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Des femmes et du crime

Société, modernité et mœurs à Shanghai sous la république, 1911-1949

de Aglaia De Angeli (Auteur)
©2020 Monographies XIV, 278 Pages

Résumé

En plongeant dans les archives de la ville de Shanghai, Aglaia De Angeli offre une analyse de la vie des femmes criminelles autant que de celle des victimes de la criminalité à l’époque républicaine. Des centaines de cas judiciaires, des rapports de police et des comptes-rendus par les prisons et maisons de détention jamais utilisés auparavant nous racontent le milieu et les femmes qui y traînent.
Shanghai, connue déjà à l’époque comme le Chicago de l’Orient, est vue d’un côté pas encore exploré, celui de l’histoire des femmes, qui offre au lecteur une nouvelle vision de l’histoire sociale et urbaine de Shanghai, la métropole par excellence de la modernité en Chine.
À l’époque républicaine, la société en Chine bouscule entre tradition et modernité, ainsi l’histoire des femmes avec leurs méfaits autant que leurs malheurs nous offre un baromètre pour comprendre vers où les mœurs et le droit chinois se dirigent.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Tableaux et graphique
  • Note sur la traduction et les nomes
  • Remerciements
  • Introduction
  • Première Partie : Société, opinion publique et droit
  • 1 La « nouvelle femme » en Chine et son histoire
  • L’histoire des nouvelles femmes chinoises: politique, droit et société
  • Femmes et politique
  • Femmes et droit
  • Femmes : mariage et famille
  • Femmes : éducation et travail
  • Femmes et phénomènes sociaux : suicide et prostitution
  • Conclusion
  • 2 Femmes et crimes par l’opinion publique et les spécialistes
  • La presse et la « question des femmes » (funü wenti)
  • Les revues et les mouvements de la Nouvelle Culture et du 4-Mai-1919
  • Les sciences sociales
  • La littérature : les écrivaines et la nouvelle femme
  • Conclusion
  • 3 Crimes et châtiments
  • Le Code pénal à l’époque républicaine
  • Le Guomindang et le Nouveau Code pénal
  • Les étrangers et le droit d’extraterritorialité
  • Justice et châtiments
  • Le système pénitentiaire
  • Conclusion
  • Deuxième Partie : Des femmes et du crime
  • 4 Shanghai : la ville et le crime
  • La criminalité en Chine sous la république
  • La criminalité féminine en Chine
  • La criminalité à Shanghai sous la république
  • Crimes et femmes à Shanghai
  • Conclusion
  • 5 Les crimes et les délits contre la personne
  • Les faits
  • Le crime et les mœurs
  • La relation agresseur-victime et les enjeux sociaux
  • Les sanctions
  • Conclusion
  • 6 Les crimes et les délits contre les biens
  • Les faits
  • Les sanctions
  • Conclusion
  • Conclusion
  • Glossaire
  • Bibliographie
  • Index

Note sur la traduction et les nomes

Cet ouvrage utilise le système de translittération pin-yin, sauf pour les mots et noms plus connus comme Sun Yatsen ou Chiang Kaishek, et aussi pour tous les termes chinois empruntés par les sources historiques, dont les caractères chinois n’étaient pas disponibles. Le noms de rue et toutes appellations toponymiques sont les noms utilisées pendant la période républicaine d’après les différentes administrations de la ville chinoise, de la concession française et de la concession internationale.

A chaque titre des revues, livres etc. en Chinois corresponde une traduction par fois en français ou anglais, selon la traduction originelle apparue dans la publication même, par exemple La Nouvelle Jeunesse pour « Xin qingnian » ou Chinese Girls Progress pour « Nü xuebao ». Cet ouvrage aussi suive le coutume chinois et japonais de mettre auparavant le nom suivi du prénom.

Remerciements

Ce livre découle d’une partie de la recherche faite pour ma thèse de doctorat Femmes et crimes à Shanghai sous la République, 1911–1949 soutenue à Lyon en juillet 2007, et approfondie, enrichie et élargie au fil du temps jusqu’à mettre le mot fin en 2018.

Au terme de ce travail, je tiens à exprimer ma reconnaissance à toutes les personnes qui m’ont aidée pendant ces années de recherche. Tout d’abord, je tiens à remercier particulièrement mon directeur de thèse, Christian Henriot, qui m’a manifesté beaucoup de sollicitude en mettant à mon service ses connaissances sur l’histoire de Shanghai.

Je voudrais aussi remercier tous les professeurs et les chercheurs qui m’ont conseillée et aidée au cours de cette recherche : Jérôme Bourgon, Christine Cornet, Frank Dikötter, Guido Samarani, Paolo Santangelo, Éric Seizelet et Zheng Zu’an.

Un remerciement spécial va à Mme le professeur Chen Guan pour m’avoir aidée dans sa langue maternelle. Lors de mes visites dans les bibliothèques et archives, j’ai pu apprécier la compétence et la disponibilité de M. Jean Louis Boully, pour le fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon, de Mme Anne-Sophie Cras et de M. Michel Rocher, au centre des archives diplomatiques de Nantes, et de tout le personnel des archives municipales de Shanghai pour s’être efforcé de m’aider le plus et le mieux possible.

Enfin, ce travail n’aurait pas été possible sans le soutien de ma famille et de mes amis. Mes parents, Elsa Stradiotto et Adriano De Angeli, ainsi que de mon mari, Alexander Titov. Tous m’ont encouragée à le mener à son terme.

Cette recherche a bénéficié du soutien économique de l’allocation de recherche de l’Université Lumière Lyon 2 et de la CCK Foundation Library Travel Grant, lors de mon séjour à Londres.

Introduction

L’histoire des femmes dans le monde entier est une constante de l’histoire contemporaine, qui remonte son plus récent développement aux années soixante du xxe siècle, mais le débat contemporain sur le rôle des femmes remonte, dans le monde occidental, à la querelle des femmes ou querelle des sexes de la deuxième moitié du xixe siècle. Cette querelle était un débat avec ses propres argumentations et son langage, qui raisonne de façon très différente de nos jours, mais qui remonte aussi beaucoup plus loin dans le temps, car déjà dans l’ancien Empire romain Tertullien demandait « Quid est mulier1 ? ».

Cet ouvrage se limite dans le temps et l’espace en se concentrant sur l’histoire des femmes en Chine, et en particulier la relation entre les femmes et le crime, c’est-à-dire que nous chercherons à comprendre quel type de femmes étaient les victimes du crime et quelles étaient les criminelles, et nous observerons une société en transformation comme celle de Shanghai dans la période républicaine2. Pour mieux comprendre le contexte et les sources, on verra tout d’abord l’historiographie sur l’histoire des femmes en Chine.

L’histoire des femmes en Chine est devenue un sujet très courant depuis les années quatre-vingt soit en Chine soit à l’étranger. Dans l’ère de Deng Xiaoping (1978–1992), les historiens chinois et étrangers commencent à s’intéresser aux femmes comme sujet d’histoire, et se détachent d’une vision plus strictement politique, qui était liée, d’un côté, au contexte sociopolitique de la révolution culturelle (1966–1976) en Chine, et de l’autre, à la révolution sociale de mai 1968 dans le monde occidental.

En effet, la littérature académique contemporaine sur l’histoire des femmes en Chine écrite par des historiens occidentaux peut tracer ses origines dans l’article de Roxane Witke, paru en 1967, Mao Tse-tung, Women and Suicide in the May Fourth Era. Le courant qui s’ensuit est celui des années soixante-dix très marquées par l’engagement politique du sujet : le féminisme3, et à cette époque l’histoire des femmes en Chine est aussi étudiée sous la loupe des revendications sociopolitiques, ou autrefois engagée dans le débat du matérialisme historique par les historiens militants.

La vague suivante est moins politique et plus centrée sur le rôle de la femme en Chine dans le sein de la société, de la famille, sur la scène politique, en relation à ses droits et ses conquêtes pour la liberté, l’égalité entre femmes et hommes. Ces sujets sont fort développés à partir des années quatre-vingt, quand la recherche sur les femmes en Chine prend son élan ; et depuis les années quatre-vingt-dix, les publications en langues occidentales, surtout en anglais, sur le sujet sont doublées, un rythme qui est constant aussi dans la décennie suivante.

Or, l’histoire des femmes s’est développée au fur et à mesure du matériel d’archive qui est mis à la disposition des chercheurs. La hausse d’une nouvelle vague d’histoire sociale par les historiens chinois4 a eu un impact important sur l’histoire des femmes en Chine. Cette nouvelle vague a développé un intérêt pour l’histoire de gens communs et pas seulement des élites, en se concentrant sur la compréhension de la vie quotidienne, sur leurs émotions et sentiments, et donc a suscité un intérêt majeur pour un sujet considéré auparavant comme mineur, c’est-à-dire les femmes5. Elles étaient vues comme femmes d’intérieur : femmes au foyer, épouses, mères, filles ; leur existence n’était donc pas digne d’intérêt pour les historiens. Ce changement de la part des historiens chinois était inspiré aussi par des travaux occidentaux publiés à partir de la moitié des années quatre-vingt (Honig 1986, Hershatter 1986, Honig and Hershatter 1988, Ko 1994, Mann 19976).

En même temps, les historiens chinois qui s’approchent de la moitié des années quatre-vingt considèrent l’histoire des femmes en Chine comme un sujet qui a été développé par leurs collègues occidentaux, mais auquel ils peuvent faire leur apport. La maîtresse de ce courant sur l’histoire des femmes en Chine par les historiens chinois est Li Xiaojiang. Elle affirme, dans un article apparu en 1994, que le sujet n’était pas hors agenda, mais plutôt avait été développé par des chercheuses individuellement sur des aspects locaux de l’histoire des femmes, car leur action ne contrastait pas le rôle de la Fédération des femmes de la Chine entière (Zhonghua quanguo funü lianhehui), liée au Parti communiste chinois.

C’est en 1985 que la même Li fonde un institut pour l’étude sur les femmes, où la recherche académique se concentre sur la réévaluation du mouvement féministe du début du xxe siècle et le rôle de la femme après 1949, en se détachant de la rhétorique marxiste. Ceci est le premier pas pour l’établissement d’une vraie science académique centrée sur l’étude des femmes7. En même temps ce courant recherche la littérature féminine écrite par des femmes, mais elle s’intéresse aussi à la sociologie et au droit. Pourtant, le massacre de la place Tian’anmen en 1989 impose des restrictions aux intellectuels sur leur liberté d’expression, et l’agenda des études sur les femmes ne fait pas exception.

En 1991, le gouvernement de Pékin, comme explique Wang Zheng, offre d’organiser la IVe Conférence mondiale sur les femmes et le Forum de l’organisation non gouvernementale, qui influenceront ensuite le mouvement féminin en Chine, parce que cette politique lui offre une chance de remaquillage à la suite des événements de Tian’anmen. De plus, le gouvernement chinois organise cet événement afin de démontrer le pouvoir du discours maoïste, qui affirme que le degré d’émancipation féminine est la mesure naturelle de l’émancipation en général ; et donc, en croyant que le degré de libération des femmes en Chine est plus élevé que dans le monde occidental (un mythe créé pendant l’époque maoïste), on veut prouver que le degré de libération en Chine soit plus important que dans le reste du monde.

Au-delà de la rhétorique du PCC, il faut considérer une des possibles conséquences négatives de cette conférence, c’est-à-dire que l’attention prêtée par l’État envers le mouvement de recherche sur les femmes, qui auparavant était largement ignoré, peut lier la représentation des problématiques féminines aux intérêts du gouvernement, et la recherche sur les femmes peut être considérée comme politique. L’axiome politique et la surveillance rendent la recherche sur les femmes placée sous la vigilance du parti, et ça pourrait mettre fin à l’activisme féminin, qui auparavant était libre. Par contre, une autre conséquence partialement positive est l’ouverture de plusieurs centres de recherche, qui passent de quatre à vingt en 1994 en concomitance avec l’organisation de la conférence, mais la plupart d’entre eux n’ont que quelques membres travaillant sur les femmes8.

Cette évolution de l’histoire des femmes et histoire de genre9 (je reviendrai plus tard sur la distinction entre les deux définitions) en Chine nous conseille d’être vigilantes dans la façon d’analyser leurs travaux, car ils peuvent être la représentation politique d’un sujet plus qu’une recherche indépendante.

La détente politique de l’ère Deng, pendant les années quatre-vingt, donne un élan aussi aux historiens étrangers, qui commencent à considérer de plus près les aspects sociaux de la vie des femmes : de la leur apparition dans la vie publique, et les femmes deviennent en même temps agents et spectatrices de leur destinée. La période de la fin de l’empire aux premières années de la république de Chine est plutôt turbulente sur le plan politique et social. C’est dans ce cadre que la vie des femmes en Chine est bouleversée. Le développement de la presse et de la littérature féminine est à l’arrière-plan de ce cadre. Mais le cercle des sujets s’élargit, et dans les années quatre-vingt-dix on voit apparaître de nouveaux sujets : la discussion sur l’histoire de genre, la prostitution, le droit, la famille et le mariage, les mouvements féministes et l’éducation. Et depuis les années 2000, à ceux que nous venons de mentionner s’ajoutent le suicide et le rôle politique actif des femmes en Chine, mentionnés déjà auparavant par Witke et Beahan.

Si certaines recherches peuvent sembler datées pour leur approche ou exposé, c’est aussi vrai qu’elles restent toujours utiles pour des aspects différents à ceux qui inspiraient leurs auteurs, comme l’affirme Hershatter dans son travail bibliographique sur l’histoire des femmes en Chine à partir des années soixante-dix10. Il est le premier à faire le tour de la discipline jusqu’à l’ouvrage de Bailey11, et qui a aussi inspiré ce travail-ci en offrant une approche thématique et interdisciplinaire.

Enfin, ce résumé sommaire des sujets concernant l’histoire des femmes en Chine n’a pas que pour objectif de montrer comme la science née d’une approche chargée politiquement est devenue une vraie science académique avec approfondissement sur plusieurs facteurs ; mais un des aspects le plus frappant est que le même phénomène pour des causes différentes a eu lieu soit parmi les historiens étrangers soit chinois. C’est aussi vrai que si la plupart se retrouvent dans leur argument, le désaccord majeur entre historiens chinois et étrangers sur l’histoire des femmes en Chine concerne la définition et l’application du concept de féminisme12.

La distinction entre féminisme et étude de genre en chinois est soulignée par la traduction des mêmes termes, car féminisme est traduit par nüquan zhuyixue (littéralement « études des pouvoirs des femmes »)13, par contre les études de genre sont appelées xingbie yanjiu (ou « études de la différence sexuelle »), en plus il y a le nüxingxue (women’s studies ou « études des femmes »). Cette différence sémantique témoigne ainsi de la différence entre les études féministes de tradition américaine, qui essayent de donner une perspective de genre à la recherche des sciences sociales, et les études de genre qui envisagent l’analyse du système social et les relations sociales de genre et la relation entre les deux genres14.

À cet égard, Li Xiaojiang affirme que les études des femmes (women’s studies) en Chine ont été influencées par les idées féministes occidentales. Or, le terme féminisme et l’adjectif féministe nous pouvons le retrouver dans des ouvrages en chinois, mais Li souligne que ceux-ci ne sont utilisés que dans des traductions des ouvrages occidentaux. À sa place, dans les études des femmes (women’s studies) on utilise « féminologie » (anglais feminology15), qui signifie women’s studies. La raison de ce choix est due au fait que le terme — d’après Li — est plus proche des idées des académiciens chinois et souligne le fait d’être une discipline indépendante.

Enfin, Li remarque que le terme « féminisme », selon la Fédération des femmes de la Chine entière, est considéré comme un terme emprunté à une idéologie bourgeoise contraire aux principes marxistes. Cette pratique est aussi diffusée parmi les académiciens pas rattachés aux organisations et institutions gouvernementales sans être forcément un choix politique, puisque, plus généralement, ils veulent distinguer leur travail du concept de féminisme et de la théorie féministe d’emprunt occidental. La pratique d’utiliser « féminologie » est pourtant issue du besoin de distinguer les études des femmes (women’s studies) en Chine grâce à leur milieu et circonstances uniques à l’histoire et la réalité chinoises. De plus, toujours d’après Li, la théorie féministe occidentale est certainement valable et riche de sources de références, mais la tradition occidentale ne peut pas apporter toutes les réponses aux problématiques des femmes chinoises16.

Dans le contexte des études des femmes en Chine et sur la Chine, nous pouvons ainsi concentrer notre attention sur la période républicaine, pour laquelle au début des années 2000 Mechthild Leutner a défini le cadre de la situation concernant les études du genre. De son point de vue, pour lequel le terme « genre » signifie une division hiérarchique sociale entre femmes et hommes, comme selon la tradition du matérialisme historique, les études se sont développées en trois vagues successives correspondant plus au moins aux trois décennies des années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt-dix.

Dans la première phase s’est développé le féminisme critique, qui a lié l’étude sur les Chinoises aux mouvements féministes occidentaux, ainsi ces études portaient principalement sur la perception des Chinoises libérées comme modèles pour leurs consœurs en Occident, de même que le maoïsme l’était pour le socialisme. D’après une vision critique et une approche influencée par les théories marxistes-maoïstes, les femmes devenaient des sujets pour l’histoire principalement politique, et on soulignait leur rôle et contribution à l’histoire révolutionnaire et au processus de libération. Dans ces études, les femmes étaient dépeintes comme soit des femmes traditionnelles soit des révolutionnaires, et l’histoire républicaine n’était qu’un prélude à celle de la République populaire. Les chercheurs sur la période et la thématique n’étaient que peu nombreux en Occident.

Ensuite, la deuxième période était marquée par le féminisme critique, qui reflétait un plus grand accès aux sources, d’un côté, et la déception avec le socialisme, de l’autre ; et voici, donc, des travaux plus élaborés sur l’histoire des femmes pendant la période républicaine, qui était aussi plus indépendante de la rhétorique marxiste. L’histoire des femmes pendant l’ère républicaine était celle d’une libération difficile, gênée par la politique, et donc les femmes devenaient des victimes mêmes du mouvement de libération. Cette période voit aussi la croissance du domaine de recherche et le paradigme de la révolution se transforme en celui de la modernisation.

Enfin, pendant la troisième période, selon Leutner, la recherche dans le domaine devient plus élaborée en Chine et en Occident, ainsi que la relation entre les études sur les femmes et le féminisme devient moins étroite, comme aussi avec les théories émancipatrices. Voici apparaître le terme « genre », qui remplace souvent le terme « femme » et témoigne d’une approche plus académique et moins chargée politiquement, comme l’était l’approche féministe. Au sujet de la modernisation s’approchait la contribution apportée par les femmes, ainsi les femmes n’étaient plus que des victimes, mais elles aussi avaient contribué activement aux changements historiques. Ce n’était pas qu’un premier pas, car l’évaluation de la contribution féminine ne mettait pas en perspective leurs différences par rapport à la classe sociale, à la famille ou au statut politique, elles n’étaient qu’une entité. De plus, l’approche au genre a souvent exclu les hommes de cette recherche. Ces études ont quand même eu le mérite de lier l’histoire des femmes à l’histoire sociale, culturelle ou politique. De plus, les historiennes occidentales ont commencé à évaluer l’histoire des femmes en Chine de l’ère républicaine de façon plus critique et moins combattante en se détachant aussi des visions européocentriques ou occidentales propres au féminisme des premières années17.

Résumé des informations

Pages
XIV, 278
Année
2020
ISBN (PDF)
9781433168543
ISBN (ePUB)
9781433168550
ISBN (MOBI)
9781433168567
ISBN (Relié)
9781433168536
DOI
10.3726/b15542
Langue
Français
Date de parution
2020 (Mars)
Published
New York, Bern, Berlin, Bruxelles, Oxford, Wien, 2020. XIV, 278 p., 1 ill. n/b, 9 tabl.

Notes biographiques

Aglaia De Angeli (Auteur)

Historienne de la Chine moderne avec une formation en sinologie, Aglaia De Angeli est maître de conférences à l'Université Queen’s de Belfast au Royaume-Uni. Ses recherches actuelles portent sur l’histoire sociale et la photographie de la Chine aux XIXe et XXe siècles.

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