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L'adhésion de l'Espagne à la CEE (1977-1986)

de Damian A. González Madrid (Éditeur de volume) Sergio Molina Garcia (Éditeur de volume) Manuel Ortiz Heras (Éditeur de volume)
Collections 436 Pages
Série: Euroclio, Volume 109

Résumé

La construction européenne peut s’étudier à travers les processus d'élargissement de la Communauté. Cet ouvrage analyse l'adhésion de l'Espagne à la Communauté économique européenne (1977-1986) sous différents angles. L'objectif est de comprendre comment s'est déroulée l'intégration dans un contexte complexe : eurosclérose dans la CEE et transition de l’Espagne vers la démocratie. Ce travail se distingue par la coopération de chercheurs de différents pays et par les témoignages de certains des acteurs des négociations d’adhésion. Ainsi, l'ensemble du livre représente une avancée historiographique importante dans la connaissance de l'entrée de l'Espagne dans le marché commun. Dans ses pages, le lecteur pourra réaliser l'importance de l'environnement européen des années 70 et 80, la position Communautaire en ce qui concerne l'élargissement vers le sud, le rôle de l'Allemagne, de la France, du Portugal et de la Grèce. Ainsi que l'évolution de l'européanisme en Espagne à travers la position des différents partis politiques et de certaines régions espagnoles.

Table des matières

  • Cover
  • Title
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Introduction
  • Partie I : Quelle Europe a été faite ?
  • La scène communautaire européenne des années 1980 (Gérard Bossuat)
  • La construction européenne depuis le sud : une perspective ibérique quant à la deuxième extension de la CEE à partir du récit européen (Antonio Moreno Juste)
  • Partie II : La France et l’Espagne une relation complexe
  • Négociations multilatérales, contentieux bilatéral : l’adhésion de l’Espagne aux Communautés européennes, une affaire franco-espagnole ? (Matthieu Trouvé)
  • La convergence des gouvernements socialistes de la France et de l’Espagne (Lorenzo Delgado gómez-Escalonilla)
  • Quel rôle pour l’Espagne dans la politique méditerranéenne française ? Les relations diplomatiques franco-espagnoles et l’élargissement de la CEE dans les années 1970 (Maria Elena Cavallaro)
  • La composante irrationnelle dans les négociations pour l’adhésion de l’Espagne à la CEE : le poids des stéréotypes réciproques (Joël Brémond)
  • Partie III : Autres compagnons de voyage importants
  • L’adhésion de l’Espagne à la CEE dans une perspective internationale : La position des pays tiers, 1977–1986 (Sergio Molina García)
  • L’Allemagne et l’élargissement de la CEE, 1977–1985. La question de l’entrée simultanée du Portugal et de l’Espagne dans les Communautés européennes (Carlos Sanz Díaz)
  • L’Allemagne et l’élargissement de la Communauté européenne dans les années 1980 (Walther L. Bernecker)
  • En tant que frères jumeaux : les négociations d’adhésion de l’Espagne et du Portugal (Ángeles González-Fernández)
  • La Grèce de la dictature à l’adhésion à la CEE 1974–1985 : de la transition démocratique au premier gouvernement socialiste (Sethelos Isidoros Balios)
  • Partie IV : Les petits acteurs de l´adhésion de l´Espagne
  • Le Parti socialiste ouvrier espagnol et sa stratégie pour son adhésion à la Communauté économique européenne (1974–1982) (Manuel Ortiz Heras)
  • Du marxisme au « nouvel engagement européen ». La transformation du projet européen du Parti socialiste ouvrier espagnol entre Suresnes (1974) et l’adhésion à la Communauté économique européenne (1986) (Damián A. González Madrid)
  • Consensus et dissidence pendant la transition espagnole : la position des communistes face au Marché commun (Julio Pérez Serrano)
  • L’agriculture almérienne et son intégration dans la CEE (Emilia Martos Contreras et Rafael Quirosa-Cheyrouze y Muñoz)
  • Témoignages
  • L’adhésion agraire de l’Espagne dans la CEE : la position française (Jaime Lamo De Espinosa)
  • L’entrée de l’Espagne et du Portugal dans le Marché commun agricole : le constat 40 ans plus tard (François Guillaume)
  • Anniversaire de l´entrée de l ’Espagne et du Portugal dans la communauté européenne (Catherine Lalumière)
  • Intervention de Miguel Angel Martinez Martinez dans le contexte des « dialogues du passé » (Miguél Ángel Martínez Martínez)
  • Bibliographie SéLective
  • Biographie Des Contributeurs
  • Titres de la collection

cover

Soutien financier : Seminario de Estudios del Franquismo y la Transición et Institut François Mitterrand.

©  P.I.E. PETER LANG s.a.

Éditions scientifiques internationales

Bruxelles, 2020

1 avenue Maurice, B-1050 Bruxelles, Belgium

www.peterlang.com ; brussels@peterlang.com

ISSN 0944-2294

ISBN 978-2-8076-1210-5

ePDF 978-2-8076-1211-2

ePUB 978-2-8076-1212-9

MOBI 978-2-8076-1213-6

DOI 10.3726/b16918

D/2020/5678/21

À propos de l’auteur

Damián A. González Madrid Maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université de Castilla-La Mancha et membre du « Séminaire d´études du franquisme et de la transition espagnole ».

Sergio Molina García Docteur en histoire contemporaine dans l´Université de Castilla-La Mancha et membre du « Séminaire d´études du franquisme et de la transition espagnole ».

Manuel Ortiz Heras Professeur d'histoire contemporaine et responsable du groupe de recherche « Séminaire d´études du franquisme et de la transition espagnole » de l´Université de Castilla-La Mancha.

À propos du livre

La construction européenne peut s’étudier à travers les processus d'élargissement de la Communauté. Cet ouvrage analyse l'adhésion de l'Espagne à la Communauté économique européenne (1977-1986) sous différents angles. L'objectif est de comprendre comment s'est déroulée l'intégration dans un contexte complexe : eurosclérose dans la CEE et transition de l’Espagne vers la démocratie. Ce travail se distingue par la coopération de chercheurs de différents pays et par les témoignages de certains des acteurs des négociations d’adhésion. Ainsi, l'ensemble du livre représente une avancée historiographique importante dans la connaissance de l'entrée de l'Espagne dans le marché commun. Dans ses pages, le lecteur pourra réaliser l'importance de l'environnement européen des années 70 et 80, la position Communautaire en ce qui concerne l'élargissement vers le sud, le rôle de l'Allemagne, de la France, du Portugal et de la Grèce. Ainsi que l'évolution de l'européanisme en Espagne à travers la position des différents partis politiques et de certaines régions espagnoles.

Pour référencer cet eBook

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TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Partie I : Quelle Europe a été faite ?

La scène communautaire européenne des années 1980

Gérard Bossuat

La construction européenne depuis le sud : une perspective ibérique quant à la deuxième extension de la CEE à partir du récit européen

Antonio Moreno Juste

Partie II : La France et l’Espagne une relation complexe

Négociations multilatérales, contentieux bilatéral : l’adhésion de l’Espagne aux Communautés européennes, une affaire franco-espagnole ?

Matthieu Trouvé

La convergence des gouvernements socialistes de la France et de l’Espagne

Lorenzo Delgado gómez-Escalonilla

Quel rôle pour l’Espagne dans la politique méditerranéenne française ? Les relations diplomatiques franco-espagnoles et l’élargissement de la CEE dans les années 1970

Maria Elena Cavallaro

La composante irrationnelle dans les négociations pour l’adhésion de l’Espagne à la CEE : le poids des stéréotypes réciproques

Joël Brémond

Partie III : Autres compagnons de voyage importants

L’adhésion de l’Espagne à la CEE dans une perspective internationale : La position des pays tiers, 1977–1986

Sergio Molina García

L’Allemagne et l’élargissement de la CEE, 1977–1985. La question de l’entrée simultanée du Portugal et de l’Espagne dans les Communautés européennes

Carlos Sanz Díaz

L’Allemagne et l’élargissement de la Communauté européenne dans les années 1980

Walther L. Bernecker

En tant que frères jumeaux : les négociations d’adhésion de l’Espagne et du Portugal

Ángeles González-Fernández

La Grèce de la dictature à l’adhésion à la CEE 1974–1985 : de la transition démocratique au premier gouvernement socialiste

Sethelos Isidoros Balios

Partie IV : Les petits acteurs de l´adhésion de l´Espagne

Le Parti socialiste ouvrier espagnol et sa stratégie pour son adhésion à la Communauté économique européenne (1974–1982)

Manuel Ortiz Heras

Du marxisme au « nouvel engagement européen ». La transformation du projet européen du Parti socialiste ouvrier espagnol entre Suresnes (1974) et l’adhésion à la Communauté économique européenne (1986)

Damián A. González Madrid

Consensus et dissidence pendant la transition espagnole : la position des communistes face au Marché commun

Julio Pérez Serrano

L’agriculture almérienne et son intégration dans la CEE

Emilia Martos Contreras et Rafael Quirosa-Cheyrouze y Muñoz

TÉMOIGNAGES

L’adhésion agraire de l’Espagne dans la CEE : la position française

Jaime Lamo De Espinosa

L’entrée de l’Espagne et du Portugal dans le Marché commun agricole : le constat 40 ans plus tard

François Guillaume

Anniversaire de l´entrée de l ’Espagne et du Portugal dans la communauté européenne

Catherine Lalumière

Intervention de Miguel Angel Martinez Martinez dans le contexte des « dialogues du passé »

Miguél Ángel Martínez Martínez

BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE

BIOGRAPHIE DES CONTRIBUTEURS

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Introduction

Les années 1970 ont représenté une période cruciale pour la consolidation des institutions européennes, puis pour la Communauté économique européenne. Si, en 1973, avait eu lieu le premier élargissement qui concernait principalement l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté, les préparatifs pour un second élargissement, en l’occurrence vers le sud du vieux continent, ont commencé en 1977. Ce processus impliquait une question importante, à savoir que les trois États qui en étaient les protagonistes venaient de s’engager dans des transitions politiques de dictatures vers des démocraties naissantes et précaires.

D’une part, la Grèce a signé le traité d’adhésion le 28 mai 1979, une fois surmontée la dictature des colonels. Les négociations ont été relativement simples car ce pays avait été le premier à signer un accord d’association avec la CEE en 1962. L’une des principales raisons ayant facilité cette adhésion est liée aux excellentes relations personnelles que le dirigeant grec Konstantinos Karamanlis avait nouées avec les dirigeants allemands et français, en particulier avec Adenauer et De Gaulle, respectivement. Enfin, l’adhésion dut attendre le début de l’année 1981, ce qui, d’une certaine manière, a interféré, mais pas de manière décisive, avec l’incorporation des pays ibériques. Nous ne pouvons non plus ignorer deux faits pertinents qui ont facilité l’adhésion de la Grèce, tels que sa situation géostratégique remarquable en Méditerranée et son entrée dans l’OTAN en 1952 dans le cadre de la guerre froide. Un autre facteur positif a été la taille relativement modeste de son économie à l’échelle de l’économie globale de l’Europe des neuf, bien que toutes ces négociations aient eu lieu en pleine crise économique entre 1973 et sa reprise en 1979.

Par ailleurs, l’adhésion du Portugal nous paraît beaucoup plus décisive et importante pour le principal objectif de cet ouvrage qui est d’analyser, sous différents angles, l’adhésion de l’Espagne à la CEE. Et ce parce qu’au milieu des années 1970, le Portugal est devenu l’épicentre de l’attention internationale, en raison du danger que sa propre transition pouvait entraîner dans l’équilibre précaire entre l’Est et l’Ouest et une Europe ←11 | 12→déterminée à miser sur sa démocratisation face aux menaces que pouvait représenter la radicalisation de l’armée et des communistes d’Alvaro Cunhal. La chute de la dictature, fondamentalement motivée par les mouvements anticoloniaux qui, dans les mois précédant la révolution des œillets de 1974, avaient entraîné la mort de plus de dix mille Portugais, a ainsi permis au parti socialiste, dirigé par Mario Soares, de devenir le meilleur allié de dirigeants européens de la stature d’Olof Palme, James Callaghan ou Willy Brandt. À la suite des événements d’avril de cette année-là, et malgré l’entrée préalable du pays dans l’AELE sous la dictature de Marcelo Caetano, la solution à la situation économique difficile que traversait le pays consista à étendre les relations qui avaient été convenues avec les partenaires de la Communauté dans le cadre de l’accord d’association signé en juillet 1972. Les bonnes relations et la gestion personnelle de Soares, notamment lors du sommet d’Helsinki en août 1975, qui ont abouti à la création d’un « Comité d’amitié », ont permis aux principaux dirigeants socialistes et à l’Internationale elle-même, d’aider le parti portugais dans un pacte signé à Stockholm pour promouvoir la croissance du PS au Portugal. Tout cela a contribué au changement de position de la société civile portugaise et de l’armée, jusque-là, l’armée avait exercé beaucoup de pression. Au cours de l’année difficile de 1975, le pays a évolué en termes politiques et en 1976 les Portugais ratifièrent la constitution de 1976 et mirent le gouvernement entre les mains d’un Soares qui obtint un large soutien politique, avec près de 35 % de l’électorat. Tout cela avait été essentiel pour que le Portugal présente officiellement sa demande d’adhésion à la CEE le 28 mars 1977. C’est surtout à partir de ce moment-là que l’évolution du processus a convergé pleinement avec les négociations entre l’Espagne et les institutions européennes.

Après un parcours vertigineux qui avait pris forme après la mort du dictateur, en novembre 1975, l’Espagne a connu une réforme politique menée par Adolfo Suarez, un homme politique du mouvement franquiste qui, encouragé par le roi Juan Carlos Ier, fit passer la loi pour la réforme politique et créa un parti politique, l’Union du centre démocratique, avec lequel il remporta les premières élections démocratiques, en juin 1977. Peu après, à la fin de l’année suivante, il parvint à faire adopter une constitution, toujours en vigueur, adoptée par un large consensus politique et le soutien populaire, et revalidée en mars 1979 ; un succès électoral qui, bien qu’il ne lui ait pas permis de former une majorité absolue, fit de lui l’axe fondamental d’accords politiques déterminants. ←12 | 13→Parmi eux, et avec un large soutien, un pacte avec la CEE pour mettre fin à l’un des sujets restés en suspens pour la jeune démocratie : le dépassement de l’isolement international du régime franquiste.

La transition politique de la dictature à l’actuelle démocratie espagnole est sans aucun doute devenue un sujet de prédilection dans l’historiographie espagnole, mais il n’en est pas moins vrai que la perspective internationale, c’est-à-dire l’influence du contexte étranger et la dynamique des blocs, n’a jusqu’à présent pas reçu l’attention qu’elle mérite. Notamment, la demande d’adhésion, officiellement présentée à Bruxelles le 28 juillet 1977, trois mois seulement après la demande portugaise, a déclenché une série de mécanismes qui ont eu une grande influence sur la consolidation démocratique du pays. Si le vent européiste était venu de loin et s’était associé particulièrement à l’anti-franquisme, l’aspiration de la majorité à acquérir le statut européen et à bénéficier des avantages de l’intégration prenait maintenant de l’ampleur. Le cadre international, caractérisé par ce que l’on a appelé la troisième vague de démocratisation, est ainsi venu favoriser une adhésion qui a dû être élaborée en de nombreuses occasions en parallèle avec le Portugal voisin et qui ne fut acquise qu’en juin 1985. Dans cette deuxième phase, l’arrivée au pouvoir en 1982 du Parti socialiste ouvrier espagnol dirigé par Felipe González et soutenu par l’Internationale socialiste, en particulier par le SPD allemand de Willy Brandt, a été déterminante.

Dans les textes qui composent cette publication, nous nous sommes efforcés de mettre en lumière quelques-uns des aspects de ce processus d’adhésion complexe et de l’élargissement de la CEE qui en découle, et qui sont encore peu connus du grand public. Dans une conjoncture marquée par la crise économique, mais aussi du fait des difficultés des institutions européennes elles-mêmes, une Europe à douze s’est créée qui donna lieu à des négociations à la fois bilatérales et multilatérales. Car les intérêts spécifiques des états tiers et ceux de la construction européenne elle-même étaient à la fois en jeu. Les séquelles de l’entrée du Royaume-Uni et toute la problématique engendrée par l’adoption des budgets communautaires ainsi que par la conception de la politique agricole étaient encore fraîches, et la PAC s’est parfois transformée en une véritable arme dévastatrice contre l’adhésion espagnole. À cet égard, le rôle joué par la France et les conditions proposées dans la négociation avec l’Espagne ont pris une importance qui ressort en grande partie dans les chapitres que le lecteur trouvera ci-dessous. Mais il ne s’agissait pas uniquement d’arguments économiques. La politique, l’arithmétique ←13 | 14→électorale, la construction d’imaginaires collectifs et les arguments idéologiques ont été utilisés par les hommes politiques et les médias pour entraver largement le déroulement des négociations.

Ces questions ainsi que d’autres ont été abordées lors du séminaire d’études sur le franquisme et la transition (http://seft.uclm.es). Il s’agit d’un groupe de travail créé il y a plus de 15 ans au sein de l’Université de Castille-La Manche. Nous sommes partis de la ferme conviction que la transition espagnole était fortement conditionnée par l’agenda extérieur. L’un des sujets non résolus de la construction de la démocratie espagnole dans les années 1970-80 était de mettre fin à l’isolement et de rétablir le pays sur la scène internationale. Pour cela, l’adhésion à la Communauté économique européenne était essentielle. C’est précisément au moment où nous allions célébrer le quarantième anniversaire du début de ces pourparlers en vue de l’adhésion qui, en outre, coïncidait avec l’anniversaire de la tenue des premières élections démocratiques au Parlement européen, que nous avons pensé organiser une réunion de spécialistes pour analyser ce processus et l’avenir des structures communautaires dans un contexte de plus en plus complexe.

Cette réunion académique et scientifique a eu lieu à Paris, au Colegio de España, en février 2019. Le programme visait à rendre visibles de nombreux aspects qui, au mieux, n’avaient été traités que de manière dispersée et sporadique et avaient été jusque-là rendus publics avec peu d’impact. Le défi dans lequel de nombreuses approches font manifestement défaut, aurait été illusoire s’il ne s’était pas transformé en une publication collective qui a mis l’accent sur le cas espagnol mais qui a également voulu intégrer le point de vue des deux partenaires avec lesquels les Espagnols ont franchi le pas, la Grèce et le Portugal. Le lecteur trouvera des chapitres où figurent les membres les plus remarquables en raison de leur résistance ou de leur soutien. Ainsi, la France et l’Allemagne ont reçu une attention particulière. Les textes, outre qu’ils conservent un même fil d’argumentation, ont des approches particulières qui nous ont permis de les regrouper en cinq sous-ensembles, le dernier, et non des moindres, étant la partie consacrée aux témoignages de personnalités importantes durant cette période de l’élargissement.

L’idée derrière ce projet de publication et qui unit ses participants vise également à contribuer à l’histoire déjà longue de l’Union européenne. Nous pensons qu’il est important d’expliquer comment et avec quels critères cette institution a été construite à ses débuts. Pour certains, la question, pour le moment, peut sans doute sembler banale. Ceux qui ←14 | 15→affirment qu’il s’agit de quelque chose de déjà bien connu ne manqueront pas. Cependant, lorsque nous nous rapprochons d’une manière ou d’une autre de plusieurs millions de citoyens européens qui composent actuellement l’Union, nous constatons avec regret que peu de données, voire aucune, ne sont connues sur ce sujet. Nous pouvons également constater qu’un récit positiviste et excessivement réductionniste a été construit sur la question qui, entre autres, a imposé un certain consensus européen qui n’a certainement jamais été hégémonique. En effet, l’Histoire de l’Union/Communauté n’est pas une partie prioritaire dans les parcours académiques des Européens. D’autre part, le nombre d’experts universitaires en ce domaine ne représente pas encore un groupe significatif parmi les spécialistes des sciences sociales. Bien que nous disposions de quelques études appréciables et clairvoyantes, comme on peut le constater en consultant la bibliographie finale, les innombrables lacunes que l’on constate au fur et à mesure de leur traitement attirent fortement l’attention. Avec tout le respect que méritent de notre part les remarquables groupes de travail interdisciplinaires et internationaux qui existent, déjà répartis dans différents centres de recherche, nous voudrions attirer l’attention sur la question, sans prétendre être récurrents, afin d’introduire le travail académique.

Grâce à certaines études déjà en notre possession, nous pouvons suivre le parcours le plus marquant des événements, mais nous avons encore besoin d’une enquête plus approfondie et plus complète qui mette en évidence les détails moins connus des accords, les contextes complexes dans lesquels des décisions difficiles ont été prises et qui, dans de nombreux cas, dissimulent des scénarios qui doivent encore être correctement explorés et expliqués. Il nous manque surtout une vision plus critique de la construction européenne, et moins complaisante. Peut-être, cette simple question nous aiderait-elle à comprendre cette première réflexion : comment se fait-il qu’après les premières hésitations, il y ait eu une phase d’euphorie européiste intense qui a progressivement décliné jusqu’à devenir aujourd’hui un euroscepticisme inquiétant, voire une europhobie ?

Résumé des informations

Pages
436
ISBN (PDF)
9782807612112
ISBN (ePUB)
9782807612129
ISBN (MOBI)
9782807612136
ISBN (Broché)
9782807612105
Langue
Français
Date de parution
2020 (Juin)
Published
Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2020. 436 p.

Notes biographiques

Damian A. González Madrid (Éditeur de volume) Sergio Molina Garcia (Éditeur de volume) Manuel Ortiz Heras (Éditeur de volume)

Damián A. González Madrid : Maître de conférences d’histoire contemporaine à l’Université de Castilla-La Mancha et membre du « Séminaire d´études du franquisme et de la transition espagnole ». Sergio Molina García : Docteur en histoire contemporaine dans l´Université de Castilla-La Mancha et membre du « Séminaire d´études du franquisme et de la transition espagnole ». Manuel Ortiz Heras : Professeur d'histoire contemporaine et responsable du groupe de recherche « Séminaire d´études du franquisme et de la transition espagnole » de l´Université de Castilla-La Mancha.

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Titre: L'adhésion de l'Espagne à la CEE (1977-1986)