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Discours et terminologie dans la presse scientifique française (1699–1740)

La construction des lexiques de la botanique et de la chimie

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Claudio Grimaldi

Ce volume analyse le rapport étroit qui existe entre la structuration des connaissances et l’évolution terminologique et langagière dans la presse scientifique française, en tant que genre textuel, au cours des quarante premières années du XVIIIe siècle. L’auteur part de l’hypothèse que, pendant certaines périodes complexes de l’histoire des sciences, l’évolution de la langue et l’évolution des connaissances sont liées à un genre textuel novateur utilisé au sein de la communauté savante. Ces évolutions se réalisent notamment lorsque les domaines scientifiques sont impliqués au niveau linguistique dans une nécessité de systématisation du vocabulaire témoignant de l’adoption progressive de structures nouvelles de la pensée.

Cet ouvrage reconstruit la naissance du genre de la presse scientifique périodique en France qui participe à plein titre à la construction des réseaux conceptuels des sciences modernes, ainsi qu’à leur stabilisation et à l’usage des terminologies scientifiques modernes. Le choix des domaines de la botanique et de la chimie repose sur leur reconnaissance en tant que sciences à part entière en dehors des finalités médicales et thérapeutiques auxquelles elles ont été longtemps confinées par les savants. Par conséquent, de nouveaux besoins de dénomination découlent du positionnement de ces champs disciplinaires au sein de la topologie des savoirs scientifiques.

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Chapitre 1: La naissance de l’idéal de « science moderne » et la conception des nouvelles pratiques savantes

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CHAPITRE 1

La naissance de l’idéal de « science moderne » et la conception des nouvelles pratiques savantes

Ô soleil ! Ô cieux ! Qu’êtes-vous ? Nous avons surpris le secret et l’ordre de vos mouvements. Dans la main de l’Être des êtres, instruments aveugles et ressorts peut-être insensibles, le monde sur qui vous régnez mériterait-il nos hommages ? Les révolutions des empires, la diverse face des temps, les nations qui ont dominé, et les hommes qui ont fait la destinée de ces nations mêmes, les principales opinions et les coutumes qui ont partagé la créance des peuples dans la religion, les arts, la morale et les sciences, tout cela que peut-il paraître ? Un atome presque indivisible, qu’on appelle l’homme, qui rampe sur la face de la terre, et qui ne dure qu’un jour, embrasse en quelque sorte d’un coup d’œil le spectacle de l’univers dans tous les âges.

— LUC DE VAUVENARGUES (1746), Réflexions et maximes

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