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L’humour et l’ironie en Littérature francophone subsaharienne

Des enjeux critiques à une poétique du rire

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Vincent Simédoh

Il s’agit dans cette réflexion de comprendre et de saisir les enjeux que suscite la pratique de l’humour et de l’ironie dans des situations dramatiques, déplorables voire tragiques qu’est le contexte de l’Afrique: rire pour (se) corriger, contester, sans pour autant être agressif? Dénoncer sans en avoir l’air? Est-ce une nouvelle esthétique? A travers l’analyse des œuvres qui vont des années 1958 à nos jours, à savoir celles de Mongo Béti, Ferdinand Oyono, et plus contemporaines comme celles de A. Mabanckou…, ce livre démontre comment le rire, à travers toutes les différentes formes qu’il peut prendre, à savoir la dérision, la parodie, le sarcasme, le grotesque par le biais de l’humour et de l’ironie qui sont les manifestations apparentes, est un outil à la fois de la contestation, de dédramatisation des situations tragiques, mais aussi une esthétique d’écriture en soi dans la représentation du réel, du sérieux, que ce soit au niveau social, politique ou de l’écriture elle-même qui joue à la fois sur la dissimulation, sur le carnavalesque, la polyphonie et le grotesque pour finir à une poétique du rire.

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CHAPITRE III. De l’ironie socratique au sarcasme dans Le Pauvre Christ de Bomba 69

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CHAPITRE III De l’ironie socratique au sarcasme dans Le Pauvre christ de Bomba Si tu n’as pas la force, fils, essaie de ruser. Mongo Béti, Ville cruelle L’ironie, comme on l’a vu, peut prendre plusieurs formes. L’une des formes connues est l’ironie socratique. Celle-ci s’insère dans une situation et vise un objet immédiat ou lointain, sur le plan soit de la connaissance, de la vérité, soit sur celui de l’action. Elle ne vit que mouvante dans le sens que l’ironiste lui donne, d’où sa forme dite maïeutique. Socrate proclamait qu’il ne sait rien et c’est sa manière d’amener au jour ce qu’il sait et ce que savaient déjà autour de lui les gens ordinaires aux opinions contradictoires dont il fallait se moquer en les confrontant entre eux. Socrate, pour arriver à ses fins, poussait la feinte jusqu’à se cacher entièrement. A distance, dissimulé, en retrait, il lançait des mots et des phrases qui suivaient leur cours. Le chemin de la vérité passe ainsi par la dissimulation ; le dévoilement de l’erreur et de l’illusion suit des détours par la feinte, la fiction, quelquefois. Dans son mouvement, l’ironiste qui se sait faible passe à l’attaque, ce qui ne l’empêche pas de devenir agressif, dès que faire se peut. L’ironie sait taquiner les colosses par la raillerie et c’est à partir de ce moment d’agressivité que l’ironie prend la forme du sarcasme. Celui-ci place des explosifs, petits donc dissimulés, mais surtout...

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