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Crowdfunding, industries culturelles et démarche participative

De nouveaux financements pour la création

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Laurent Creton and Kira Kitsopanidou

La notion de participation, associée aux usages du web 2.0, est devenue une composante essentielle de l’économie numérique. Par-delà les fantasmes cultivés par les discours médiatiques sur l’économie participative et la rhétorique techno-démocratique, cet ouvrage vise à déterminer si la nouveauté des termes « crowdfunding », « finance participative », « économie contributive », « crowdsourcing », « consommation collaborative », etc., rend compte de changements majeurs et d’innovations significatives en matière de pratiques sociales, de modèles organisationnels et de logiques financières et industrielles à l’œuvre au sein des industries de la culture.
Le crowdfunding contribue-t-il au financement et à l’exposition de biens culturels plutôt en marge des logiques industrielles et du circuit commercial traditionnel, ou est-il principalement au service de l’économie de best-sellers participant d’emblée à la réduction de l’incertitude qui caractérise tous les biens d’expérience et permettant la captation très en amont d’une audience potentielle pour les projets les plus fédérateurs ?
L’ouvrage met en perspective les logiques transformatives du crowdfunding et de l’économie participative selon une approche interdisciplinaire (économie, sociologie, sciences de l’information et de la communication, droit, histoire) en se fondant sur l’étude de cas précis et sur les témoignages de professionnels issus de différents secteurs culturels et créatifs.
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De la financiarisation, au financement de l’innovation et jusqu’au crowdfunding

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Rupture ou continuité

Philippe BOUQUILLION et Benoît PERRIN

L’objectif de cette contribution est d’identifier les liens entre les modalités de financement et la structuration des industries de la culture (presse et information, livre, musique enregistrée, cinéma et audiovisuel, jeu vidéo) et de la communication (télécommunications, matériels électroniques grand public, Web). À cette fin, il convient de mieux comprendre, d’une part, comment les acteurs financiers évaluent les activités industrielles et, d’autre part, comment ils peuvent peser sur les choix stratégiques des entreprises qu’ils contribuent à financer. À cet égard, force est de constater que cette problématique se pose en des termes forts différents selon que l’on considère les très grands acteurs des industries de la culture ou de la communication, Google ou Disney par exemple, ou des acteurs en création ou de moyenne importance. Dans le premier cas se produisent des phénomènes dits de financiarisation, que nous étudierons dans un premier volet. Dans le second cas, étudié au sein d’un second volet, est soulevée la thématique de l’innovation, au sens large du terme.

1.   La financiarisation et les grands acteurs des industries de la culture et de la communication

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