Show Less

L’ombre de l’arbre ou l’errance du rhizome

Études d’œuvres de Simone Schwarz-Bart, de Xavier Orville et de Maryse Condé

Series:

Thierry T. Gustave

Avec sa place majestueuse dans la nature et avec sa structure racinaire, arborescente et généalogique, l’arbre possède traditionnellement une symbolique importante dans le paysage identitaire. Lorsque la symbolique de l’arbre est dépossédée de ses caractéristiques et que sa structure et sa force sont menacées, elle révèle une vision tourmentée du paysage identitaire. Au niveau de son système racinaire, la symbolique de l’arbre est limitée, déstabilisée, voire déracinée de sa force, et la symbolique du rhizome offre une autre façon d’appréhender la structure généalogique. Pour dévoiler les aspects de la colonisation, Thierry T. Gustave explore la symbolique de l’arbre et celle du rhizome dans les œuvres littéraires de la Martinique et de la Guadeloupe. Son ouvrage analyse plus particulièrement la flore antillaise comme métaphore et représentation du paysage identitaire dans luie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart, Délice et le fromager de Xavier Orville, et Pays mêlé de Maryse Condé.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

La cage de feuillage 40

Extract

40 La cage de feuillage L’esclavage ou le traumatisme de la chair La case de Reine Sans Nom se place entre la forêt et la ville au pied du morne (69). Entre le monde naturel et le monde du village, Reine Sans Nom est une vieille femme endurante et active qui sait traduire ses pensées par des proverbes et des contes en s’inspirant de la nature. Avec elle, Télumée apprend que « les biens de la terre restent à la terre, et l’homme ne possède même pas la peau qui l’enveloppe » (80). Le corps et le paysage sont médiateurs de l’histoire, car tous deux unissent l’exploitation : l’esclavage et la colonisation. Devant une prise de conscience de la défaite du colonisé, comment trouver une place dans ce monde ? Reine Sans Nom ne croit pas à la fatalité paralysante ; selon elle, l’individu a aussi des choix à faire. Elle utilise la métaphore du sentier pour éviter l’égarement et le découragement. Selon elle, trois sentiers sont à éviter : le premier consiste à ne pas voir la « beauté du monde » (51), le deuxième souligne l’impuissance devant des tâches insurmontables et le dernier rejette la possibilité de se laisser mener par ses songes (51). Pour Reine Sans Nom, l’individu doit exploiter ses ressources personnelles et vivre dans le monde de la réalité. Elle a une approche pragmatique de la vie, et les mots, qu’elle manie avec tant de dextérité, construisent les chemins du libre arbitre et...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.