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André Malraux et l’art

Une révolution intellectuelle

Derek Allan

Cette étude présente une explication systématique des éléments clés de la théorie de l’art d’André Malraux. Se basant sur des œuvres telles que Les Voix du silence, Le Surnaturel, L’Irréel et L’Intemporel, elle aborde des sujets cruciaux comme la nature de la création artistique, la psychologie de notre réaction à l’art, la naissance de la notion d’« art » et sa transformation après Manet, la naissance et la mort de l’idée de beauté, la question cruellement négligée de la relation entre l’art et le passage du temps, l’émergence de notre « premier monde de l’art universel », le rôle contemporain du musée d’art et du Musée Imaginaire, et la question épineuse du lien entre l’art et l’histoire.

Contrairement aux critiques négatives parfois émises contre la pensée de Malraux, l’étude soutient qu’il nous offre une théorie de l’art mûrement réfléchie, entièrement cohérente et très éclairante. De surcroît, et malgré des allégations occasionnelles que la pensée de Malraux manque d’originalité, cette analyse montre que sa théorie de l’art est hautement originale et constitue un défi radical aux explications traditionnelles de l’art issues des Lumières qui ont dominé la pensée occidentale pendant quelque trois cents ans. En bref, l’étude dévoile une façon de comprendre la nature de l’art qui n’est rien de moins qu’une révolution intellectuelle.

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Chapitre 7: Le musée et le musée imaginaire

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Les théoriciens modernes ont parfois vu les musées d’art sous un jour sombre et négatif. Theodor Adorno écrit que :

En allemand, le terme de museal (évoquant le musée) a une connotation déplaisante. Il désigne des objets avec lesquels celui que les regarde n’a plus de rapport vivant, et qui meurent eux-mêmes. On les conserve pour des raisons historiques plutôt qu’en vertu d’un besoin actuel […] Les musées sont en quelque sorte les caveaux de famille des œuvres d’art1.

Des idées similaires ont également influencé les opinions de certains critiques de Malraux eux-mêmes. Georges Duthuit qualifie les objets des musées d’art de « trophées […] en pays d’exil ». Dans les musées, écrit-il, ces objets sont « à tout jamais séparés. Ils sont loin. De ce par quoi nous touchons et sommes touchés–notre sensibilité2. » Maurice Merleau-Ponty, poursuivant son affirmation précédemment analysée selon laquelle Malraux a oublié que l’artiste doit être « en contact avec le monde » et que son « secret n’est pas dans quelque au-delà de sa vie empirique », écrit que :

Le Musée nous donne une conscience de voleurs […] Nous sentons bien qu’il y a déperdition et que ce recueillement de nécropole n’est pas le milieu vrai de l’art, ←125 | 126→que tant de joies et de peines, tant de colères, tant de travaux n’était pas destinés à refléter un jour la lumière...

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