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L'Univers de la création littéraire

Dans la chambre noire de l’écriture : «Hérodias» de Flaubert

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Philippe Willemart

Etude des manuscrits d’Hérodias de Flaubert, cet essai critique présente une théorie de l’écriture inédite qui dépasse les études habituelles sur les rapports entre la littérature et la psychanalyse. Suivant la formation de l’écriture à la trace, de folio en folio, l’auteur prend ses distances vis-à-vis de l’écrivain Flaubert et découvre un autre Flaubert enrichissant la littérature française qui se soumet progressivement non sans lutte à la tradition, à ses lectures, à ses voyages en Orient et à la langue française qu’il réinvente. Ainsi il se fait scripteur et devient l’auteur que nous connaissons. Détectant l’importance de la conception du temps pour ne pas dire du hors-temps dans la création, l’auteur rattache son étude à la quatrième dimension des physiciens et y voit la source des processus de création dans les arts et la littérature.

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Chapter 3: L’insistance et la consistance

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Chapitre 3 L’insistance et la consistance La notion d’auteur La critique des années soixante nous avait habitué à célébrer la mort de l’auteur (Barthes 1984 : 61) et à travailler avec les catégories relevant de la narratologie du texte. La mise en valeur des manuscrits faisait comprendre que les notions de texte et d’auteur étaient fragiles et avaient besoin d’être révisées comme le constatait Louis Hay au Congrès Franco-Allemand de 1983 (Hay 1985 : 56). Dans un avant-propos très concis de Langages en mars 1983, Almuth Grésillon et Jean-Louis Lebrave définissait le matériau textuel comme espace “où l’auteur-scripteur et l’auteur-lecteur se répondent en un chant constamment alterné” (Grésillon, Lebrave 1983 : 9). L’auteur n’est plus l’écrivant qui transcrit un texte inspiré ni celui qui se livre à l’écriture oubliant ce qui le constitue, il n’est pas non plus simple- ment sujet de l’énonciation ou sujet de l’énoncé, mais à chaque lecture, il se reprend entièrement, se dédouble et fait de son texte un objet, scruté, vu du dehors sur lequel il applique un regard critique. Le texte relu n’est donc pas un miroir où s’admire l’écrivain, mais le biais par lequel se glisse un Tiers dans le texte, que ce soit la tradition littéraire ou historique, l’inconscient de l’écrivain ou d’autres facteurs qui débordent l’écrivain. Ce Tiers ou l’Autre, si nous reprenons le concept lacanien, d’où qu’il vienne, s’insère par la...

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