux millions de gallons/jour, 36 millions de nouveaux francs), est sur le point d’enlever le contrat relatif à la réalisation de ce projet, bien que son concurrent le plus direct soit une société britannique, Weir.

3) La Cogex Internationale, qui joue maintenant le rôle d’ingénieur-conseil de Sogreah et qui a pour vocation de réaliser des groupements ou consortiums10 au fur et à mesure des besoins, est sur une affaire de reboisement (72 millions de francs au total) susceptible d’être réalisée en 1971-72 et 1974-75 par l’utilisation des eaux souterraines et des eaux traitées dans l’usine d’épuration en cours de construction par une société suédoise.

ABU-DHABI

Ainsi que nous l’avait laissé espérer cheik Zayed11, de nouvelles perspectives s’ouvrent à nous dans cet Émirat :

1) Entrepose, pour le compte d’Abu-Dhabi Petroleum Cy (ADPC), est actuellement chargée d’exécuter un contrat pétrolier (réparation des réservoirs de pétrole brut). Les travaux de notre compagnie sont d’une grande importance pour l’Émirat car ils ont pour but de restaurer la capacité de stockage du terminal de Djebel Dhanna12. Les réservoirs, construits il y a fort peu de temps par une compagnie britannique, se trouvent, en effet, déjà gravement corrodés et hors d’usage.

Entrepose a également été appelée, par la même ADPC, à étudier un important projet dans la région de Bo-Asa13. Ce projet, lié au développement pétrolier de l’Émirat, se monterait à plus de 2 millions de livres sterling.

2) Sainrapt-et-Brice, dès la fin de ses travaux actuels d’environ 7 millions de £, a de fortes chances d’enlever de nouveaux contrats de dragage et de remblaiements, dont le coût avoisinerait 5 millions de £.

3) Cogex Internationale-Sogreah. Devant les succès connus à Abu-Dhabi par le Consortium de Reboisement, la Sogreah est en voie d’être considérée et traitée par cheikh Zayed comme une société d’experts privés, en matière d’agriculture, le conseillant dans les problèmes d’aménagement du territoire. Le Prince Régnant vient, en effet, de promettre au Consortium différents travaux :

       5 hectares de reboisement dans l’île de Sia Banyas14;

       embellissement de la cité d’Abu-Dhabi (jardins, ronds-points, allées monumentales, corniche etc.; environ 50 hectares de fine horticulture);

       aménagement et enrichissement du parc aux gazelles ;

       réalisation d’une unité de « désaumarisation »15 de l’eau de la nappe d’El Ein en vue de son utilisation pour l’agriculture ; cette première unité pourrait servir d’exemple à l’emploi systématique d’ensembles « puits-unités » de dessalement.

Il existe enfin un projet d’extension de l’usine de dessalement d’Abu-Dhabi auquel la Sogreah, en liaison avec Alsthom, je crois, a l’intention de s’intéresser.

SHARJAH

Dans cet Émirat, aux ressources insignifiantes, cheikh Zayed finance une opération agricole ainsi que la construction d’une centrale thermique de faible capacité : ces travaux auraient été confiés à la Sogreah.

OMAN

Notre conseiller commercial16 n’a pas manqué d’appeler l’attention de son Département sur les différents projets de développement de ce sultanat. Il m’est revenu que, dès le lendemain du coup d’État qui amena le sultan Qabous bin Saïd bin Taymour17 au pouvoir, c’est-à-dire en juillet dernier, la Cogex Internationale-Sogreah s’était mise en devoir d’explorer les possibilités d’implantation dans ce pays. Notre société a conclu un accord d’association avec la Oman Development Cy dont le président est M. Qaïs Zawawi, l’un des plus riches commerçants de l’endroit (ma lettre no 282/DE en date du 22 novembre 1970)18.

Une mission Sogreah a établi, en novembre/décembre, un premier rapport des potentialités du sultanat et a proposé un programme d’intervention (des études pour mieux connaître les ressources en eaux souterraines et les sols et, en même temps, des réalisations). Ce programme est estimé à environ 3,5 millions de £. Les premiers contrats, m’a-t-il été dit, doivent être signés à Mascate vers le 15 janvier.

En Oman, la Cogex-Sogreah espère s’intéresser tout particulièrement à l’agriculture (cultures, forêts, élevage, industries agricoles), à l’énergie et, si possible, aux télécommunications et téléphone. À la demande de M. Zawawi, elle étudie d’ores et déjà la possibilité de créer une agence de l’association Oman Development Cy – Cogex en Europe.

Devant l’importance des contacts pris par la Sogreah en Oman, j’ai cru devoir conseiller au directeur de cette société, M. Joseph Hirigoyen, de se mettre en rapport avec la direction des Affaires économiques du Département en vue de lui fournir de plus amples informations sur ces projets d’avenir, projets qui me paraissent sérieux et qui mériteraient, je crois, nos encouragements et notre appui moral

(Afrique-Levant, Levant 1971-1972, Pays du Golfe persique, relations économiques avec la France, coté PGP-6-4, carton 1972)

1 Paul Carton, conseiller des Affaires étrangères, est nommé en mai 1967 consul général à Koweit, puis chargé d’Affaires au même poste en janvier 1968 et ambassadeur en juillet 1968.

2 La Sogreah, société grenobloise d’études et d’applications hydrauliques, a été notamment chargée de l’afforestation des deux côtés de l’autoroute menant de la ville d’Abou-Dhabi à El Ein. Le projet prévoit le forage de quarante-cinq puits pour l’utilisation des nappes souterraines et la plantation de 580 000 arbres (D. n°3/AL de Koweit du 2 janvier 1971, carton 1972).

3 La société Sainrapt-et-Brice a effectué le dragage du chenal autour de la capitale.

4 Sade : société alsacienne de développement et d’expansion ; son siège est à Strasbourg.

5 La dépêche du 23 novembre 1970, n° 291/DGRCST émanant de M. Paul carton, ambassadeur à Koweit, rend compte du résultat des contacts pris avec les autorités de Bahrein en vue d’une coopération culturelle et technique : le gouvernement de Bahrein souhaiterait obtenir des perfectionnements techniques en France et en retour accueillir des experts français (PCP, relations culturelles avec la France, carton 1834).

6 La dépêche de Koweit n° 245/AL du 16 novembre 1969 ne figure pas au dossier.

7 Issa bin Sulman al Khalifa est le cheikh de Bahrein depuis 1961.

8 M. Youssif Shirawi est ministre du Développement et des Services techniques de Bahrein.

9 Sidem : société internationale de dessalement.

10 Note du rédacteur : « tel que le “consortium de reboisement” à Abu-Dhabi ».

11 Zayed ben Sultan al Nahayyan est le cheikh d’Abou Dhabi depuis 1966.

12 Djebel Danna, terminal pétrolier sur le Golfe persique, à une centaine de kilomètres de la frontière avec l’Arabie saoudite.

13 Bo-Asa se trouve à l’intérieur du pays sur le tropique du Cancer au sud-ouest de la ville d’Abou-Dhabi.

14 L’île de Sia Banyas est située en face du terminal de Djebel Danna.

15 Note du rédacteur : « adoucissement de l’eau saumâtre ».

16 Le conseiller commercial de France à Oman et dans les pays du Golfe persique est M. Guy Girod, en résidence à Beyrouth.

17 Cheikh Qabous bin Saïd bin Taymour devient sultan d’Oman à la suite de la révolution de palais du 26 juillet 1970. il succède à son père le sultan Saïd bin Taimour.

18 La lettre n° 282/DE du 22 novembre 1970 en provenance de Koweit ne figure pas au dossier.

5

NOTE DE LA DIRECTION DES AFFAIRES ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES (SERVICE DE COOPÉRATION ÉCONOMIQUE)

Élargissement des Communautés

N. n° 4/CE1. Paris, 5 janvier 1971.

Au seuil de l’année 1971 la négociation d’élargissement est engagée dans les conditions qui avaient été retenues à la conférence de La Haye2.

Deux dossiers, ceux de la coopération politique et de l’achèvement, ont pu être clos. Dans le cas du second, le financement des dépenses communautaires par ses ressources propres débute à la date convenue du 1er janvier 1971, sans qu’aucun de nos partenaires ait tenté de reporter cette échéance ou de remettre en cause les décisions prises.

Si, pour ce qui est du renforcement, aucun progrès n’a été fait dans le domaine industriel, les éléments sur lesquels les gouvernements ont à se prononcer en ce qui concerne l’union économique et monétaire ont été réunis. Le débat est en cours à ce sujet entre les Six.

Pour la négociation d’élargissement elle-même, enfin, la phase préparatoire s’est achevée à la fin de 1970 avec l’exposé des positions britanniques sur les principaux dossiers : le débat est ouvert sur la reprise de l’acquis communautaire, notamment pour l’agriculture et le financement des dépenses, et les Six ont interrogé les Britanniques sur un certain nombre de points relatifs à la balance des paiements du Royaume-Uni et au rôle international de la livre. Les problèmes que pose l’adhésion des trois autres pays candidats3 ont, d’autre part, été largement exposés par leurs représentants, et les pays non-candidats, membres de l’Association européenne de libre-échange4, ont indiqué les modalités selon lesquelles ils souhaitent voir définies leurs relations futures avec la Communauté.

Les incertitudes qui pèsent sur le déroulement de la négociation et sur les conclusions auxquelles elle peut aboutir ne sont pas levées pour autant. La position britannique reste imprécise quant à la volonté, voire à la capacité, du Royaume-Uni d’assumer les obligations qu’impose l’adhésion au Marché commun. La nature des relations futures de la Communauté avec les pays de l’Europe occidentale qui n’en feront pas partie et avec les États-Unis n’apparaît pas encore clairement. L’attitude, enfin, que prendront nos partenaires, lorsque les difficultés de la négociation seront affrontées, reste incertaine.

1) Du côté britannique, les préoccupations d’ordre politique, en y incluant la Défense, continuent d’être mises en avant pour justifier et affirmer la volonté de l’engagement européen. On ne peut considérer, cependant, que cette volonté apparaisse clairement dans les propositions que le gouvernement britannique avance à la conférence de négociation.

Il est vrai que ces propositions paraissent dans une large mesure s’ajuster à la position de négociation définie, par la Communauté. Les porte-parole britanniques, M. Barber5 les 30 juin et 21 juillet, M. Rippon6 depuis cette date, ont indiqué à plusieurs reprises que la Grande-Bretagne acceptait les Traités7 et les décisions prises depuis leur entrée en vigueur ; les réserves initialement exprimées sur une partie de la politique agricole commune et sur les dispositions relatives au financement des dépenses ont été levées ou atténuées par la suite. Seul reste encore incertain, d’après les déclarations officielles, le sort des options de développement ; mais la Communauté elle-même n’a pas jusqu’à présent donné de contenu concret à cette notion, qui pourra être éclaircie lorsque ses travaux sur l’union économique et monétaire auront abouti à des conclusions. On peut enfin relever que les positions britanniques se sont également rapprochées de celles des Six dans la conception de la période de transition, puisque M. Rippon a admis le 8 décembre 1970 que l’alignement sur les dispositions communautaires pourrait se faire au cours d’une période unique de cinq ans pour les échanges de produits industriels et l’agriculture, auxquels il a ajouté la libération des mouvements de capitaux et l’harmonisation de la fiscalité.

Les déclarations faites à cet égard, et le rapprochement progressif qu’elles traduisent, restent cependant très largement formels. Les nouvelles propositions britanniques pour les échanges de produits industriels prévoient bien l’application sur cinq ans, et non plus sur trois ans, des réductions tarifaires internes et du rapprochement vers le tarif extérieur commun, mais 80 % de ces mouvements seraient acquis à la fin de la troisième année, ce qui ne modifie pas substantiellement la position britannique initiale. Dans le domaine agricole, des dérogations de nature permanente à l’application des règles communautaires sont toujours demandées pour le sucre des pays sous-développés du Commonwealth et pour les produits laitiers de la Nouvelle-Zélande. Les modalités suggérées pour la reprise de la politique agricole commune au cours de la période de transition traduisent plus le désir de retarder et d’atténuer les effets de cette reprise pour les producteurs britanniques et les fournisseurs des pays tiers que celui de s’insérer rapidement dans le dispositif communautaire. D’une façon générale, d’ailleurs, la délégation britannique paraît retenir comme idée directrice, dans tous les domaines où les effets positifs de l’adhésion ne se feront pas immédiatement sentir, que les ajustements qu’implique cette adhésion devraient être autant que possible reportés à la fin de la période de transition. C’est l’attitude qu’elle a prise en décembre en ce qui concerne la libération des mouvements de capitaux et l’introduction de la TVA ; elle est à rapprocher d’une tendance ancienne, et qui ne s’est pas démentie jusqu’à présent, à considérer qu’un certain nombre de questions, présentées comme d’importance secondaire8, pourraient être réglées après l’adhésion. L’objectif est évidemment, dans tous ces domaines, de renvoyer le maximum de décisions au moment où le Royaume-Uni sera membre des Communautés et sera mieux à même d’infléchir l’évolution des politiques communautaires dans le sens de ses intérêts.

Sur deux points essentiels, le financement des dépenses communautaires et l’agriculture, les positions britanniques restent préoccupantes.

M. Rippon a exposé aux Communes le 16 décembre, en même temps qu’il les communiquait aux Six, ses propositions sur le premier point. Elles sont présentées comme conformes au schéma retenu par la Communauté : progression des contributions pendant cinq ans, suivie d’une période de trois ans au cours de laquelle leurs variations sont maintenues à l’intérieur de limites convenues. Il s’agit en fait, en prévoyant une contribution très faible pour la première année – 3 % au plus des dépenses communautaires –, une progression très lente puisque la contribution n’atteindrait que 15 % la cinquième année et 16 % la huitième, et la possibilité de dispositions dérogeant au droit commun au-delà de cette date, d’établir un système de contributions forfaitaires totalement différent de celui des ressources propres. Le financement des dépenses communautaires ne serait plus assuré en priorité, comme le justifie l’existence de l’union douanière et d’un marché agricole unique, et conformément à nos intérêts, par des recettes perçues à l’occasion des échanges extérieurs. La préférence communautaire dans le domaine agricole, et par suite le fonctionnement même des organisations de marché, seraient affectés puisque disparaîtrait l’incitation à s’approvisionner dans la Communauté que constitue pour les gouvernements l’obligation de verser à la Communauté la totalité des prélèvements agricoles. Ainsi ces propositions britanniques ne traduisent pas seulement le désir légitime de négocier au mieux les mesures de transition ; elles tendent en réalité à mettre en question le système sur lequel les Six se sont entendus et que nous avons toujours considéré, pour notre part, comme essentiel.

C’est à des constatations analogues, en ce qui concerne le jeu de la préférence communautaire, que conduit l’examen des plus récentes déclarations britanniques sur les mécanismes de transition dans le secteur agricole. Si la délégation britannique reconnaît que la préférence communautaire doit jouer entre les Six et les nouveaux adhérents, les dispositions qu’elle propose de retenir à cet effet ne sont pas de nature à rendre cette préférence rapidement effective.

2) Il y a peu à dire, à ce stade, des négociations engagées avec l’Irlande, le Danemark et la Norvège, dont les problèmes ne sont pas à la mesure de ceux que pose le Royaume-Uni. Leurs intérêts sont, à de nombreux égards, différents de ceux de ce dernier pays, notamment pour le Danemark qui souhaite pouvoir vendre le plus rapidement possible ses produits agricoles sur l’ensemble de la Communauté élargie. Ces différences ne sont pas, cependant, de nature à peser fortement sur la négociation anglaise. On notera, d’autre part, que des difficultés sérieuses apparaîtront sans doute dans le cas de la Norvège, qui tentera d’obtenir des dérogations générales et durables pour l’agriculture et la pêche, et dont l’opinion semble fortement divisée sur l’opportunité de l’adhésion.

Les premières réunions tenues en novembre avec les représentants des pays de l’AELE non-candidats à l’adhésion – Autriche, Suède, Suisse, Portugal, Finlande, Islande – ont confirmé s’il en était besoin la complexité des problèmes que pose l’aménagement de leurs relations avec la Communauté élargie. La préoccupation prioritaire qu’ils ont en commun est de maintenir le régime de libre-échange dont ils jouissent, au sein de l’AELE, avec le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège, et de l’étendre à la Communauté. Mais la nature et la portée des liens qu’ils sont prêts à établir avec celle-ci varient considérablement d’un pays à l’autre. La Suède, par exemple, déclare accepter l’union douanière et la politique agricole commune, tout en réservant sa position sur les modalités d’application et sur les clauses échappatoires qu’exigerait le respect de sa neutralité, cependant que la Suisse, pays dont l’économie et les rapports avec la Communauté ne sont pas sensiblement différents, se refuse à envisager un alignement de cette nature. Chacun des autres pays constituant également un cas particulier, aucune solution qui soit satisfaisante pour toutes les parties en cause ne s’est jusqu’à présent dessinée.

Les conversations exploratoires engagées par la Commission ne seront pas achevées avant plusieurs mois. Mais il paraît peu vraisemblable, en tout état de cause, qu’elles puissent déboucher sur des solutions imposant à ces pays, dans la gestion de leur politique économique, des disciplines analogues à celles que les Six ont déjà admises pour eux-mêmes et qu’ils envisagent de renforcer. Cet état de choses ne pourra être sans conséquences sur l’évolution de la Communauté elle-même.

Du côté des États-Unis, enfin, l’attention portée aux effets possibles de l’élargissement sur leurs intérêts commerciaux s’est accrue au cours des derniers mois. Les déclarations et les démarches se sont faites plus précises, à propos de la politique agricole commune, des accords préférentiels avec les pays tiers, des obstacles autres que tarifaires aux échanges. La préoccupation principale porte sur le niveau des prix communautaires pour les céréales. Dans la mesure où les autorités américaines ne peuvent réellement escompter une baisse de ces prix, on peut penser qu’elles suivront avec la plus grande attention les discussions entre les Six et avec le Royaume-Uni sur les modalités de l’entrée en vigueur dans la Communauté élargie des règlements agricoles. Les intérêts français et américains risquent à cet égard de se trouver en conflit, puisque nous estimons nécessaire l’instauration immédiate d’une préférence communautaire qui aurait notamment pour effet de rendre moins compétitives sur le marché britannique les exportations américaines de blé. Plus généralement, l’importance du courant protectionniste récemment apparu aux États-Unis peut conduire au cours des prochains mois à des pressions sérieuses de la part de ce pays sur la conduite de la négociation.

3) Les premières divergences sont apparues entre les Six lorsqu’il s’est agi de définir les conditions dans lesquelles le Royaume-Uni devrait reprendre les dispositions relatives au financement des dépenses communautaires, entrées en vigueur le 1er janvier 1971. Aucun de nos partenaires n’admet en effet le point de vue que nous défendons sur le niveau de la contribution britannique initiale et sur l’exclusion de toute limitation de cette contribution à l’issue de la période de transition de cinq ans. Tous mettent au contraire en avant le caractère excessif qu’aurait cette demande à l’égard d’un pays dont l’opinion publique réagit dans l’ensemble avec réserve à l’idée de l’adhésion et qui connaît dans le domaine économique des difficultés sérieuses.

Ces raisons ne sont évidemment pas sans valeur et l’on peut sans doute à bon droit s’interroger, pour ce qui est de la seconde, sur la capacité de la Grande-Bretagne de transférer à la Communauté en 1973, dans l’état actuel des rapports de change et en sus des charges que lui impose son endettement, les quelque 800 millions d’unités de compte9 que pourrait représenter sa contribution « normale ». Les difficultés auxquelles doit faire face le Royaume-Uni sur le plan économique et social rendent d’ailleurs particulièrement hasardeuse toute tentative de prévision à cet égard. Mais elles ne doivent pas conduire, comme certains de nos partenaires paraissent y songer, à consentir de grandes facilités sur les conditions de l’adhésion quitte à retrouver, par l’établissement de règles rigoureuses dans le fonctionnement de l’union économique et monétaire, les moyens d’un contrôle étroit sur l’économie britannique. L’état actuel de la négociation, et les incertitudes qui la caractérisent ne justifient pas une modification de la position que les Six ont définie il y a peu de mois et qui ne comporte d’autre possibilité que celle d’adopter, et non de transformer, les règles établies par la Communauté.

(DE-CE, Service de coopération économique, 1967-1975, n° 768)

1 Cette note est rédigée par Bernard Bochet, conseiller des Affaires étrangères, sous-directeur du service de coopération économique de la direction des Affaires économiques et financières au Département depuis octobre 1968.

2 La Conférence de La Haye qui a réuni les chefs d’État ou de gouvernement des six pays du Marché commun les 1er et 2 décembre 1969. Sur ce sujet, voir DDF 1969-II, n° 349.

3 Les 10 et 11 mai 1967, le Royaume-Uni, le Danemark et la République d’Irlande formulent des demandes officielles d’adhésion aux Communautés européennes. La Norvège les suivra le 21 juillet 1967. Les négociations s’ouvrent le 30 juin 1970.

4 L’Association européenne de libre-échange (AELE) est instituée par la convention paraphée à Stockholm le 2 novembre 1959 et entrée en vigueur le 4 janvier 1960. Ses membres sont : le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège, le Danemark, l’Autriche, la Suisse (y compris le Liechtenstein) et le Portugal. Depuis 1961 la Finlande y est associée sans y avoir adhéré. L’Islande y est admise le 1er mars 1970.

5 Anthony Barber, chancelier du duché de Lancastre, chargé des négociations d’adhésion du Royaume-Uni aux Communautés européennes, du 20 juin au 25 juillet 1970 puis chancelier de l’Échiquier.

6 Geoffrey Rippon, chancelier du Duché de Lancastre, chargé des négociations d’adhésion du Royaume-Uni aux Communautés européennes depuis le 25 juillet 1970.

7 Il s’agit du Traité de Paris instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) du 18 avril 1951, du Traité de Rome du 25 mars 1957 instituant la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom), et du Traité de Bruxelles du 8 avril 1965, sur la fusion des Communautés européennes.

8 Note du texte : « La délégation britannique a mentionné, à titre d’exemples, les règlementations phytosanitaires et les accords conclus par la Communauté avec des pays tiers.»

9 La valeur de l’unité de compte de la Communauté économique européenne a été fixée à 0,88867088 gramme d’or fin, soit l’équivalent d’un dollar américain, par une décision du Conseil européen du 15 novembre 1960.

6

NOTE DE LA SOUS-DIRECTION DU LEVANT

Audience accordée par M. Schumann à l’ambassadeur d’Israël

N. Paris, 5 janvier 1971.

Le Ministre1 a reçu le 5 janvier l’ambassadeur d’Israël2, qui venait présenter les remerciements de son gouvernement pour l’intervention française auprès du gouvernement soviétique en faveur des condamnés de Léningrad3.

M. Ben Natan avait une nouvelle requête à présenter : quatre prisonniers israéliens très grièvement blessés se trouvent actuellement en Égypte4. Israël a demandé à la Croix-Rouge Internationale de servir d’intermédiaire pour obtenir leur rapatriement. N’ayant pas obtenu de réponse de l’Égypte, le gouvernement israélien souhaite que le gouvernement français intervienne à son tour en faveur de ces grands blessés. Le refus de l’Égypte d’accomplir ce geste de bonne volonté serait considéré à Tel-Aviv comme de très mauvais augure pour la suite des négociations.

M. Schumann rappelle qu’il n’a jamais refusé aucune intervention humanitaire. Cette question a déjà été signalée à M. Puaux5; le Ministre en parlera à M. Riad6.

M. Ben Natan venait de recevoir un câble de son gouvernement sur la reprise des négociations Jarring7. Les récentes déclarations de M. El Sadate8 dénotent un raidissement de la position égyptienne. Contrairement à Nasser, le président égyptien a un langage direct et clair. Il se sent fort d’un appui inconditionnel des Soviétiques. Aussi ne parle-t-il pas de paix mais de calendrier d’évacuation. Comme celui-ci ne pourra pas être établi le 5 février9, le président El Sadate brûle ses vaisseaux et annonce en fait la reprise des hostilités. Il faut qu’on sache qu’Israël ne négociera pas sous la menace, bien qu’il ait l’impression que tout le monde le pousse sur la pente fatale, celle de 195710, en lui demandant de retirer ses troupes contre des garanties illusoires. Les Arabes doivent savoir qu’il s’agit de négocier la paix et non pas le retrait des troupes.

Le Ministre constate que nos avertissements étaient justifiés. Nous continuons de penser que M. Jarring ne pouvait reprendre sa mission dans des conditions prometteuses sans être muni d’un projet de règlement élaboré par les Quatre. Il était de l’intérêt même d’Israël que ceux-ci, en contrepartie du retrait des territoires occupés, lui accordent des garanties notamment par la création de zones démilitarisées dont l’occupation par des forces des Nations unies ne pourrait être remise en question par la volonté unilatérale des parties.

Israël doit se garder de trop de pessimisme. MM. Fawzi et Riad sont des hommes raisonnables. En l’absence d’un calendrier de retrait, l’Égypte ne voudra pas prolonger le cessez-le-feu si du moins la négociation n’est pas vraiment « mise sur les rails ». Cela ne signifie pas pour autant une reprise de la guerre ; les Soviétiques ne semblent pas désireux de s’engager dans un conflit et ils donneront des conseils de modération à l’Égypte.

M. Ben Natan constate que sur certains points son gouvernement est en désaccord avec le nôtre. Les Soviétiques tiennent une place trop importante dans la concertation à Quatre pour que celle-ci puisse jouer un rôle impartial et imposer des conditions de paix comportant des garanties de la part des Arabes.

Résumé des informations

Pages
XLII, 974
Année
2015
ISBN (ePUB)
9782807606135
ISBN (PDF)
9782807606128
ISBN (Relié)
9782875742803
Langue
Français
Date de parution
2018 (Janvier)
Mots clés
1971 Geschichte diplomatie française
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2015. XLI, 981 p.

Notes biographiques

Ministère des Affaires étrangères (Éditeur de volume)

La collection Documents diplomatiques français se compose de plusieurs séries. Ce volume s’insère dans la série « Depuis 1954 », dirigée par Maurice Vaïsse, professeur des universités à Sciences Po. Il a été préparé par Colette Barbier, docteur en histoire, Antoine Daveau, diplômé d’études supérieures, Philippe Husson, ministre plénipotentiaire, Françoise Pequin, conservateur en chef honoraire des Archives du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, et Jean-Philippe Heckers, secrétaire de la Commission.

Précédent

Titre: Documents diplomatiques français