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Ethique des organisations en Afrique : pour des cultures de confiance et d’intégrité

de Corneille Ntamwenge (Auteur)
©2020 Monographies 210 Pages

Résumé

Pour encourager les pays africains à promouvoir des cultures de confiance et d’intégrité, l’auteur de ce livre recommande trois valeurs morales à intérioriser : confiance, crédibilité et intégrité. L’intégration effective de ces valeurs dans les réalités organisationnelles dépend de la qualité des résultats de la recherche au niveau local et régional. Elle suppose l’institutionnalisation de l’éthique. Ce livre clarifie les notions d’intégrité, de crédibilité et de confiance dans la vie organisationnelle. Il dégage ensuite des nouvelles pistes de recherche en éthique, des difficultés d’opérer une réforme morale, des exigences de cette réforme et la nécessité de connaître les forces hostiles à l’éthique dans les organisations africaines. L’administration publique et l’entreprise privée lucrative constituent le point de départ des réflexions de l’auteur. Les textes utilisés sur ces deux secteurs organisationnels ont été publiés entre 1994 et 2014. L’auteur entreprend une lecture critique des codes d’éthique de quatre pays d’Afrique centrale, avec une attention particulière sur les objectifs des codes, sur leurs valeurs morales et sur leur mise en œuvre. Cette critique s’effectue grâce à la littérature disponible sur les valeurs morales inscrites dans les codes, sur les violations de l’intégrité morale et de la dignité humaine et sur l’échec des projets de la lutte contre la corruption. La réflexion s’applique d’abord aux valeurs morales clés des codes d’éthique avant de se tourner vers la résistance à l’intégration de l’éthique dans la vie organisationnelle et vers le devoir d’enraciner les valeurs retenues dans les structures organisationnelles.
Ce livre se présente comme un tremplin pour entreprendre la recherche sur d’autres questions pertinentes, telles que la description des violations de l’intégrité morale et l’éthique dans le processus de validation, d’adoption et de mise en œuvre des réformes socioéconomiques. Il doit donc intéresser les chercheurs en éthique et en sciences sociales. Les réflexions de ce livre doivent éclairer les investisseurs des entreprises extractives, les analystes des réformes politiques et économiques et les agents de l’administration publique en Afrique.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos du directeur de la publication
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • AVANT-PROPOS
  •  TABLE DES MATIÈRES
  • ABRÉVIATIONS ET SIGLES
  • INTRODUCTION GÉNÉRALE
  • CHAPITRE 1. CODES D’ÉTHIQUE ET DE CONDUITE D’AFRIQUE CENTRALE
  • 1.0. Introduction
  • 1.1. Angola
  • 1.1.1. Administration publique
  • 1.1.2. Secteur privé
  • 1.2. Congo
  • 1.2.1. Administration publique
  • 1.2.2. Secteur privé
  • 1.3. Kenya
  • 1.3.1. Administration publique
  • 1.3.2. Secteur privé
  • 1.4. Tanzanie
  • 1.4.1. Administration publique
  • 1.4.2. Secteur privé
  • 1.5. Conclusions et remarques
  • 1.5.1. Conclusions
  • 1.5.2. Remarques
  • CHAPITRE 2. VALEURS MORALES FONDAMENTALES ADOPTÉES EN AFRIQUE CENTRALE
  • 2.0. Introduction
  • 2.1. Valeurs morales fondamentales inscrites dans les codes d’éthique et de conduite
  • 2.2. Autres valeurs morales essentielles : la confiance et la crédibilité
  • 2.3. De l’éthique de la confiance
  • 2.3.1. Complexité et nécessité de la confiance
  • 2.3.2. Moralité de la confiance
  • 2.4. Conclusion
  • CHAPITRE 3. CONTEXTE ET VALEURS MORALES COMMUNES D’AFRIQUE CENTRALE
  • 3.0. Introduction
  • 3.1. Désir d’institutionnaliser l’éthique dans le contexte d’Afrique centrale
  • 3.2. Continuum, corrélations et divergences
  • 3.3. Intégrité comme valeur morale fondamentale
  • 3.4. Intégrité morale, organisation, personne humaine et instrumentalisation
  • 3.5. Conclusion
  • CHAPITRE 4. INDUSTRIE EXTRACTIVE, ÉTAT CONGOLAIS ET VIOLATIONS DE LA DIGNITÉ HUMAINE
  • 4.0. Introduction
  • 4.1. Destruction de la nature et de la biodiversité tropicale
  • 4.1.1. Code minier de 2002 et Décret présidentiel de 2003
  • 4.1.2. Conflits d’intérêts et abus de pouvoir
  • 4.1.3. Indifférence à la situation tragique du peuple congolais
  • 4.1.4. Conséquences négatives sur la société et la nature
  • 4.2. Déshumanisation et dépossession comme négation de l’humanité au Congo
  • 4.2.1. Déshumanisation et dépossession dans les provinces orientales
  • 4.2.2. Droits de propriété et intérêts des entreprises extractives : négation des droits et devoirs des communautés politiques
  • 4.3. Conclusion
  • CHAPITRE 5. RÉSISTANCE À L’INSTITUTIONNALISATION DE L’ÉTHIQUE EN AFRIQUE CENTRALE
  • 5.0. Introduction
  • 5.1. Échec des projets d’intégrité et tragédie congolaise
  • 5.2. Résistance à l’éthique et exigences de l’institutionnalisation de l’éthique en Afrique centrale
  • 5.3. Conclusion
  • CONCLUSION GÉNÉRALE
  • ANNEXES : CARTE, ENCADRÉS ET TABLEAUX
  • 1. TABLEAU 1 : QUATRE PAYS D’AFRIQUE CENTRALE
  • 2. CARTE D’AFRIQUE
  • 3. TABLEAU 2 : VALEURS MORALES CLÉS ADOPTÉES EN AFRIQUE CENTRALE
  • 4. TABLEAU 3 : INSTRUMENTS MULTILATÉRAUX CONTRE LA CORRUPTION ADOPTÉS EN AFRIQUE CENTRALE
  • 5. ENCADRÉ 1 : MARCHÉS FINANCIERS
  • 6. ENCADRÉ 2 : ENTREPRISE COMMERCIALE DANS LA SOCIÉTÉ NANDE
  • RÉFÉERENCES BIBILIOGRAPHIQUES
  • 0. Introduction
  • 1. Éthique et réforme de l’administration publique
  • 2. Éthique des affaires et des organisations
  • 3. Éthique des associations sans but lucratif et des ONG
  • 4. Codes d’éthique et de conduite : administration publique et secteur privé lucratif
  • 5. Lutte contre la corruption
  • Index des noms d’auteurs

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Nous sommes arrivé à poser la problématique de l’éthique des organisations en Afrique en lisant la littérature constituée sur les tragédies des communautés africaines des trois dernières décennies, spécialement en Angola, au Congo, au Burundi et au Rwanda, et en examinant, d’autre part, les projets du mouvement anticorruption. Les réflexions suscitées par l’adoption et le lancement officiel d’un Code d’éthique pour le secteur privé au Congo, en mai 2011, nous ont en outre obligé à lire attentivement quelques instruments éthiques adoptés par les fonctionnaires des États d’Afrique centrale et les chefs d’entreprises du secteur privé en vue de promouvoir l’intégrité, la confiance et la bonne gouvernance dans les pays africains.

Compte tenu de données accumulées sur ces différentes tragédies et eu égard aux effets de la corruption et de la violence systémiques sur les communautés politiques d’Afrique centrale, nous avons hésité à prendre au sérieux ces instruments, codes d’éthique et de conduite compris. Parmi les questions qui justifiaient cette méfiance, nous en retenons ici huit à titre d’exemples.

La première question concerne le mobutisme comme mode de gestion des affaires publiques et comme style de leadership social. En effet, si les fonctionnaires des États d’Afrique centrale et leurs partenaires externes ne veulent pas divorcer d’avec ce mode de gestion et ce style de leadership, comment ces fonctionnaires peuvent-ils prétendre promouvoir l’intégrité morale, la confiance et la bonne gouvernance dans leurs pays respectifs ?

En observant le comportement et les habitudes des usagers de l’administration publique en Afrique centrale, notamment des grandes entreprises commerciales et extractives, il est permis de se demander s’ils sont vraiment disposés à encourager ce projet d’intégration de l’éthique dans la vie organisationnelle. De nos jours, l’éthique est-elle compatible avec les visions défendues dans les cercles des dirigeants politiques et dans les milieux des hommes d’affaires en Afrique ? Vu l’importance de cette problématique, il sied de la préciser par deux autres questions. ←19 | 20→Premièrement, peut-on concevoir l’intégrité de l’administration publique sans transparence dans les comptes de certains de ses usagers majeurs, tels que les partis politiques, les agences bancaires actives en Afrique centrale et les entreprises extractives des ressources naturelles ? Deuxièmement, suffit-il de voter une loi ou d’adopter un projet d’intégrité, une convention anticorruption ou un pacte de bonne gouvernance pour opérer un changement effectif de comportement et d’habitudes dans les deux secteurs, public et privé ?

En rapport avec ce projet de la réforme morale, l’interaction entre les agents de l’administration publique et la classe politique africaine (partis politiques) constitue une cinquième question importante qu’on ne devrait plus négliger : sans indépendance soutenue et contrôlée des agents de l’administration publique, la promotion de l’intégrité et de la bonne gouvernance restera un problème. Deux questions complémentaires se rapportent à l’expérience professionnelle des fonctionnaires de l’État et à la culture organisationnelle dominante dans les organisations publiques africaines. D’une part, les cultures administratives des organisations publiques d’Afrique centrale sont-elles favorables aux valeurs et principes sous-tendant les nouveaux codes d’éthique ? Peut-on démontrer, d’autre part, que la formation de ces fonctionnaires et leur expérience professionnelle, souvent influencée par le leadership des autocrates ou celui des seigneurs violents, voire les deux à la fois, leur permettent de comprendre l’importance de l’éthique dans la vie organisationnelle ? Bien plus, ces fonctionnaires ont-ils été préparés à ce changement dans la conduite des affaires publiques en Afrique centrale ?

L’éthique des affaires et des organisations aidant, nous avons compris que la situation tragique de l’Afrique centrale présente un terrain fertile pour la recherche en éthique et en sciences sociales, dont les résultats pourront être bénéfiques pour l’humanité. L’embarras lié à ces questions initiales étant dépassé grâce à d’autres projets de recherche, nous avons tourné la page en identifiant des raisons d’entreprendre un travail concentré sur l’éthique des organisations en Afrique. La présentation des motivations et des objectifs de cette étude sera immédiatement prolongée par des hypothèses de travail formulées et par l’approche méthodologique utilisée dans le développement des réflexions suivantes. Ensuite viendront la présentation de la structure de l’étude et des précisions concernant quelques concepts utilisés.

Stimulée par les réflexions éthiques sur les valeurs morales dans la vie organisationnelle, cette étude se présente comme une lecture critique ←20 | 21→des codes d’éthique. Elle lève ainsi le voile sur le sens implicite de ces codes, à savoir l’institutionnalisation de l’éthique dans les organisations africaines, et sur l’idéal moral que traduisent les valeurs fondamentales privilégiées par les fonctionnaires des États et les hommes d’affaires d’Afrique centrale. Cet idéal moral et le désir d’intégrer l‘éthique dans la vie organisationnelle ne peuvent qu’aiguillonner un chercheur en éthique. La deuxième justification de ce projet de recherche se rapporte à l’interpellation des hommes et des femmes se battant énergiquement pour l’avènement des marchés et des États qui incarnent des valeurs d’intégrité, de crédibilité et de confiance en Afrique. Leur travail mérite d’être soutenu par des réflexions appropriées.

Résumé des informations

Pages
210
Année
2020
ISBN (PDF)
9782807614383
ISBN (ePUB)
9782807614390
ISBN (MOBI)
9782807614406
ISBN (Broché)
9782807614376
DOI
10.3726/b16651
Langue
Français
Date de parution
2020 (Mars)
Published
Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2020. 210 p., 1 ill. n/b, 3 tabl.

Notes biographiques

Corneille Ntamwenge (Auteur)

Corneille Ntamwenge est Chercheur au Centre d’Études et de Recherches Interdisciplinaires de Limete, CERIL, Kinshasa et participant à Globethics.net Forum, Genève. Il a fait ses études à l’Université Catholique du Congo (RDC) et à la Katholieke Universiteit Leuven, Belgique. De 1998 à 2002, il a exercé les fonctions de bibliothécaire et d’administrateur, CERIL.

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