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Jardins littéraires et méditerranéens

de Encarnación Medina Arjona (Éditeur de volume) Ouidad Tebbaa (Éditeur de volume) Marlène Bouzin (Éditeur de volume)
©2015 Collections 220 Pages
Série: Espacios Literarios en Contacto, Volume 11

Résumé

Le jardin est l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature où s’intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir-faire des humains pour créer un objet de beauté. Il s’agit d’un lieu social s’offrant à l’artiste comme espace de lecture du monde. S’approprier à la fois le naturel et l’artifice, les organiser d’une manière intelligible, relève d’une volonté esthétique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la mesure, d’une condensation du savoir, étant une écriture amoureuse. La solitude du jardinier semble s’accorder à l’investissement propre à l’acte d’écriture, à la place que les hommes s’accordent dans le monde.
Les messages esthétiques que les jardins littéraires méditerranéens peuvent nous livrer évoluent au rythme des artistes. Des sources anciennes de la culture de l’hortus aux couleurs méditerranéennes chez Sorolla et Dalí, les textes de Chateaubriand, Sand, Hugo, Zola, Lorrain, Eberhardt, Siles ou García Montero rendent compte de l’expérience artistique de l’intimité et de la réflexion, de la théâtralisation, de l’exotisme et l’évasion, des expériences du corps et de la lumière dans les jardins.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur/l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Sommaire
  • Introduction
  • ‘Hortus nominatus quod semper ibi aliquid oriatur’. Quelques précisions sur la tradition Latine de ‘hortus’
  • De Cervantès à Voltaire, quelques usages littéraires du jardin
  • Les Jardins parlent : jardins méditerranéens chez Chateaubriand
  • Poétique de l’espace méditerranéen dans l’œuvre de George Sand : La Provence varoise entre Agendas, Correspondance et roman (Tamaris, 1862)
  • « Un aloès en Sibérie » ou l’utopie du jardin universel chez Hugo et Fourier
  • Nature et imaginaire méditerranéens dans Les Quatre Journées de Jean Gourdond’Émile Zola
  • Voyages en Méditerranée de Jean Lorrain
  • Les oasis du désert d’Isabelle Eberhardt dans Sud-Oranais (1908)
  • Jardines de Sorolla. Ensoñación de un poeta español (2) (Visita a una exposición Domingo, 3 de febrero de 2013)
  • Délires géologiques et autres. Les paysages de Salvador Dalí
  • Paseo por los jardines secretos de tres poetas españoles: Jaime Siles, Olvido García Valdés, Luis García Montero
  • Series index

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Introduction

ENCARNACIÓN MEDINA ARJONA

Universidad de Jaén

Le jardin est sans doute l’espace le plus représentatif de la frontière entre l’homme et la nature ; une frontière poreuse, subtile, où s’intègrent les éléments réels et imaginaires choisis par le savoir de l’individu selon des repères de sa société face à la nature. Il s’agit donc d’un lieu social s’offrant à l’artiste – jardinier, écrivain, peintre, architecte paysager, etc. – comme espace d’écriture et lecture du monde.

S’approprier à la fois de la nature et de l’environnement social dans les frontières d’un espace limité, organiser la condensation résultante d’une manière intelligible et jouer à écrire le monde dans la clôture d’un morceau de nature, rend compte d’une volonté esthétique et symbolique qu’il convient de déchiffrer comme étant le langage d’un amour de la mesure, d’une condensation du savoir sur l’homme et la nature.

Le patrimoine écrit est une source d’information qui permet d’accéder à la connaissance des jardins ; si en Occident, le végétal constitue l’élément déterminant du jardin (verger, potager, arboretum…), ce n’est pas le cas pour la civilisation japonaise (jardins secs, de style « karesansui »1) où l’élément prédominant est la pierre, le rocher. Les œuvres littéraires montrent la dimension poétique et philosophique des jardins ainsi que leur symbolisme dans les aspirations morales et spirituelles des civilisations qui les ont fait naître.

En Mésopotamie la place primordiale occupée par les jardins dans l’espace urbain – forte composante sociale et de représentation du pouvoir – est clairement soulignée dans l’Épopée de Gilgamesh (le temple d’Ishtar et l’aire d’Uruk). L’image idéale de la ville, entourée de vergers luxuriants, propriété de particuliers, rappelle le caractère économique des vergers mésopotamiens. Aux époques suivantes, quelques textes littéraires soulignent l’importance du jardin en tant que trait distinctif d’une ville ← 7 | 8 → (le Kirimah, jardin divin, selon un texte provenant de Nippur ; les jardins de Borsippa ; la « palmeraie de Dilmun »). Parallèlement, au cours du IIe millénaire, les jardins royaux font leur apparition et la finalité du jardin en tant qu’espace de loisir s’accentue (le jardin du palais d’Ugarit). À son arrivée au pouvoir, Sennachérib choisit la ville de Ninive pour résidence royale. Il entreprend alors une politique édilitaire : le célèbre « palais sans rival » est construit, et des jardins luxuriants de verdure sont implantés dans la ville, les terres sont irriguées et un surplus des eaux lui permet de reproduire près de Ninive le paysage marécageux de Mésopotamie du sud. L’implantation d’essences étrangères dans les autres jardins et vergers participe d’un objectif similaire : celui de remodeler entièrement le paysage environnant afin de lui donner l’aspect exotique d’une contrée lointaine. La reproduction de paysages, la diversité des essences des jardins témoignent du rayonnement et de l’étendue de l’empire assyrien. Le verdoyant écrin de Ninive renferme à lui seul tous les symboles2 du rayonnement de l’empire, de son étendue et de sa maîtrise de l’environnement naturel. Les jardins de Babylone, mythe fondateur dans l’imaginaire des jardins, classés par le Grec Antipatros de Sidon parmi les Sept Merveilles du monde antique, sont devenus une légende et restent une référence incontestable de l’influence de la Mésopotamie en Grèce, à Rome et plus tard dans le monde arabe à l’époque abbasside et celle de la rapide extension de l’islam. Selon Flavius Josèphe, ils auraient été construits sous le règne de Nabuchodonosor II (604–562 av. J-C). La légende ajoute que ce serait par amour de son épouse d’origine perse, la reine Sémiramis, qui regrettait le paysage de son pays. Leur système hydraulique ingénieux et complexe les distinguait particulièrement et, situés là où le Tigre et l’Euphrate sont les plus proches, ils pouvaient bénéficier d’eau en abondance dans une région pourtant aride.

En Perse se développaient des jardins d’agrément, les paradeisos, dont l’influence fut très importante. Sous la forme d’un rectangle clos subdivisé par des canaux d’irrigation en quatre rectangles égaux – les Perses se disaient « maîtres des quatre quartiers du monde » – la simplicité géométrique de ces jardins fut repris par les musulmans. On retrouve la fertilisation culturelle perse dans les jardins de Syrie, d’Égypte, d’Espagne et du Maghreb, de la Grèce et de l’Italie romaine3. ← 8 | 9 →

Le jardin de l’islam, par la magnification de la nature, voulant qu’elle soit parfaite4, extrêmement reposante, pour l’assimiler au paradis, est héritier de cette tradition. Dans l’ancienne Perse et dans le monde islamique, on sait que le symbolisme intervient dans la division du jardin en quatre parties par des canaux ou autres passages aquatiques. Les éléments du jardin sont souvent au nombre de quatre. L’arbre est également un élément rempli d’un symbolisme se rapportant à l’arbre de vie. Les quatre fleuves qui selon le Coran coulent au paradis, l’oasis comme référence générique, la nature rafraîchissante et parfumée, tel que le paradis décrit dans les livres religieux, sont assimilés à des jardins merveilleux (« sublimes », « fontaines à l’eau jaillissante », « aromatisées de camphre ou de gingembre », « ruisseaux d’une eau vive », « ombrage », « fruits à profusion et à toute saison », « des parterres de plantes »). De fait, le mot qui revient le plus souvent dans le Coran à propos des descriptions du Paradis est le mot arabe janna désignant le jardin. La nature « pure louange de Dieu » représente un monde idéal dans lequel la vie elle-même serait idéale, comme dans les jardins de Damas – une sorte de paradis sur terre, une ville paradis, un monde meilleur dans lequel on pouvait pénétrer sans qu’il soit nécessaire de mourir5. Damas, Marrakech et Bagdad (Les Mille et une nuits où tous les éléments du jardin idéal sont représentés) et notamment les grands jardins de Madinat al-Zahrâ, près de Cordoue, « l’ornement du monde »6 sont devenus de vraies légendes. L’Alhambra et le Generalife restent inégalés en tant qu’ils sont le fruit d’un croisement de cultures venues d’Orient et du Maroc et d’une résistance à la Reconquête chrétienne.

L’intérêt porté aux plantes pour elles-mêmes semble constant dans les civilisations perse et islamique où elles occupent, avec l’eau, la place primordiale dans les jardins, par souci d’établir un contraste avec la campagne environnante généralement très aride. Les civilisations islamiques préfèrent en général conserver un aspect naturel aux plantes : la symétrie intervient dans le plan général des jardins mais assez peu dans la taille de la végétation qu’on laisse souvent croître de manière luxuriante.

D’une manière générale, les jardins de l’islam sont peu intégrés à la nature environnante : considérés comme des lieux de repos, de loisir et de ← 9 | 10 → confort on cherche davantage à les rapprocher de l’espace habité dont ils font souvent partie (patios omeyyades). C’est sans doute dans le monde islamique et durant le Moyen Âge occidental que l’élément minéral revêt le moins d’importance dans les jardins. Pour les civilisations islamiques, il n’apparaît guère que dans les bordures de pierres ou de briques et dans les dallages; d’une manière générale, il évoque beaucoup trop l’aridité pour être retenu à l’intérieur de ces jardins.

Dans la Grèce antique le passage de la religion à la philosophie nous avertit que l’horticulture et l’agronomie sont aussi liées aux croyances et aux mythes que les rites le sont aux images et aux paysages. N’ayant de jardins que « marginaux », on peut dire qu’en Grèce le concept était confondu d’une manière générale avec l’idée abstraite de végétation. Dépendant de la Grande Mère méditerranéenne – sein matriciel et nourricier, lieu de l’amour, de la naissance et de la mort, réceptacle des trépassés7 – le culte de la Terre Mère, des plantes, est en rapport avec la religion. Les pratiques agraires étaient « dominées par l’image d’une matrice divine »8, l’Aphrodite des jardins. La connaissance est naissance au savoir, la vraie culture procède d’une « nature » ; il s’agit d’une idée importante dans la pensée de Pindare et de Platon. Si on insiste justement sur la sensibilité de Platon au paysage, au monde réel, et si on tient compte que l’art du jardin comme paysage fut un phénomène surtout romain9, il est intéressant de se demander à quel moment et comment la réalité de la culture de la terre s’est-elle changé en art.

Dans l’Antiquité romaine, le jardin fait partie de l’espace habité : c’est un lieu de distractions, de repos, toujours situé près de la maison dont il constitue le prolongement, ce qui n’exclut pas quelques recherches de perspective sur la campagne environnante (les demeures des bords de mer – à Hippone autant qu’à Tipasa – intègrent dans leur décor la vue sur la mer10). Le jardin « entre » souvent dans la maison où il est évoqué par des scènes peintes.

La statuaire est, d’une manière générale, peu présente dans les jardins traditionnels d’Extrême-Orient. En revanche, les Occidentaux ont ← 10 | 11 → depuis toujours accordé une place importante aux éléments sculptés dans les jardins11, dans le but principal « d’humaniser » ceux-ci en les peuplant de formes figuratives et d’objets sculptés. La sculpture dans le jardin occidental passe donc en premier lieu par l’imitation de formes humaines ou animales, en pierre ou en végétal. C’est le cas dans les jardins de l’Empire romain. Les jardins de deux domus de Cuicul (Djemila, Algérie) ; la « maison de l’Âne » et la « maison de Bacchus », avec trois jardins dont on peut suivre l’évolution sur trois siècles et en déduire les modifications du rapport de l’homme avec la nature (Haut-Empire à l’Antiquité tardive) et le rôle du paysage naturel dans le décor des maisons citadines12 : premièrement, un bassin dominé par la nudité triomphante de Vénus ; une source qui implique l’évocation poétique d’une nymphe – lieu commun de l’ars topiaria – ; auprès de la source, une sale propose dans sa mosaïque figurée les images de nymphes éducatrices et initiatrices de Dionysos. Postérieurement, ce rapport se trouve renversé lors de la construction de la grande salle d’apparat au milieu du Ve s. Dans la mosaïque figurée, le maître de la maison convoque la nature, réduite à trois arbres (dont un grenadier portant des fruits, qui a pour fonction de situer la scène de chasse au sanglier à l’automne) pour fournir un cadre à l’exaltation de ses exploits cynégétiques. La nature est ainsi dénombrée, classifiée, maîtrisée par la pensée. L’évocation des éléments de cette région encore administrée par Rome constitue un exemple de l’assimilation de l’Empire à une campagne bien cultivée ou à un jardin mythique (De Pallio, Tertullien).

On sait qu’à Rome les magnifiques Jardins de Salluste servirent de villégiature estivale aux empereurs jusqu’au IVe siècle de notre ère, notamment à Vespasien, Nerva, Aurélien et Maxence. On y a trouvé des ← 11 | 12 → sculptures grecques (l’Amazone au repos13, des Niobides14, un nymphée, un temple de Vénus Erycine, trois temples de la Fortune, une Minerve armée, un torse de Diane à la biche, un Hercule, etc.). Des stucs découverts à Rome, aux Jardins de la Farnésine15, représentent pour la plupart des scènes champêtres, des paysages ornés de statues et de fabriques, des figures de Victoire, etc. Des peintures occupent des panneaux entiers; elles présentent d’intéressant tableaux (un entre autres représentant l’éducation de Bacchus). Les Jardins d’Épaphrodite16 ainsi que ceux de Lucullus et les Jardins de Néron17 sont autant d’exemples importants.

Les jardins égyptiens, d’après les textes et les monuments18, furent à l’origine de véritables vergers. L’inscription funéraire d’Anna, scribe de Thoutmès Ier, nous apprend qu’il avait planté vingt espèces d’arbres différentes dans son jardin, dont trois espèces d’arbres d’ornement (tamarix, saules, acacias) et des arbres fruitiers (dattiers, palmiers doums, sycomores, vignes) ; puis venaient des figuiers, des sébestiers, des jujubiers. Puis l’ancien verger pharaonique, peu à peu transformé, est devenu un véritable parterre (selon deux peintures thébaines, conservées au Musée britannique, on plantait des arbres d’ornement dans les jardins de la vallée du Nil). Sous la domination perse, le lotus rose, décrit par Hérodote, vint prendre place dans les bassins des parcs égyptiens, à côté du lotus blanc et du lotus bleu; sous la dynastie grecque des Ptolémées, ces parcs s’enrichirent de plantes et fleurs d’ornement empruntées aux régions les plus diverses : le laurier et le lierre venus de la Péninsule hellénique, le jasmin sambac de l’Hindoustan, le réséda de l’Afghanistan, l’iris de Sibérie, le ← 12 | 13 → narcisse à fleurs en corymbe de Syrie, la célosie argentée de l’Inde, la marjolaine de la Grèce, l’héliotrope de Nubie, etc.

Les Jardins royaux de Palerme19 mettent en lumière ce que la Sicile, comme la Péninsule Ibérique, doit à l’apprentissage de techniques et de savoirs de la culture musulmane. Le sens du jardin royal s’explicite d’abord dans les textes poétiques arabes qui lui sont consacrés : ‘Abd al-Rahmân de Butera exalte les «jardins inviolés» et ‘Abd al-Rahmân de Trapani reprend avec aisance le thème coranique de la dualité du jardin : deux mers, deux palmiers. Il évoque le Janna, le Paradis. Le patrimoine de plantes cultivées20 dans les jardins siciliens des XIVe et XVe siècles décalque celui décrit par les agronomes arabes, et les contrats attestent la fourniture de fruits secs (noix et figues), de pommes, poires, pêches, coings, raisin de table, et d’agrumes, citrons, oranges, et la culture du dattier. Aussi l’inscription du palais de Messine le nomme Dâr al-Khulûd, séjour de la Béatitude éternelle. Paix, ordre, soumission de la nature, modèle de l’univers pacifié et ordonné, résument donc le sens de cette manifestation de la monarchie sicilienne.

Pour tous les peuples de la Méditerranée, le jardin est associé aux lieux d’habitat permanent. Premier signe de civilisation de l’homme sédentaire, le jardin évoque le rêve d’un espace paisible portant une charge imaginaire de mythes fondateurs, de secrets des beautés du paradis. Si l’intérêt porté aux végétaux varie selon les sociétés et les époques, la présence d’éléments aquatiques est beaucoup plus constante. A toutes les périodes et dans toutes les sociétés, l’importance de l’eau est telle que sa présence est évoquée et suggérée même lorsqu’elle est absente du jardin. Dépendant des ressources en eau, cet oasis est le résultat du travail des hommes, le fruit de leurs techniques appuyées sur des savoirs ancestraux (gestion, économie et observation des eaux), transmis par l’Espagne et le Maghreb d’une part, et l’Italie d’autre part21.

L’expression de l’imaginaire et le goût pour l’intimité dépend de la mise en scène de la nature (perspective, illusion, rêve, émotion, beauté, jeux de lumière) liée à références discrètes aux sources anciennes de la ← 13 | 14 → culture méditerranéenne. Le dialogue du créateur de jardins (vivriers, botaniques et arboretum, publics, d’agrément et privés) s’établit avec l’Antiquité, le monde arabe ou avec la Renaissance italienne.

Les bateaux ont commencé à rapporter des plantes nouvelles provenant de contrées lointaines, de nouvelles essences, et c’est d’abord l’attrait de l’exotisme qui a permis qu’elles pénètrent dans les jardins sous leur aspect naturel. De même le chant des oiseaux est un élément important ; dans le monde islamique et en Occident où dès l’Antiquité romaine, la littérature de l’époque atteste l’existence de volières d’agrément. A la Renaissance, on multiplie les volières et les ménageries à l’intérieur des jardins22. Si sa présence n’est pas effective, l’animal peut être évoqué dans le jardin par l’intermédiaire de représentations sculptées (villa Orsini à Bomarzo) ou par l’intermédiaire de l’art topiaire, imitant en végétal des formes animales. L’art topiaire fait son apparition dès l’Antiquité romaine et se pratique aussi beaucoup pendant la Renaissance italienne où l’on en arrive, par la taille des arbres, à la représentation de véritables scènes de batailles ou de chasses.

La statuaire de pierre est présente dans les jardins européens à toutes les époques : elle y revêt un rôle souvent allusif à l’histoire, aux mythes et aux croyances humaines. Dans l’Antiquité, elle développe des sujets mythologiques et religieux. A ces deux thèmes, la Renaissance joint, par son goût du fantastique, des représentations allégoriques et des créatures monstrueuses. Au XVIIe siècle, on multiplie les thèmes mythologiques et allégoriques, symbolisant souvent la gloire et la puissance du propriétaire du jardin.

Les éléments d’architecture sont très souvent liés à l’eau dans le monde islamique. Dans l’Antiquité romaine, note-t-on l’importance des fontaines et des nymphaea dans les jardins; à la Renaissance, on y trouve aussi beaucoup de fontaines ornementales et de « théâtres d’eau » (jeux de cascades, grottes artificielles). La présence des constructions et des éléments d’architecture dans le jardin est souvent liée à la promenade (la promenade de Pincio dans les jardins de Lucullus23) ainsi qu’à l’aménagement de points de vue abrités ; on trouve dans les jardins des colonnades, ← 14 | 15 → des allées couvertes ; puis au Moyen Âge et à la Renaissance se développent les galeries et les treillages.

Résumé des informations

Pages
220
Année
2015
ISBN (PDF)
9783034324939
ISBN (ePUB)
9783034324946
ISBN (MOBI)
9783034324953
ISBN (Broché)
9783034316842
DOI
10.3726/978-3-0343-2493-9
Langue
Français
Date de parution
2016 (Septembre)
Published
Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2016. 220 p.

Notes biographiques

Encarnación Medina Arjona (Éditeur de volume) Ouidad Tebbaa (Éditeur de volume) Marlène Bouzin (Éditeur de volume)

Encarnación Medina Arjona est professeur à l’Université de Jaén (Espagne). Ouidad Tebbaa est professeur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech. Marlène Bouzin est membre du Groupe HUM755 de l’Université de Jaén (Espagne). Medina Arjona et Tebbaa ont dirigé un projet de recherche et de coopération universitaire sur les paysages culturels en Méditerranée à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech entre 2010–2013.

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