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Réflexions sur les usages et les utilisateurs du français : aspects acquisitionnels et didactiques

Reflections on the uses and users of French: implications for acquisition and instruction

de Inès Saddour (Éditeur de volume) Cecilia Gunnarsson-Largy (Éditeur de volume)
Collections 268 Pages
Series: GRAMM-R , Volume 49

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Introduction (Inès Saddour et Cecilia Gunnarsson-Largy)
  • Introduction (Inès Saddour and Cecilia Gunnarsson-Largy)
  • Acquisition des formes verbales alternantes en français L2 : la L1 des apprenants fait-elle la différence ? (Cyrille Granget, Marie-Eve Michot, Malin Ågren, Sonia Gerolimich, Pascale Hadermann et Isabelle Stabarin)
  • Une explication morpho-syntactique des asymétries d’usage de déterminants genrés en français L2 (Hugues Péters)
  • L’implicite chez les enfants en français L1, 2L1 ET L2 : et si (et) tout (ça) n’était pas tout ? (Maï Leray)
  • Séquences préfabriquées et usages chez des apprenants de français langue étrangère : le point de vue interne au locuteur (Olga Théophanous et Annie Perez-Bettan)
  • Amorçage et écriture prédictive en français langue seconde (Henry Tyne, Irene Valdés Melguizo et Nathalie Van Vlaender)
  • Prise de notes collaborative en milieu universitaire : un défi pour la collaboration, une ressource pour la didactique de l’écrit en classe de FOU (Marie Waeber, Alessandra Keller-Gerber et Anita Thomas)
  • Designing tasks that focus on general competences in order to fit the context of  Vietnamese tourist professionals during a French course (Sandrine Aguerre and Agnès Bracke)
  • Faire et défaire : apprendre le français par la pratique théâtrale (Lydie Parisse)
  • Expliquer les compléments verbaux : le cas des séquences des professeurs de FLE en contexte hispanophone colombien (Edna Sánchez)
  • Titres de la collection

Introduction

Inès Saddour et Cecilia Gunnarsson-largy

Cet ouvrage propose une sélection de travaux présentés à l’édition 2018 de la conférence annuelle de l’Association for French Language Studies, qui était accueillie par l’Université Toulouse - Jean Jaurès du 27 au 29 juin 2018. Le thème de la conférence, « Mise au point sur les usages et les utilisateurs de la langue française », avait pour objectif  l’exploration de recherches qui apportent de nouvelles connaissances sur l’utilisation du français en abordant notamment les questions suivantes : Quelles sont les avancées de la recherche sur l’acquisition et l’apprentissage du français langue seconde (L2) ou étrangère ? Quels sont les défis auxquels sont confrontés les enseignants de français L2, en particulier dans un contexte où les besoins des apprenants sont de plus en plus hétérogènes ? Quels sont les défis pour l’apprenant du français L2 ?

Comme une suite logique d’une telle manifestation scientifique internationale, où des chercheurs de différents horizons et intérêts de recherche se sont regroupés pour discuter et échanger autour des avancées de la recherche sur la thématique proposée, un appel à contributions à un ouvrage collectif a été lancé, et une sélection de ces contributions a été faite par un comité scientifique.

Le présent ouvrage regroupe donc des travaux de recherche récents s’intéressant aux usages et aux utilisateurs du français, abordant différents aspects acquisitionnels et/ou liés à l’enseignement et l’apprentissage du français langue seconde et étrangère, en France ou à l’étranger. Elles sont toutes basées sur une approche empirique et l’analyse de corpus de productions ou d’interactions langagières en milieu pédagogique.

Le volume donne un aperçu sur les faits de langue et les aspects qui intéressent les chercheurs en lien avec l’acquisition, l’apprentissage et la didactique du français. En dépit des divergences des aspects observés et des approches adoptées dans les articles, les contributions confirment ←9 | 10→clairement que la recherche sur l’apprenant s’est adaptée à la situation d’apprentissage la plus habituelle, au moins dans le monde occidental, celle de l’apprentissage guidé en milieu institutionnel (Housen & Pierrard 2005). En effet, ce volume représente des recherches menées auprès d’apprenants développant leurs compétences dans le milieu institutionnel, que ce soit dans le cadre de cours intensifs de français (en milieu universitaire ou autre), ou dans le cadre de cours ponctuels pour primo arrivants ou encore de cours du soir pour adultes. Les contributions s’intéressent tant à des aspects acquisitionnels tels que la maîtrise de structures langagières et les facteurs déterminants pour cette maîtrise, qu’à des problématiques d’enseignement du français, se focalisant soit sur les apprenants soit sur les pratiques pédagogiques conçues dans le but d’enseigner la langue avec des objectifs généraux ou spécifiques.

Étant donné les différents phénomènes observés, les contributions montrent une diversité dans les approches adoptées qui relèvent soit de l’acquisition langagière soit de la didactique du français langue étrangère, deux disciplines, longtemps distanciées étant donné leurs différences d’orientation, d’objectifs, de modes d’argumentation et de démonstration (Coste 2002 ; Véronique 2005).

En même temps, les contributions montrent une tendance à chercher des points de convergence et des recoupements entre ces deux secteurs de la linguistique. En effet, dans les articles visant à comprendre les facteurs influençant les pratiques langagières chez les apprenants, le recours au Cadre Commun de Référence pour les Langues (CECRL) (Council of Europe 2001 ; CECR 2005) conçu principalement par des didacticiens et qui n’ont aucun lien avec la recherche en acquisition du langage (Véronique 2005) constitue aujourd’hui une référence pour définir les profils d’apprenants ou pour effectuer l’échantillonnage de la population ciblée par la recherche dans des travaux qui n’ont aucun lien avec la didactique et l’enseignement en classe. Ainsi, étant donné l’appartenance des chercheurs travaillant en même temps dans des départements de langue (surtout en Europe), et les caractéristiques du public ciblé, le CECRL constitue de plus en plus un outil courant d’évaluation des profils. Il se substitue ainsi aux itinéraires proposés par la recherche sur les séquences de développement d’une L2 élaborées dans le cadre de projets longitudinaux en acquisition langagière. Parmi ces projets, le projet ESF (Perdue 1993a ; Perdue 1993b) ou les travaux menés sur les corpus INTERFRA et de Lund (Bartning & Schlyter 2004) dont les résultats ont pu enrichir ceux du projet ESF en ce qui concerne les variétés avancées ←10 | 11→en milieu naturel ou guidé, constituent des références incontournables pour examiner les profils des apprenants.

Le recours au CECRL dans les méthodologies adoptées dans des travaux avec une orientation clairement acquisitionniste soulève un certain nombre de questions. On se demande par exemple si cela témoigne d’une réduction de la distance qui sépare ces deux domaines de la linguistique longtemps considérés comme éloignés (Véronique 2005), ou si cela est une simple conséquence conjoncturelle liée au fait que souvent, les chercheurs qui s’intéressent à l’acquisition du français sont aussi des enseignants de français, affiliés à des départements où le cadre constitue une référence commune régissant les pratiques de placement, d’enseignement et d’évaluation de la langue.

Par ailleurs, les articles montrent que les aspects abordés par chaque contribution ne confinent pas les auteurs à un seul domaine d’appartenance. En effet, certains chapitres traitant d’aspects relevant de l’enseignement du français sont proposés par des chercheurs généralement investis dans des recherches sur l’acquisition langagière (Waeber, Keller-Gerber & Thomas ; Tyne, Valdés Malguizo & Van Vlaeander). De même, les articles abordant des aspects purement didactiques, prennent en considération le développement langagier des apprenants (Waeber, Keller-Gerber & Thomas ; Parisse).

En ce qui concerne les aspects acquisitionnels traités, les contributions s’intéressent à l’usage du français dans les interlangues de locuteurs non natifs utilisant le français en tant que langue seconde ou étrangère. Portant sur des objets d’analyse divers, elles se focalisent sur la description et l’analyse de formes langagières qu’elles soient morphosyntaxiques (Péters ; Granget, Michot, Ǻgren, Gerolimich & Stabarin), lexicales (Theophanous & Perez-Bettan) ou discursives (Leray) et elles sont basées sur le discours spontané de locuteurs non-natifs (et natifs) abordant entre-autres les thématiques suivantes :

L’étude de Granget, Michot, Ǻgren, Gerolimich et Stabarin s’intéresse à un aspect langagier qui a très peu intéressé les chercheurs jusqu’ici, c’est-à-dire à l’influence de la langue première sur l’acquisition des formes verbales irrégulières et l’accord sujet-verbe en français L2. En effet, les auteurs proposent une étude comparative examinant notamment deux formes verbales du présent de la 3e personne dont le schéma de variation en nombre est irrégulier, comme dans le cas du verbe « prendre », et comparant des données narratives recueillies auprès de trois groupes d’adultes ayant un niveau lexical comparable et des langues premières différentes : l’allemand, l’italien et le suédois. Les auteurs cherchent à examiner si la langue maternelle va constituer un facteur déterminant pour l’acquisition de cette irrégularité. L’analyse de productions orales élicitées sur une tâche narrative montre que les propriétés morphologiques de la L1 n’influence pas de manière significative le taux d’accord des verbes alternants en français L2. Au contraire, les résultats suggèrent que les apprenants ont des difficultés comparables dans ce domaine et que les différences observées seraient liées aux particularités de la langue cible où le type de verbe semble jouer un rôle dans la production de l’accord verbal.

Toujours en lien avec le domaine morphosyntaxique, et plus particulièrement, en adoptant une approche morphologique, le chapitre de Péters semble aussi montrer que les traits caractéristiques de genre en français jouent un rôle dans l’acquisition des déterminants genrés c’est-à-dire des déterminants définis, possessifs, démonstratifs et indéfinis singuliers. S’intéressant tout particulièrement à des apprenants adultes jamaïcains avancés en contexte universitaire, Péters examine les choix faits par ces apprenants ainsi que les séquences d’autocorrection liées à ces choix. L’analyse d’un corpus de productions langagières spontanées semble montrer que les traits morphologiques des déterminants du français prédisent les erreurs de genre et les types d’autocorrections produites par ces apprenants. Péters tente ainsi de montrer la pertinence de la prise en compte des séquences d’autocorrections immédiates qui sembleraient éclairer leurs compétences en genre des apprenants.

Dans son chapitre, Leray s’intéresse aux marques linguistiques de l’inférence chez les enfants, et en particulier à la formulation d’implicites au travers des différentes réalisations dans le discours oral de et tout, tout ←12 | 13→ça et et tout ça par cette population très peu étudiée dans ce domaine. La chercheuse analyse ces structures dans différents corpus de productions orales recueillies dans des situations différentes (entretiens, narrations et jeux) auprès de trois groupes d’enfants ayant des profils différents (apprenant le français comme langue première, seconde ou étrangère). Les analyses suggèrent que les enfants reproduisent les formes de variations de (et) tout (ça) présentes dans l’input avec des fréquences comparables aux fréquences moyennes de ces variations dans la langue et à l’utilisation faite par les adultes de ces structures. Par ailleurs, les résultats révèlent la maîtrise à la fois linguistique et pragmatique des propositions implicites par les enfants.

Dans leur contribution, Théophanous et Perez-Bettan se penchent sur les séquences préfabriquées dans le langage oral d’apprenants du français langue étrangère. Dans le but de comprendre le développement et l’utilisation de la préfabrication chez ces apprenants, cette recherche considère qu’il est plus avantageux de voir les séquences préfabriquées non comme prédéfinies d’avance, comme c’est le cas dans l’approche externe du locuteur, mais comme des unités psycholinguistiques en adoptant une approche interne. La préfabrication ne devrait pas être considérée, selon les résultats de cette étude, comme le reflet des usages connus des natifs mais il faut l’aborder de façon ad hoc afin de déceler ce qui est préfabriqué pour le locuteur lui-même.

Dans leur travail centré sur l’écriture en français langue seconde, Tyne, Valdés Melguizo et Van Vlaender présentent les résultats d’une expérimentation dans laquelle une méthodologie novatrice a été adoptée afin d’étudier la subjectivité dans les récits d’apprenants et l’influence d’informations reçues préalablement à l’écriture sur les récits produits. Plus particulièrement, Tyne et al. comparent les productions écrites de deux groupes, ayant reçu des informations antérieurement au visionnage d’une histoire à raconter sur le thème de la banlieue. Ces informations, présentées au moyen d’images et de slogans, étaient soit négatives (évoquant la délinquance et la violence) soit positives (évoquant le bonheur et le vivre-ensemble). Des apprenants chinois en Chine, en France et un groupe de locuteurs natifs ont fait leurs compositions à l’aide d’un clavier semi-prédictif (proposant des choix lexicaux préétablis reprenant les deux types d’amorces). Si le fait que les stimuli présentés ont influencé les narrations des scripteurs dans les trois groupes ne semble pas très surprenant, cette étude montre le rôle joué par le clavier prédictif dans la tâche d’écriture en L2, et les résultats semblent offrir ←13 | 14→des pistes intéressantes pour les enseignants, notamment, l’intérêt de l’outil dans l’accompagnement des apprenants pour la sélection des formes collocationnelles qui ne leur sont pas facilement accessibles par ailleurs. Cette étude est donc clairement guidée par des interrogations qui concernent à la fois l’acquisition de l’écriture et la manière dont les apprenants abordent la tâche en utilisant les moyens technologiques présents dans leur environnement, et en même temps, c’est une recherche qui a des visées didactiques, étant donné la réflexion proposée sur l’intérêt d’utiliser ces outils novateurs pour l’acquisition langagière.

Notre ouvrage propose ensuite quatre chapitres plutôt orientés vers des aspects purement didactiques. Ces contributions fournissent une réflexion qui met en évidence et illustre des questions d’apprentissage du français en milieu universitaire ou des interrogations sur les pratiques d’enseignement. En particulier, les thèmes abordés dans les différentes contributions sont les suivants :

La mise en place d’outils pédagogiques et de logiciels pour promouvoir les tâches collaboratives en milieu universitaire (Waeber, Keller-Gerber & Thomas).

La prise en compte du contexte d’apprentissage et du contexte professionnel dans l’élaboration de scénarios pédagogiques (Aguerre & Bracke).

Focus sur les pratiques enseignantes, comme les stratégies d’explication des objets grammaticaux en classe de FLE (Sánchez) ou l’utilisation de la pratique théâtrale dans l’enseignement du FLE (Parisse).

La France accueille aujourd’hui beaucoup d’étudiants étrangers (environ 13 % des étudiants sont d’origine étrangère 2017) et qui doivent dans la plupart des cas suivre des cours dans une langue qui leur est étrangère – le français. Dans les cours de Français sur Objectif Universitaire (FOU), les étudiants sont préparés à ces études. Un aspect important de FOU abordé dans la contribution de Waeber, Keller-Gerber et Thomas est la prise de notes pendant les cours. Pour pouvoir prendre des notes d’une manière efficace et claire, il faut développer un certain nombre de compétences afin de discerner le degré de pertinence des informations communiquées en cours, mais aussi pouvoir rapidement faire des synthèses sans avoir à tout noter. À partir d’un projet de prise de notes collaborative à l’aide d’un outil numérique, les auteurs rendent compte de la mise en place et de l’utilisation de l’outil ainsi que des apports de cette utilisation pour le développement de cours de FOU. ←14 | 15→Après avoir analysé les besoins particuliers des étudiants étrangers, les auteurs proposent une séquence pédagogique concrète, basée sur les résultats du projet de prise de note collaborative.

Résumé des informations

Pages
268
ISBN (PDF)
9782807610675
ISBN (ePUB)
9782807610682
ISBN (MOBI)
9782807610699
ISBN (Livre)
9782807610668
Langue
Français
Date de parution
2021 (Mai)
Published
Bruxelles, Berlin, Bern, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2021. 268 p., 16 ill. n/b, 46 tabl.

Notes biographiques

Inès Saddour (Éditeur de volume) Cecilia Gunnarsson-Largy (Éditeur de volume)

Inès Saddour est Maître de Conférences en Sciences du langage à l’Université Toulouse – Jean Jaurès et membre de l’URI Octogone-Lordat. Ses travaux de recherche se situent dans le domaine de l’acquisition langagière et s’intéressent tout particulièrement à l’acquisition de la langue seconde par l’adulte en contexte migratoire. Cecilia Gunnarsson-Largy est Maître de Conférences en Sciences du langage à l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Membre du laboratoire URI Octogone-Lordat, elle s’intéresse principalement à l’acquisition de l’écrit en français L2 et au rôle de la mémoire de travail visuelle et verbale dans la production orthographique.

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